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7) Intervention des collectivités territoriales et association des acteurs locaux
Nombreuses sont les collectivités territoriales à "investir dans la prévention de l’échec scolaire plutôt que dans la réparation ultérieure de la difficulté sociale qu’il génère", constate Christian Loarer. Pour François Jollivet, directeur éducation et sport au Conseil général du Val-d’Oise, "l'égalité des chances n’est pas qu’un problème de moyens". Il reste " beaucoup à faire en termes de cloisonnement" et les politiques de promotion de l’innovation pédagogique menées dans le département montrent beaucoup de création mais "on ne capitalise pas".
Le Conseil général du Val d'Oise "a un rôle à jouer d'impulsion territoriale et de correction des inégalités par rapport à la rupture de la territorialité". Il préfère parler "d'actions conjointes à mener auprès de groupes identifiés" plutôt que de "suivi individualisé". Sa collectivité a mis en place un dispositif avec des associations. Il fait le constat que le réseau "ne touche que 0,8% des collégiens du département", mais pas ceux des zones rurales ni ceux des zones de la politique de la ville. François Jollivet estime qu'il faut "des traitements différenciés multiformes" avec "une sorte d’agence qui chapeaute ces initiatives ciblées". Depuis le 1er janvier 2005, les conseils généraux sont responsables de l’accueil dans les établissements, remarque François Jollivet. Cela donne la possibilité de développer des espaces informatiques pour ouvrir le collège sur l’extérieur avec une salle informatique en libre-service sous la forme d'un espace public numérique interne et ouvert.
Véronique Hoop, directrice éducation et sport au Conseil général de la Somme, indique qu'après avoir mis en place le matériel informatique dans les classes, la collectivité a été "amenée à intervenir de plus en plus sur les contenus avec des services d’accompagnement scolaire en ligne de type Paraschool". L'action de soutien en dehors de l’école est importante pour le Conseil général, qui s'inscrit dans le cadre des contrats éducatifs locaux, des structures d’éducation populaire, de la politique de la Ville et de l'action sociale. Son rôle "peut être de favoriser l’articulation entre ce qui se passe dans et hors l’école". Véronique Hoop constate qu'apparaît "au fur et à mesure des années un empilement des services et donc des déséquilibres territoriaux entre ce qui se fait dans les quartiers". Il convient aussi d'intervenir "pour rétablir l’égalité des chances entre la ville et la campagne". La collectivité travaille actuellement sur un projet "pour conjuguer accompagnement à la scolarité avec accompagnement à la parentalité, faire en sorte que l’environnement de l’élève et l’environnement social et territorial soit porteur de la scolarisation". Cette "approche globale" vise à développer les liens avec la famille.
Les projets scolaires et périscolaires doivent s'inscrire dans des synergies, "qui existent avec les contrats éducatifs locaux mais ces dispositifs restent encore très formels", poursuit Véronique Hoop. Il importe de "s’engager sur plusieurs années pour s’assurer de la pérennité des dispositifs, à partir d'objectifs quantifiés et qualifiés qui impliquent l’école, les collectivités et les associations pour avoir une évaluation partagée". Pour Véronique Hoop, un enjeu est de "clarifier qui fait quoi pour mieux travailler ensemble et dépasser les approches institutionnelles, de telle sorte que la clé d’entrée soit le temps du jeune".
Pirine Rodrigues, directrice adjointe d'une association (Office municipal de la culture) à Maisons-Alfort (Val-de-Marne), souligne la nécessité de "s’appuyer sur tous les acteurs qui interviennent dans tous les secteurs possibles : action sociale, jeunesse, service des sports, etc." Dans cette optique, le comité de pilotage Val-de-Marne a rédigé un document commun avec les besoins spécifiques du département. Depuis 1999, les TIC interviennent en complément. Il ne s'agit pas de "faire l’école après l’école" mais plutôt d'associer les parents et de créer un lien avec ce que les élèves font durant leur scolarité. C'est une occasion pour les parents d’être valorisés, en lien avec l’école, par leur intégration dans un projet scolaire. L’impact du multimédia sur la scolarité "n'est pas évalué directement" mais "les enseignants disent d’une année sur l’autre que les enfants gardent une trace" des expériences, particulièrement la maîtrise des outils.
Claude Lambey, directeur des TIC à Besançon, témoigne de la politique menée par la ville pour équiper les élèves et les familles en matériel informatique. Un "effort massif d’équipement des écoles" a été entrepris dès 1999 avec trois ordinateurs dans chaque classe et une salle multimédia dans chaque école, trois ordinateurs dans chaque école maternelle et la mise en place d'un ENT (Environnement Numérique de Travail) il y a quatre ans. Le projet porte sur la mise à disposition d'ordinateurs reconditionnés et placés au foyer pour les élèves du CE2 au CM2, afin de permettre aux parents d’accéder à ces outils et de suivre le travail pédagogique des enfants. Le coût de revient annoncé est de 60 euros par élève et par an. A cela s'ajoute un module de formation et d'initiation aux TIC proposé aux familles, soit 12 heures dispensées dans des structures associatives locales labellisées, qui ont reçu des moyens matériels et humains. Sur 1000 familles concernées, 700 se sont inscrites dans un premier temps aux formations. Le taux de participation est en chute puisque seules 40% ont suivi la formation de manière assidue. Pour la dernière dotation, 400 familles ont suivi les formations, toujours avec le même taux de chute. La collectivité offre aux familles non connectées une bourse pour se familiariser aux outils, ainsi qu'une participation de 60 euros pour une souscription au forfait internet. "La demande était très forte au début, elle correspond maintenant à 10% des familles". Claude Lambey constate que l’ENT correspond à "un réel besoin pour la communauté enseignante et qu’il est maintenant difficile de s’en passer". Mais, note-t-il, "les actions sont malheureusement assez peu coordonnées avec le département et la continuité en matière d’ENT n’a pas été assurée".
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