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8) Des demandes et des pistes de réflexion…
"Le côté organisationnel de l'accompagnement scolaire doit être au cœur des préoccupations", estime Benoît Sillard. "Deux circulaires existent sur l’ouverture des écoles, mais concrètement, à part dans deux départements, cela n’a servi à rien et il ne se passe pas grand chose. Il faut retrouver très en amont sur les projets l’ensemble des acteurs pour faire émerger du terrain un projet consensuel qui ait un vrai sens, qui ne soit pas imposé d’en haut". Dès lors, "qui réunir, comment et quel modèle retenir pour porter le projet ?"
Les participants au séminaire d'Amiens ont souvent insisté sur l'inutilité de créer un nouveau dispositif pour coordonner les dispositifs et d' "empiler des couches de circulaires". Tous s'accordent à reconnaître l'existence de dispositifs locaux qui peuvent remplir cette fonction organisationnelle. "Les moyens existent, notamment financiers, la question est davantage celle de leur utilisation et de leur concentration", soulignent ainsi François Jollivet ou Patrick Piccard. La situation semble donc "un peu paradoxale", comme le dit Benoît Sillard, puisque même si les moyens sont là, "les parents dépensent plus que jamais pour le soutien scolaire, les matériels ne sont pas disponibles en dehors du temps scolaire et des enfants sont toujours en situation d’échec". Pour lui, "au travers du patchwork des initiatives locales, il y a un manque de visibilité nationale". Il faut donc parvenir à "une sorte de culture commune à traduire dans un plan national où chacun peut se retrouver".
Il est difficile de mettre en relation, de faire dialoguer différents secteurs qui ne travaillent pas suffisamment ensemble, l'Éducation nationale, les collectivités territoriales, le secteur associatif. Il s'agit donc de passer d'une logique de "juxtaposition" des structures à un système auquel "chacun concoure" à favoriser la mise en place d’actions sur le terrain. Les participants à un atelier consacré aux aspects organisationnels ont également fait valoir qu'il manque entre les acteurs une médiation "sur le modèle du chef de projet". Une revendication générale porte sur le cadrage des missions et compétences de chacun. Ainsi, M’hammed El Hiba fait part de l'inquiétude du secteur associatif "sur le fait de donner un cadre cohérent avec tous les acteurs éducatifs : on ne peut pas travailler sérieusement quand l’animateur est précaire, sans formation." En même temps, remarque Nicolas Delesque, "on ne peut pas demander que ceux qui interviennent à l’extérieur aient les mêmes compétences que celles des enseignants. Il va falloir définir les attributions de chacun".
Autre problématique mise en exergue, la non-disponibilité des salles multimédia, notamment en raison de l'absence de dispositifs de sécurité suffisants pour de multiples usagers. Une demande émerge dans un atelier de "définir précisément le cadre de l’accompagnement, qu’il soit à l’école ou au domicile". Pour cela, des pistes sont évoquées : l'identification "d’acteurs intermédiaires entre enseignants et parents" et "la validation d’un module de compétence dans le cadre du cursus universitaire sur l’accompagnement des enfants". Enfin, pour que les enseignants soient prêts à s’investir largement dans l’appropriation d’outils nouveaux, Il faut les impliquer par une "analyse des besoins afin d'apporter une réponse au niveau de l’établissement".
Ouverture des établissements scolaires sur l'extérieur, meilleure prise en compte de l'implication des parents, articulation renforcée entre les acteurs éducatifs : le séminaire d'Amiens aura permis de pointer plusieurs pistes utiles à la réflexion. La communauté éducative est maintenant invitée à répondre au prochain appel à propositions, "moins contraignant qu'un appel à projets", souligne Benoît Sillard. Il devrait être lancé en début d'année 2006.
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