Si l'enseignant est la meilleure ressource multimédia
pour les élèves le manuel scolaire demeure un complément de la
classe. Sous forme numérique, il peut faire appel à des ressources
nouvelles de recherche, de traitement et de restitution de
l'information.
Les manuels sont conçus par les enseignants, chaque manuel est en général l'oeuvre d'un collectif de 3 à 15
auteurs, l'éditeur recrutant selon le niveau considéré des
enseignants encadrés par des universitaires ou des membres des corps
d'inspection.
Le ministère de l'éducation nationale qui définit le cadre général
des programmes a des relations régulières avec les éditeurs scolaires
du Syndicat National des Editeurs
et
l'association
Savoir
Livre qui réunit divers acteurs du système éducatif. Savoir
Livre est coéditeur avec le
Centre
national de documentation pédagogique.
En France, les principaux éditeurs scolaires sont Belin, Bordas, Bréal,
Delagrave, Didier, Foucher, Hachette Education, Hatier, Istra, Magnard,
Nathan, Retz.
Depuis plus de 5 ans, les éditions
Nathan
et
Bordas
ont développé la réalisation de manuels électroniques.
Cette recherche est alimentée par des associations comme la
Fing - Fondation Internet nouvelle génération - qui mène une réflexion
et fédère des expérimentations.
Son ouvrage : "Du cartable électronique aux espaces numériques
de travail" édité à La Documentation française - juin 2004
- rend compte de cette démarche de partenariat où les positions et
pratiques des différents acteurs se confrontent.
Le marché
Le chiffre d'affaires de l'édition scolaire en 2003 est de 313
millions d'euros, soit 12,9% de l'activité de l'édition. Avec un recul
de 2,4%, le chiffre global d'affaires de l'année 2004 ne s'annonce pas
meilleur.
A l'intérieur de l'édition scolaire, les manuels scolaires représentent
228 millions d'euros - 73% - dont :
121,6 millions d'euros pour le secondaire - 53% -
40,4 millions d'euros pour l'enseignement technique et commercial - 18%
-
66,183 millions d'euros pour le préscolaire et le primaire - 29% -
Source : Livres Hebdo, n° 567, 03/09/04, p.66
Le financement des manuels
Le choix des manuels est réalisé par les équipes disciplinaires
lors des conseils d'enseignement, avec le manuel numérique est renforcé
l'idée d'un projet global d'établissement au détriment de critères
exclusivement disciplinaires.
La loi précise que l'enseignement est gratuit du primaire au secondaire.
Les livres au primaire : les communes n'ont pas l'obligation de fournir
les livres.
Les manuels au collège : depuis la loi Haby de 1975, ils sont gratuits,
financés par les départements qui reçoivent une dotation budgétaire
de l'Etat.
Les manuels au lycée : 20 des 22 régions de la métropole ont voté
pour cette rentrée une mesure de gratuité. Cette généralisation
apparaît vite abusive, la subvention étant par exemple limitée aux élèves
de terminale. Pour couvrir les frais le montant moyen a été estimé à
60/70 euros par élève. L'Union nationale lycéenne et la Confédération
syndicale des familles préconisent le prêt des manuels par les établissements
"solution la plus économique et la plus juste socialement",
les éditeurs sont favorables à une aide directe aux familles.
Actuellement les modalités de financement sont multiples : subventions
directes aux familles, achat par la région des manuels prêtés aux
jeunes, chèques livres ou cartes à puces.
Livres Hebdo n° 567 du 03/09/04 détaille dans un
tableau p.67, les mesures prises par chaque région.
Les manuels scolaires numériques
Le développement du numérique est dépendant de la réorganisation
du marché éditorial tant au niveau de l'offre que de la demande.
Dans cette phase de gestation, deux types de manuels numériques émergent
pour le secondaire :
- le modèle Bordas/Nathan construit à partir du concept papier et qui
devient de plus en plus modulaire avec le manuel de français réalisé
en séquences.
- le i-m@nuel de Editronics développé sur la complémentarité
du papier et du numérique. Le client achète un support papier et un
accès au site Internet de la société. A noter la liquidation
judiciaire de cette société en décembre 2003.
Dans le Supérieur les éditeurs commercialisent les manuels en fonction
de la durée de l'abonnement et de "packages" déclinés
eux-mêmes sur les droits digitaux et les fonctions autorisées -
cession des fichiers à d'autres utilisateurs, téléchargement,
impression... -. En fait, notamment dans les bibliothèques, est
proposé à l'utilisateur un service d'accès plutôt qu'un produit. Le
manuel numérique tend vers l'idée de "bibliothèque idéale"
qui implique regroupement et consortium éditorial.
Quels utilisateurs ?
Les élèves mais aussi les enseignants ne sont
qu'exceptionnellement formés à l'usage du manuel papier.
Avec le manuel électronique l'analyse est en cours. Le i-m@nuel qui ne
requiert pas d'équipement spécifique a été expérimenté en Ardèche
sur 72 établissements.
L'ordinateur portable devient la coquille du manuel numérique.
"Le cartable numérique" intègre contenus et
fonctionnalités : dictionnaires, vidéos, accès à Internet,
chargement de fichiers, création de dossiers... Une dizaine de collèges
ont été sélectionnés pour tester des cartables.
Plusieurs sociétés construisent actuellement des plateformes qui intègrent
manuel numérique, cahier de texte, carnet de correspondance, gestion
des absences...,
Dans le cadre de l'appel à projet " Espaces numériques de
travail" lancé par le Ministère de l'Education et la Caisse des Dépôts
et consignations, près de 310 établissements sont concernés en 2004
et plus de 850 le seront à l'échéance 2006.
Quelques établissements :
- Le Lycée Charles de Muret
http://www.educnet.education.fr/secondaire/academies/toulouse4.htm
- Le lycée Marguerite Yourcenar d'Erstein
http://www.scolagora.com/erstein/
- Des collèges en Savoie
http://www.cartable-electronique.org
- Trois collèges, un lycée et un IUT à Dijon
http://www.ac-dijon.fr/tice/arianed/sommaire.htm
- Les expériences de cartables numériques sur Educnet
http://www.educnet.education.fr/equip/cartel.htm