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Les besoins de formation des documentalistes dans le domaine des technologies de l'information et de la communication : compte rendu des ateliers


Compte rendu de l’atelier n°1, Brigitte Mulat, Académie de Besançon

Académies représentées :  Besançon, Bordeaux, Caen, Clermont-Ferrand, Créteil, Dijon,  Limoges, Nice, Paris, Rennes.

1 - Introduction et préalables

Cette question peut difficilement être traitée sans une prospective sur l’évolution des missions des documentalistes dans les CDI des établissements scolaires. La profession évolue très vite et de façon multiforme. Les compétences à mettre en œuvre sont de plus en plus nombreuses, pointues mais aussi dans des directions de plus en plus diversifiées.

L’introduction des technologies de l’information dans les CDI amène d’importants besoins de formation mais la question posée est : " jusqu’où aller" dans la connaissance et la maîtrise de ces technologies ?

Les demandes formulées par les documentalistes sont diverses, parfois même contradictoires.

Certains souhaitent développer des compétences approfondies en informatique générale, estimant que ces connaissances et ces savoir-faire sont indispensables dans le contexte actuel soit pour faire face aux questions des usagers (professeurs et élèves) encore néophytes, soit pour ne pas se laisser déborder par les prises de décision et les manipulations techniques d’enseignants ou d’élèves experts dans le domaine. D’autres restent en retrait, pensant que ces compétences approfondies relèvent de personnes ressource en informatique et non des documentalistes.

Cette diversité dans la demande s’explique à la fois par un vécu de formation antérieur différent et par une définition personnelle du métier -et des compétences nécessaires- différente également. La circulaire de mission fixant les champs d’intervention des documentalistes étant relativement ouverte et ancienne laisse place à ces différentes conceptions.

2 - Etat de l’existant

Le tour de table de l’état de la formation continue dans les académies représentées fait apparaître des pratiques assez différentes. Un constat général cependant : les réponses en terme de formation aux difficultés rencontrées par les documentalistes sur le terrain sont insuffisantes.

  • L’analyse des besoins est souvent incomplète et insuffisante. Les cahiers des charges de la formation des documentalistes sont élaborés par des commissions dont la composition et les objectifs diffèrent de façon assez significative selon les académies.
  • L’intégration de la Formation Continue aux IUFM se fait avec beaucoup de flou et un grand nombre de questions se pose aujourd’hui. Pour cette année en tous cas, l’analyse des besoins réels semble toujours aussi peu effective.
  • Même quand l’analyse des besoins est correcte, les moyens attribués sont largement insuffisants (nombre de jours dérisoires, propositions ponctuelles, pas de prise en compte réelle des difficultés rencontrées au quotidien dans les CDI par les documentalistes). Dans certaines académies, le service de personnes ressource est proposé pour résoudre certaines difficultés. Cela permet de répondre au coup par coup mais n’apporte pas de solution à long terme comme le ferait une réponse en terme de formation.
  • Les circulaires récentes qui insistent, sans donner de moyens de remplacement, sur la nécessité de ne pas laisser d’élèves sans enseignant, augmentent les difficultés d’obtention d’autorisations de journées consacrées à la formation continue.
  • Les formateurs de Formation Continue en documentation sont peu nombreux, isolés, dépendent de différentes structures (CRDP, IUFM, Formation Continue, Université…). Leurs conditions de travail leur laissent trop peu (voire pas) de temps pour la veille documentaire et technologique. Les formations de formateurs sont très restreintes – voire inexistantes dans beaucoup d’académies. Les occasions d’échanges et de confrontation de pratiques (comme celles de ce PNF) sont très peu fréquentes.

Le public visé par la Formation Continue

  • Les documentalistes de base, volontaires pour s’inscrire à des formations proposées, ou désignés selon certains critères. Le nombre de jours de formation proposé est souvent très faible.
  • Les "personnes ressource", "documentalistes relais", "documentalistes de points media conseil" bénéficient d’un nombre de jours de formation plus élevé mais cela nécessite des moyens. Pour cette raison, cette politique de formation tend à être abandonnée dans certaines d’académies. Dans d’autres, elle se fait au détriment des jours de formation proposés à l’ensemble des documentalistes.

3 - Contenus de formation aux Technologies de l’Information à développer

Les besoins identifiés :

En tenant compte des préalables développés plus haut, le rôle des documentalistes aujourd’hui, par rapport aux TICE, est à la fois un rôle pédagogique d’aide aux élèves, un rôle de veille sur la recherche de l’information et un rôle de veille technologique.

Une culture informatique est indispensable non pas pour assurer des tâches de maintenance ou de gestion de réseau d’établissement mais pour être un utilisateur averti qui comprend les enjeux et qui maîtrise les processus, même s’il ne maîtrise pas toutes les manipulations.

Les manques identifiés dans toutes les académies : des connaissances de base en informatique et une pratique effective, personnelle. Les documentalistes qui n’utilisent pas l’informatique à titre privé sont confrontées au problème de l’application et du réinvestissement de connaissances dans des usages précis

Les propositions de formation faites dans les différentes académies pourraient aborder les aspects suivants :

  • Connaissances de base en informatique : arborescence, gestion des fichiers y compris dans des environnements réseaux, environnements, …. apprentissages à effectuer en relation avec des usages réels.
  • Maîtrise des outils (sans déconnecter les apprentissages de base des usages réels de recherche de l’information dans les différentes disciplines). Cette exigence nécessite des formations plus longues que celles réalisées actuellement.
  • Langages d’interrogation, d’indexation, démarches de recherche, apports de la psycholinguistique.
  • Quels outils, quelles pratiques avec les élèves ?
  • Travail en projet pluridisciplinaire sur la recherche et le traitement de l’information et sur les pratiques pédagogiques.
  • Démarches de lecture (images, images virtuelles, textes) et d’écriture. Quelles spécificités en fonction des différents supports ?
  • Droit de l’information

Compte rendu de l'atelier n°2, Michèle Toulouse, CRDPde Versailles (78)

Académies représentées :  Amiens, Créteil, Grenoble, Lyon, Nantes, Orléans-Tours, Paris, Reims, Rouen, Versailles.

Dans cet atelier, un tour de table a été réalisé pour connaître la situation, dans chaque académie, de la formation proposée aux documentalistes dans le domaine des technologies de l'information et de la communication.

1 - Une grande disparité :

Au niveau de l'élaboration de l'offre de formation

Selon les IUFM, nous constatons que les appels d'offre ont été :

- soit envoyés dans tous les établissements, une commission gérant le tri en fonction de la pertinence des propositions de formation et des axes rectoraux ;

- soit limités à un seul axe de formation, en l'occurrence internet, axe imposé par le Rectorat.

Il semble, par ailleurs, que certains collègues impliqués dans la formation soient incapables de donner des indications quant aux stages qui seront mis en place, l'an prochain. L'absence de coordination de la discipline rend peu lisible l'élaboration du plan de formation.

Au niveau des moyens

Si dans la grande majorité des académies, on déplore une diminution sensible des moyens mis à la disposition de la formation continue, force est de constater, là encore, une grande disparité dans les équipes de formateurs et dans le temps imparti aux stages.

Au niveau des thèmes

Les documentalistes se voient offrir un "choix" unique (internet), des formations élaborées en fonction des spécificités du métier, et/ou des stages généralistes dans lesquels les missions documentaires sont occultées.

De même, les formateurs qui interviennent dans ces stages, peuvent être des documentalistes formés aux technologies de l'information et de la communication et/ou des enseignants méconnaissant la fonction documentaire. Dans le meilleur des cas, une action transdisciplinaire est envisagée, le stage informatique étant co-animé par des équipes pluridisciplinaires ; une journée par discipline peut être envisagée pour prendre en compte les spécificités.

Au niveau des publics

Dans une académie, une collègue déplore le manque de stabilité des documentalistes. Chaque année, de nombreuses mutations rendent caduque l'effort entrepris pour former les documentalistes aux technologies de l'information et de la communication.

Certaines académies préfèrent ouvrir leurs stages à "public désigné" ; d'autres organisant un tri des candidatures en fonction de la connaissance du terrain que peut avoir chaque formateur.

Au niveau des modalités de mise en œuvre

L'organisation est là encore très disparate : de la convocation à l'invitation, du stage à la journée professionnelle ou à l'animation, il semble qu'il n'y ait aucune unité dans les modalités de fonctionnement.

2 - Les besoins en formation :

Ils sont le reflet de cette disparité ; selon les académies, les besoins en formation sont immenses ou, au contraire, les offres répondent correctement aux besoins exprimés par les documentalistes de terrain.

Il nous a semblé que seule une politique cohérente et à long terme est susceptible de porter ses fruits. Celle-ci doit être proposée autour :

D'axes rectoraux forts tenant compte de la spécificité des missions des documentalistes ;

D'une coordination nécessaire entre les différents partenaires intervenant dans la formation ;

D'une évaluation précise des résultats des stages et du réinvestissement dans les établissements ;

D'un suivi permettant à chacun d'avoir un plan personnel de formation et de mettre ses connaissances à jour.

Faire des propositions concrètes ne nous a pas semblé pertinent compte tenu des disparités évoquées. Toutefois, des grandes lignes devraient guider l'élaboration du plan de formation :

Aspect technique : il s'agit de permettre aux documentalistes de maîtriser l'outil informatique, le logiciel documentaire et l'internet ;

Aspect pédagogique : la seule maîtrise de l'outil est insuffisante ; il faut bien évidemment que cet outil soit intégrer dans la pratique pédagogique des documentalistes.

Par ailleurs, il semble que les formateurs eux-mêmes devraient être conviés à des stages de réflexion sur les enjeux de l'entrée de l'informatique dans les établissements scolaires, sur les modalités d'acquisition des connaissances par les élèves (psycholinguistique ; pratiques mathétiques…). La seule formation technique est insuffisante pour répondre à notre rôle de formateur car il est vrai que nous nous heurtons de plus en plus à des publics réticents quant à l'introduction des TIC au CDI et que nous n'avons pas toujours les moyens de lever les freins et d'apaiser l'anxiété de nos collègues devant l'accélération des transformations de la profession. Si les documentalistes doivent être les vecteurs de l'introduction des TIC, il faut qu'ils soient eux-mêmes à l'aise dans le maniement de l'ordinateur mais aussi dans les pratiques pédagogiques qu'ils doivent mettre en œuvre autour de ces outils.

Compte rendu de l'atelier n°3, Claire Lafage, Académie de Créteil

Académies représentées : Clermont-Ferrand, Créteil, Dijon, Martinique, Nancy-Metz, Orléans-Tours, Paris, Poitiers, Rouen,Versailles.

Le tour de table de présentation a fait apparaître une grande disparité des structures et dispositifs de formation continue en direction des documentalistes. Les politiques académiques d'équipement des établissements scolaires sont également très différentes ; néanmoins, la progression des équipements semble générale.

Concernant la formation, des constantes se sont dégagées :

1 - La formation des documentalistes

1.1 Les demandes de formation exprimées par les documentalistes

Une demande forte concerne :

l'acquisition de connaissances informatiques de base

la maîtrise et la gestion des outils (logiciel documentaire et cédéroms, installation en réseau, internet)

la maîtrise de la recherche documentaire informatisée

l'acquisition de méthodes d'évaluation de l'offre éditoriale (logiciels, cédéroms), et des contenus du web. Une demande d'information et de sélection de ressources électroniques de qualité

des propositions d'usages, de pistes pédagogiques, d'échanges autour des outils et des ressources.

1.2 Les écueils

Des obstacles surviennent pour la mise en œuvre de CDI bien équipés, avec à leur tête un personnel bien formé.

La compression globale des moyens pour la formation continue réduit l'éventail des stages proposés. Des stages en TICE semblent avoir parfois été refusés pour maintenir un équilibre dans l'offre de stages faisant apparaître alors une inadéquation entre les demandes et besoins… Pour éviter le refus de stages de base, il peut être judicieux parfois, dans les propositions, de modifier les intitulés, d'élargir le domaine concerné, de collaborer avec d'autres formateurs, tout en conservant le contenu auquel on était attaché…

Le public des documentalistes est divers : certains éprouvent une nette réticence à utiliser les TICE et ne souhaitent pas se former. La pénétration des TICE est parfois lente ou l'usage peut en être mal conduit (fonctionnement sur d'anciens schémas avec de nouveaux outils)

L'équipement peut-être très disparate d'un établissement à un autre et un décalage peut survenir entre la formation demandée, puis obtenue, et un financement de matériel non concrétisé.

La décharge horaire des personnes ressources, gestionnaires de réseau dans les établissements est très nettement insuffisante dans la plupart des établissements : cela conduit soit à un alourdissement très important des tâches matérielles des documentalistes soit à une sous-exploitation des ressources informatiques (pannes, dysfonctionnements, ...)

La formation initiale actuellement dispensée est très nettement insuffisante dans le domaine des TICE aussi bien pour les futurs enseignants de disciplines que pour les documentalistes.

1.3 Les expériences réussies

Des structures, dispositifs ou formations particulières semblent à retenir et à développer, ayant témoigné de leur efficacité et de leur réussite…

Information, conseils d'équipement, évaluation/sélection de ressources

Dans certaines académies, des lieux (CRDP, CDDP, centres ressources de proximité) proposent des conseils d'équipement, une animation autour des produits, des démonstrations, des accueils de classes.

Un partenariat a été mis en place dans l'académie de Rouen avec la société Jeulin : un catalogue de vente, réalisé par des enseignants de discipline et documentalistes proposait une sélection et une évaluation soignée de logiciels et de cédéroms pour l'enseignement. Le catalogue a reçu un très bon accueil dans tous les CDI mais la société a mis un terme à la collaboration (délai trop important entre la parution du titre et son évaluation…)

Formation conjointe à l'équipement

Une collaboration entre la mission TICE de l'Académie de Créteil et la région Ile de France a permis d'équiper les CDI de lycées(15 /an) déposant un projet : le documentaliste s'engageait à se former (formation de 3 semaines) et à développer l'usage des TICE dans l'établissement. La région, pour sa part, équipait le CDI de 6 postes multimédias reliés en réseau et à Internet.

Formations regroupant profs/docs : une entrée des TICE dans l'établissement favorisée

L'académie de Versailles propose des stages d'établissement regroupant le(s) documentaliste(s) et des enseignants de disciplines. Trois formateurs interviennent sur ce stage : un formateur en documentation, un en audio-visuel, un en informatique.

Des stages regroupant des équipes de professeurs et de documentalistes sensibilisent les professeurs à la recherche documentaire et permettent ensuite à ces équipes de construire ensemble des séquences pédagogiques d'apprentissages documentaires et disciplinaires.

Des stages autour de projets pluridisciplinaires ou transdisciplinaires : parcours diversifiés, modules, dossiers TIPE donnent lieux à des projets ouvrant vers des pratiques multimédias et documentaires. L'académie de Poitiers propose des stages auxquels participent  un documentaliste et un professeur (SES, allemand...) : le travail sur la démarche pédagogique est très fructueux, chaque stagiaire devant mener une réflexion active sur ses objectifs avant d'entamer un travail négocié.

Parcours et suivi de formation proposés à l'ensemble des documentalistes

L'académie de Versailles propose une offre de formation à l'ensemble des documentalistes pour la maîtrise du logiciel documentaire (deux niveaux de stage avec suivi du parcours de formation et nombre de jours suffisant).

Un dispositif d'accompagnement téléphonique et existence de centres pédagogiques de proximité complètent le dispositif.

Formation, Accompagnement, Proximité

Les académies de Versailles et de Rouen proposent ce dispositif : des formations aux outils et à leur intégration pédagogique, un accompagnement technique académique et des centres de proximité pour répondre à des besoins d'information ponctuelle, pour tester des produits, pour se perfectionner...

 

2 - Les besoins de formation des formateurs

Cet échange a permis d'évoquer les compétences nécessaires à un formateur dans les domaines de la documentation et des TICE et d'exprimer des besoins de formation, de nature complémentaires :

2.1 Nécessité d'apports théoriques

En sciences de l'information

En psycholinguistique

En informatique : liaisons avec l'apprentissage.

2.2 Nécessité d'échanger et de mener des réflexions autour de :

La gestion de l'hétérogénéité d'un groupe

L'organisation du suivi des formations, du développement de modules d' auto formation en direction des collègues

Le développement de la culture informationnelle des documentalistes

La mise en œuvre d'une culture de mutualisation chez les documentalistes

L'organisation de la veille technologique, du rôle d'information et de conseil auprès des CTICE concernant l'évolution du parc informatique.

 

Conclusion

Il est nécessaire de convaincre des besoins spécifiques de la formation des documentalistes, devant s'articuler autour de trois axes :

un axe technique, un axe professionnel (autour des techniques documentaires, de la recherche documentaire informatisée), un axe pédagogique.

En parallèle, tout documentaliste a en charge de s'informer, de se former, la formation ne pouvant s'arrêter à celle dispensée en stage.

Une auto formation doit être proposée, en ce sens, les services sur Internet : la liste cdi-doc.fr, form@net, Savoirs CDI, les sites académiques consacrés à la documentation, doivent être développés. Cette auto formation doit être envisagée en complément de la formation en stage.

Regroupements, échanges, débats, enseignement présentiel sont indispensables.

L'association d'une formation et d'un suivi de formation, d'un accompagnement technique selon les besoins (permanence téléphonique pour maintenance et conseils) et d'un accueil personnalisé dans un centre pédagogique de proximité semble une structure adaptée aux documentalistes, amenés à faire face dans l'exercice de leur métier à la gestion de matériel et de ressources informatiques importants, à une demande d'information, voire de formation de la part de leurs collègues enseignants et à un rôle d'animateur pédagogique au sein de l'établissement.

 


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