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Mise à jour : 22/10/2007

Livre électronique, livre numérique

Sommaire

Culture du numérique

Nouveaux modes de lecture / Nouvelles pratiques culturelles  / Contenus numériques

Nouveaux modes de lecture

L'écrit et l'écran, une révolution en marche
Roger Chartier
"Le livre électronique ne donne plus à voir par sa forme matérielle sa différence avec les autres productions écrites. La lecture face à l'écran est une lecture discontinue, segmentée, attachée au fragment plus qu'à la totalité. N'est-elle pas, de ce fait, l'héritière directe des pratiques permises et suggérées par le codex ? Celui-ci invite, en effet, à feuilleter les textes, en prenant appui sur leurs index ou bien à "sauts et gambades" comme disait Montaigne, à comparer des passages, comme le voulait la lecture typologique de la Bible, ou à extraire et copier citations et sentences, ainsi que l'exigeait la technique humaniste des lieux communs. [...]
Le "bonheur extravagant" suscité par la bibliothèque universelle pourrait devenir une impuissante amertume s'il devait se traduire par la relégation ou, pire, la destruction des objets imprimés qui ont nourri au fil du temps les pensées et les rêves de ceux et de celles qui les ont lus. La menace n'est pas universelle, et si les incunables n'ont rien à redouter, il n'en va pas de même pour de plus humbles et plus récentes publications, périodiques ou non..."

Le Monde, 12/10/2007
http//www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-966273,0.html

Lecteurs et lectures à l'âge de la textualité électronique
Robert Chartier
- Mort du lecteur, transfiguration du livre
- Propriétés du texte, propriété sur le texte
- Les bibliothèques à l'âge numérique

BPI, 2001
http://www.text-e.org/conf/index.cfm?fa=printable&ConfText_ID=5

Les prétendus handicaps du livre (de papier)
Paul Soriano
"... les prétendus handicaps du livre (de papier), à commencer par sa "clôture ", ne sont-ils pas en réalité ses principaux atouts ? Est-il bien sûr, par exemple, que le numérique introduit de l’interactivité dans un objet et une pratique qui en étaient jusqu’ici totalement dépourvus ? Eh bien justement non. Rien n’est décidément plus interactif que la lecture d’un livre. Sans jamais rien cliquer, tout lecteur emporté par le texte pourtant immobile ne cesse d’établir des liens imaginaires avec un univers (un réseau ?) qui le déborde de toutes parts. On peut même se demander si l’introduction d’un dispositif technique d’interactivité (les liens de l’hypertexte) ne risque pas de faire obstacle à l’interactivité symbolique qui hante tous les bons livres. N’est-ce pas déjà le cas lorsque nous regardons un roman « adapté » au cinéma : un déficit d’interactivité ?
La bibliothèque imaginaire ressemble certes plus à un inextricable réseau de références croisées qu’à ces alignements figés d’ouvrages achevés que nous nommons communément "bibliothèque".
Et encore faudrait-il inclure dans ce réseau, les livres que l’on a à peine parcourus, ceux dont on à seulement entendu parler, ceux que l’on a lus et oubliés, mais dont on peut néanmoins légitimement parler, si l’on en croit Pierre Bayard, un universitaire qui sait Comment parler des livres que l’on a pas lus..."

Irepp.com (Introduction à l'ouvrage de Lorenzo Soccavo "Gutenberg 2.0")
http://www.irepp.com/article510.htm

Peut-on déterminer  les "pouvoirs du papier" sur le lecteur ?
Entretien avec Paul Soriano
P. S. : "Oui, et c’est précisément l’objet d’un travail confié par la Mission Recherche de La Poste à un psychologue, Patrick Lemaire. Il a conduit une étude empirique avec des populations témoins pour évaluer les différences dans la réception et la mémorisation des mêmes messages, sur papier et sur écran. Globalement, on mémorise plus vite et plus longtemps ce dont on a pris connaissance sur un support de papier. Les résultats doivent toutefois être nuancés, en fonction de l’âge des sujets et de leur familiarité avec l’outil informatique. Mais quoi qu’il en soit, on voit bien que le support n’est pas neutre. On ne saurait substituer un support à un autre sans conséquences sur la réception des messages. Ce qui confirme bien l’intuition des médiologues. Et encore faudrait-il ajouter à cette dimension cognitive, la dimension affective, l’attachement que l’on éprouve pour un livre ou une lettre, par exemple, liant indissociablement l’objet et son contenu."

Fondation La Poste, 2007
http://www.fondationlaposte.org/article.php3?id_article=923

Ergonomie de lecture et feuilletage du livre électronique
Marsouin.org
Projet fortement pluridisciplinaire, visant à caractériser et étendre un mécanisme fondamental d’accès au texte, souvent préparatoire à l’acte de lecture proprement dit, le feuilletage. Les caractéristiques spécifiques des textes numérisés et des modes d’accès, obligent à repenser cette notion.
Cela soulève des problématiques de recherche dans les domaines de la cognition, de l’analyse psychosensorielle, de la structuration et de la présentation de documents numériques, de l’environnement concurrentiel de la chaîne de production et de distribution des documents écrits. 
Deux axes de recherche, correspondent aux deux équipes ayant mené à terme le projet :
- la caractérisation de l’acte de feuilletage dans le livre traditionnel qui servira comme fondement à une implémentation du feuilletage électronique (ENST Bretagne, et plus particulièrement : thèse de Frédéric Miras),
- au niveau de l’interaction Homme-Machine, la circonscription des points critiques dans l’interaction avec un livre électronique à travers une analyse fonctionnelle des livres traditionnel et électronique (GRESICO).

Marsouin.org, 2003
http://www.marsouin.org/article.php3?id_article=41

Etude 2003 : PDF, 21 p.
http://www.marsouin.org/IMG/pdf/feuilletage2003.pdf

     Quelques textes plus anciens mais intéressants

L'hyperlecture 
Jean Clément
Lire plus particulièrement la fin de l'article "Le e-book est-il le futur du livre ?",  p. 18-19.
 "Trois éléments au moins en réduisent la portée : le verrouillage du texte (...), l'absence de clavier (...) l'impossibilité de poser des liens hypertextuels à l'intérieur du texte et a fortiori vers des textes extérieurs. A ces limitations, il faut ajouter l'impossibilité de constituer des corpus. (...). Les e-books, par leur isolement, privent le lecteur des avantages du texte numérique..."

Les Dossiers de l'Ingénierie éducative, n° 32, octobre 2000, p. 14-19 
http://www.cndp.fr/DossiersIE/32/som32.asp

Du texte à l'hypertexte : vers une épistémologie de la discursivité hypertextuelle
Jean Clément
"Cette idée d'interaction entre l'homme et la machine au sein d'un système complexe me paraît caractériser l'hypertexte et le distinguer d'autres dispositifs  avec lesquels il peut être associé mais ne doit pas être confondu, tels que les systèmes experts ou les bases de données. Ceux-ci requièrent naturellement eux aussi l'intervention de l'homme. Ils ne peuvent traiter l'information que si on leur a préalablement fourni non seulement la matière première, mais aussi les programmes de traitement qui s'y appliqueront. Et à cette "écriture" par l'homme correspond, en sortie, la nécessité d'une "lecture" humaine des résultats (encore que l'information obtenue puisse être utilisée par un robot sans intervention humaine). L'idée que je défend ici est que l'hypertexte peut s'envisager comme un système à la fois matériel et intellectuel dans lequel un acteur humain interagit avec des informations qu'il fait naître d'un parcours et qui modifient en retour ses représentations et ses demandes."

Université de Paris 8, 1995
http://hypermedia.univ-paris8.fr/jean/articles/discursivite.htm

L'enfant et la lecture interactive
Axelle Desaint
Mémoire d'une maîtrise de Sciences et Techniques en Hypermédia
1. Quand la littérature devient virtuelle
La littérature jeunesse : comment a-t-elle séduit le support informatique ? Quand le livre s’anime… Le mariage de la littérature et du multimédia.
2. Quelle littérature interactive pour les enfants
Le cédérom, nouveau livre de chevet des enfants ? Quelles histoires interactives pour les enfants sur Internet. Histoires interactives : s’avoir s’adapter à un nouveau support.
3. Lire sur un support informatique
La lecture et l’enfant : une rencontre décisive. L’ordinateur, le meilleur ami de l’enfant. Lire des fictions interactives. Quelle littérature interactive peut-on proposer à des enfants ?
4. Internet et langue écrite
Apprendre à lire le multimédia : où en est-on ? Que peut apporter Internet dans l’apprentissage de la langue écrite ? Quand Internet invite les enfants à écrire
5. Clicksouris : un site d'histoires interactives sur Internet
Naissance d’un projet. Présentation de Clicksouris
Bilan et perspectives

Université Paris 8, juin 1999
http://www.clicksouris.com/memoire.htm

Voir la présentation du site "Clicksouris" dans "Ressources"

Le livre électronique : rupture ou continuité
Jean Ganascia
"Sur le fond, le livre électronique reposerait donc sur des principes d'organisation nés il y a quinze siècles avec le passage du rouleau au livre, même s'il y a bien plus dans l'hypertexte que dans le livre classique du fait des accès multiples, de la présence d'images, d'images animées et de son, et de la possibilité d'introduire des annotations..."
Charge cognitive du livre électronique 
"Trois mots, barbarismes de la modernité, si courus aujourd'hui que l'on éprouve de la peine à déceler leur sens exact, nous apparaissent, malgré leur imprécision, recouvrir trois dimensions de cette
évolution : interactivité, multimodalité, hypertextualité. "

GIS Sciences de la cognition, 2000
http://www-apa.lip6.fr/GIS.COGNITION/livr3.html

L'hypertexte : virtualisation du texte et virtualisation de la lecture
Pierre Lévy
"On peut dire qu'un acte de lecture est une actualisation des significations d'un texte, actualisation et non réalisation puisque l'interprétation comporte une part inéliminable de création. L'hypertextualisation est le mouvement inverse de la lecture, au sens où elle produit, à partir d'un texte initial, une réserve textuelle et des instruments de composition grâce auxquels un navigateur pourra projeter une multitude d'autres textes. Le texte est transformé en problématique textuelle. Mais il n'y a de problématique, encore une fois, que si l'on considère des couplages humains-machines et non seulement des processus informatiques. Alors, on peut parler de virtualisation et non plus seulement de potentialisation. En effet, l'hypertexte ne se déduit pas logiquement du texte-source. Il résulte d'une série de décisions : réglage de la taille des noeuds ou des modules élémentaires, agencement des connexions, structure de l'interface de navigation, etc. Dans le cas d'une hypertextualisation automatique, ces choix (l'invention de cet hypertexte-là) seront intervenus au niveau de la conception et de la sélection du logiciel."

Université Paris 8, 1995
http://hypermedia.univ-paris8.fr/pierre/virtuel/virt0.htm

Analogie avec le voyage
Paul Perrault
On appelle "navigation", le procédé d'exploration des données contenues dans ces bases de données. Le terme dérive de l'anglais "browsing", en français, l'emploi du terme naviguer fait surgir la notion de voyage... et l'on installera de plus la distinction entre la navigation avec but précis et la navigation sans but.
En effet l'analogie avec le voyage était grande puisque les déplacements étaient non-séquentiels (et par là même imprévisibles) et que l'utilisateur était continuellement confronté à des choix de pistes à prendre. Il arrivait souvent qu'ou lui donne un plan, une carte des différents déplacements et directions accessibles. C'est qu'on avait reconnu la possibilité de se perdre dans de tels voyages, d'en arriver à oublier ce que l'on cherchait, ou à ne plus pouvoir retrouver le chemin du retour. On parla alors de se "perdre dans l'Hyperespace" (to be lost in HyperSpace, Edwards et Hardman, 1989) et de vision en tunnel."

Site de l'université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), 2002
http://www.uqtr.uquebec.ca/~perrault/RECHER/HYPER/HINDEX.HTM

L'avenir de la lecture interactive
Alain Vuillemin
"Ces nouveaux “ livres électroniques ” ont même été considérés par certains, comme l'annonce d'un bouleversement radical de la lecture. D'autres , au contraire, ont affirmé que ces livres électroniques, loin de constituer une véritable avancée technologique,  constituaient au contraire une régression par rapport à ce que l'informatique avait déjà pu apporter. Qu'en est-il ? Quelles perspectives peut-être contrastées, recèle la lecture numérique, en “ mode image ”, en “ mode hypertexte ” et en “ mode texte ” ?"
- La lecture en mode image
- La lecture en mode hypertexte
- La lecture en mode texte

Université d'Artois, 2002
http://www.revue-texto.net/Inedits/Vuillemin_Avenir.html