Si les
objectifs du portfolio sont mal appréhendés, on risque de porter l’effort
sur la présentation plutôt que sur l’analyse et la réflexion du processus
d’apprentissage.
L'autre écueil possible est la perte de repères. En effet le contenu
d'un portfolio est très composite Il peut
comprendre : des documents imposés, des documents collectés et des
documents produits. On peut compter dans cette « collection » : les
modules d’enseignement, les cours de l’enseignant, des productions de
l’étudiant, des extraits de sites sur un thème précis, des séquences
vidéos de cours et des exemples de séquences pédagogiques pour des
stagiaires en IUFM, des notes ou des documents pédagogiques assortis de
commentaires, des tests… Tout cela nécessite une structuration précise
avec une table des matières. L’université de Montréal en fait la somme.
CEFES
– Université de Montréal
http://www.cefes.umontreal.ca/Documents/Groupe_portfolio.pdf
D’une façon générale, l’usage des technologies risque de
privilégier les considérations techniques au détriment des considérations
pédagogiques.
Des tests montrent
que la possession des clés de lecture d’un texte sur ordinateur et donc
les facilités de mémorisation attribuées à tout un chacun sont très
hypothétiques.
Il est souvent fait
référence à la structuration et aux différents documents qui constituent
le portfolio plutôt qu’aux démarches intellectuelles qu’il peut
développer. Le temps déployé pour sa réalisation semble parfois
disproportionné par rapport au gain retiré. L'action peut aussi prendre le
pas sur la réflexion, notamment, avec les facilités fonctionnelles comme
celles du copier/coller et entraîner l'oubli des objectifs fixés au
départ.
Voir en page 1- 2 contenu et
forme du portfolio ainsi que l’annexe page 5 composée de témoignages
d’étudiants de la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université de
Moncton Canada :
Le portfolio de développement professionnel comme outil d’intégration
en formation initiale en enseignement André Doyon, Richard Desjardins
8 pages – décembre 2004
http://www.viepedagogique.gouv.qc.ca/articles/vp133_portfolio.pdf
La maîtrise d’un réseau informatique et des différents
outils qui en dépendent, au sein d’un établissement ne va pas
nécessairement de soi.
Le dispositif multimédia du portfolio est de plus techniquement
complexe. Le ministère de l’éducation du Québec recense, pour le portfolio
numérique, cinq logiciels ou fonctions qui peuvent aller de la gestion des
élèves à la gestion des documents en passant par la gestion des zones
sécurisées.
Portefolio sur support numérique. Ministère de
l’Education du Québec. 2002. Pages 23 et 24 ainsi que suivantes pour la
mise en place.
http://www.meq.gouv.qc.ca/drd/tic/pdf/portfolio.pdf
Il apparaît que l'élaboration
d’un portfolio avec des objectifs bien définis est un excellent exercice
de synthèse.
Celui-ci permet d'archiver des travaux de qualité, de faire
émerger un processus d'apprentissage avec ces interrogations
professionnelles, voire ses difficultés. Il rend compte des relations
permanentes entre pratique et théorie.
Le portfolio numérique médiatise les savoirs en démultipliant les formats
d'expression. Les contenus peuvent se traduire en textes, photos, séquences
vidéo... Ancré dans un rapport d'échange, il favorise la relation entre
pairs et prend en compte l'utilisation des technologies d'information et
de communication.
Parmi les écueils notons pour l'essentiel la difficulté
d'appréhender l'ensemble des niveaux d'informations traités sur ce support
numérique. On peut aussi se demander comment faire la part entre ce qu'il
est bon de mettre en avant comme processus en cours et ce qui doit rester
confidentiel. Enfin, nous devons souligner le risque majeur de se perdre dans les méandres
d'une production esthétisante oublieuse de l'investigation
professionnelle.
Comme le précise C. Eyssautier
– Bavay, il ne faut pas perdre de vue que « le plus intéressant n’est pas le portfolio
lui-même, mais ce que les utilisateurs apprennent en
le créant ».
Le portfolio en éducation : concept et
usages – Carole, Eyssautier-Bavay - Université de Grenoble
Article diffusé lors du colloque Tice Méditerrannée à Nice – novembre 2004
http://isdm.univ-tln.fr/PDF/isdm18/27-eyssautier.pdf