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plus de 30 présentations sur les pratiques scolaires, les politiques
TICE, les ressources, les portails et la sécurité sur
Internet ont animés cette sixième édition
d'Eminent (Expert meeting of international and National Educationnal
Networks).
En ouverture, Benoît
Sillard,
sous-directeur des TIC à l'Éducation
nationale, a souhaité que soit donné un nouvel essor aux usages. Marietta
Giannakou, ministre grecque de l'éducation, Mme Gutierrez Diaz de la commission européenne et Simon Tindall de Sun, ont fait part de leur point de vue sur les voies et moyens pour accélérer le processus de développement et partager les expériences et pratiques.
Pratiques scolaires
Dans l'atelier consacré aux pratiques scolaires en transition, l'échange entre pairs, les jumelages électroniques entre écoles et établissements sont
apparus comme un passage obligé pour accroître le développement des usages. Le climat au sein de l'école joue également un rôle très important d'où des démarches importantes menées pour aider l'encadrement à développer les usages et conduire le changement. Le terme de leadership revient comme un levier tout à fait stratégique pour de nombreux participants de cet atelier.
Atelier
sur les politiques TICE
L'atelier sur les politiques s'est ouvert sur des considérations sous forme de bilan, tel que le taux d'usage des TIC dans les écoles et établissements.
Mike Briscoe, du BECTA (Royaume Uni)." Il ne suffit pas que 11 % des établissements
utilisent les TIC en
confiance. Nous devons changer les attitudes, les structures et donner du pouvoir aux élèves ". Peut être notre environnement TIC n'est-il pas optimum ? Per Malmberg (Danemark) s'est attaché à l'expérience des enseignants et rapportait que 70% des élèves apprenaient à se servir des TIC principalement en dehors de l'école. Pour lui les éléments importants sont l'accès à l'équipement, des logiciels éducatifs intéressants, des objectifs pédagogiques clairement assignés aux TIC, des exemples ou scénarios pédagogiques pour inspirer les enseignants et de nouvelles opportunités pédagogiques.
La seconde session a permis de développer les leçons tirées du projet Peer to Peer (P2P). Les ministères de
l'Éducation en France, en Finlande et
en Irlande du Nord ont donné des suites à leurs visites entre pairs, en particulier sur le pilotage de services proposés par des entreprises privées, les ressources, le pilotage des cadres et l'esprit de confiance dans le management.
Ella Kieski (Finlande)
a confessé que la mise en ouvre de solutions venues d'autres pays dépend du système éducatif et de la culture qui le sous-tend. " Le fait de présenter la politique de son pays face à des pairs d'autres ministères amicalement critiques était une expérience très bénéfique, indique-t-elle. Ceci peut vous confirmer que vous êtes sur le bon chemin ". Et de conclure : " Je ne peux que vous recommander cette démarche ".
Odile de Chalendar
a remarqué que cette démarche
permettait d'affiner la
compréhensiondes questions de haut niveau
au fur et à mesure que le groupe se connaissait davantage. " C'est une démarche qui prend du temps. "
Bert Jaap van Oel a présenté le travail d'inspection qui a concerné 6 pays et a conduit à l'adoption d'un cadre d'évaluation des progrès en TIC sur trois thèmes : conditions, usages, résultats. Il a souligné le travail de diffusion et de communication sur l'outil adopté auprès des collègues de son pays. Pour lui ce sont les confrontations qui ont permis les progrès les plus significatifs.
La troisième session a permis d'examiner le processus et la méthodologie en ouvre dans le projet P2P.
La méthodologie paraît éprouvée. On ne pouvait pas parler de transfert de politique mais plutôt de processus de transformation de la politique.
A propos de la politique, Alan McCluskey a mis en évidence la différence existant entre modèle et réalité. Selon lui,
il convient de mettre en place un système d'échange entre les pratiques innovantes de pointe et leur mise en forme dans le domaine de la politique.
Jean Johnson a illustré cette notion avec l'exemple de Notschool qui coûte ce qu'un établissement reçoit en un an et qui s'adresse à " ceux à qui l'école ne convient pas. ".
John Anderson et Bob McCormick ont montré comment la qualité permet de s'assurer que les changements sont bénéfiques.
Nicolas Balacheff a montré l'impact de la recherche sur les politiques à partir du réseau Kaléidoscope, réseau d'excellence regroupant des laboratoires de recherche.
Enfin, Conor Galvin est intervenu sur les parties prenantes qui influencent les décisions dans ce monde connecté (OCDE, UNESCO,
Industrie, Media, groupes de réflexion) en évoquant les policy " commons ". Il affirme que la politique ne s'inspire pas des pratiques et innovations du terrain. C'est pourquoi
il est nécessaire de prendre en compte les domaines où se trouvent les meilleures innovations : ONG, nouvelles
e-économies, régions, petits pays sans oublier qu'on ne saurait s'inspirer d'une politique sans considérer les conditions d'application locale. La discussion a porté sur "l'épidémie " de bonnes pratiques et le fossé grandissant entre les innovateurs et les écoles de base et également sur le fait d'aider hommes et organisations à évoluer tout en se donnant " le temps de réfléchir ".
Propositions
1. Abolir les frontières entre les praticiens, les responsables politiques, les chercheurs et l'industrie.
2. Développer les rencontres de pair à pair pour les décideurs. Les bénéfices en sont éprouvés. Ceci devrait faire partie de la formation continue et être effectué sur un mode non hiérarchique.
3. Effectuer une veille pour détecter les aspects les plus innovants et déterminants pour le futur et créer un système d'échanges.
4. Gérer la complexité tout en promouvant la simplicité,
en laissant les choses se développer dans la confiance.
5. Reconnaître que l'usage des TIC dans l'école est mature et doit être intégré à tous les niveaux . Le temps n'est plus aux pionniers, les TIC ne sont plus une affaire de spécialistes.
6. S'engager avec les autres pays pour une feuille de route solide concernant la recherche.
Atelier
sur les ressources
L'atelier sur les ressources a illustré à quel point le terme " ressource " est devenu un concept élastique comme on l'a perçu à travers la présentation du professeur Jodl sur les nouvelles approches de " science web experiments and grid computing ".
Jan Hylen a montré comment les principes démocratiques peuvent être enseignés de façon vivante aux élèves grâce à une approche basée sur le jeu. En même temps, la session a évoqué des approches innovantes dans l'utilisation de ressources d'apprentissage.
Madame Pajari, enseignante en Finlande, a rappelé les problèmes simples qui freinent encore un usage régulier des ressources en classe
: réservation des salles informatiques, lenteur des réseaux et boules de souris
manquantes. Néanmoins, bien qu'il y ait beaucoup d'enjeux pratiques à mettre en évidence, l'usage des ressources numériques a atteint un certain degré de maturité. Dans plusieurs pays, une masse critique de ressources numériques a été développée et l'accent est mis sur le développement de critères de qualité comme ceux produits récemment par le Conseil National de l'Éducation de Finlande
(Liisa Lind) et par la marque " Reconnu d'Intérêt Pédagogique "
(RIP) mise en ouvre par le ministère français de
l'Education (Béatrice
Sichez, Anik Monoury).
Comme l'indiquait Peter
Monthienvichienchai, les frontières de l'exploitation des ressources numériques s'étendent avec de nouveaux projets de Recherche et Développement comme iClass qui vise à développer un nouvel environnement d'apprentissage permettant de créer dynamiquement des objets d'apprentissage individualisés dans le cadre de scénarios pédagogiques personnalisés.
Barry Kruger du BECTA a présenté sa vision d'une école sur 24 heures dans le cadre du programme "
Construire des écoles pour le futur " (Royaume uni). Il faudra pourvoir à l'accès et à l'assistance dans l'usage des ressources numériques à la fois en classe et en dehors de l'école.
Des travaux sont actuellement menés par le groupe InterMédia de l'Université d'Oslo dans le projet CALIBRATE qui vise à établir des correspondances entre les ressources d'apprentissage et les programmes nationaux dans le cadre d'un travail sur l'interopérabilité sémantique des ressources à l'échelle européenne.
Compte tenu de la diversité de ce qui se passe dans le domaine des ressources numériques, de nouveaux cadres s'imposent pour échanger connaissances et expertises et pour consolider le travail mené dans un certain nombre de projets stratégiques. Dans ce contexte, Franz van Assche suggère d'investir le nouveau European Learning Resources Exchange (Merlin)
qu'EUN inaugurera en 2006. Les participants ont manifesté un très grand intérêt pour la présentation de Riina Vuokarinen relative à la mise en place d'un groupe d'intérêt sur le thème de la qualité pour les ressources numériques. Ulla Gjorling de Uni-C a indiqué que les résultats
d'eColours contiennent une recommandation pour l'adoption d'un nouveau réseau européen de centres de localisation de contenus.
En conclusion, cet atelier suggère qu'à l'échelle européenne
la logique de projet soit
dépassée pour mettre en place de nouveaux mécanismes et soutenir une logique de services autour des ressources afin de traiter un nouvel ensemble de questions complexes dans le cadre d'un marché " mature " des ressources.
Atelier
sur les portails
L'atelier sur les portails a permis d'étudier de nouveaux outils en service en France, au Danemark et au Luxembourg. L'objectif principal est de toucher les écoles et les établissements qui ne sont pas encore utilisateurs. On peut diffuser des récits de succès, il convient aussi de s'assurer que les outils et services répondent aux besoins.
Atelier
sur la sécurité sur
internet
L'atelier sur la sécurité sur Internet a davantage débattu de connaissances multidisciplinaires permettant de déboucher sur des messages clairs et des solutions. Les compétences multimédias des parents et les enfants devraient être davantage prioritaires et refléter l'actualité. Selon Elisabeth Staksrud, on ne peut se contenter de laisser ce sujet uniquement aux mains des écoles, des parents et de l'industrie.
Conclusion
En session de clôture, Joël de Rosnay a proposé de consulter les élèves sur ce qu'il attendent de l'école. Gerry White a décrit les actions entreprises en Australie pour traiter des problématiques communes sur les TIC.
Roger Blamire, a insisté sur ce qu'on pouvait apprendre les uns des autres et que l'on pouvait aller bien au-delà du benchmark. Il se demande si nous sommes parvenus à l'endroit que nous pensions atteindre dix ans auparavant.
Enfin, Odile de Chalendar et Ulf Lundin ont invité les participants à Bruxelles en décembre 2006 pour fêter les dix ans d'EUN.
Site
d'Eminent
http://eminent.eun.org/
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