La formation ouverte et à distance en économie-gestion
Extraits d'une communication de l'inspection générale
au Colloque des formateurs IUFM, Rennes 31 mai, 1er juin 2001
La FOAD, la formation ouverte et à distance est
l'une des thématiques majeures qui concerne aujourd'hui les systèmes
éducatifs et de formation professionnelle, à la fois pour
des raisons économiques, sociales et pédagogiques.
On trouve d'utiles repères sur la FOAD, dans l'espace
Educnet, à cette adresse :
http://www.educnet.education.fr/documentation/dossier/foad.htm#autres
et un éclairage actuel sur l'action ministérielle
dans ce domaine à cette autre adresse :
http://www.educnet.education.fr/foad/default.htm
La FOAD : un axe essentiel
La Formation Ouverte et À Distance est aujourd'hui
un axe essentiel de la politique des ministères de l'Éducation
Nationale et de la Recherche. Le développement de ce type de
formations - qui allie innovation pédagogique (dans la conception
et la publication des cours, dans la gestion des relations formateurs/apprenants)
et technologies de l'information et de la communication -, est l'une
des réponses apportées par le système éducatif
à la demande sociale (et économique) qui s'adresse (et
s'adressera plus encore) à lui.
Si à l'origine, la formation à distance était
destinée aux étudiants "empêchés"
de se rendre physiquement sur les lieux de cours, aujourd'hui l'ouverture
vise d'abord à répondre à la diversité des
attentes, des cursus, des rythmes, des parcours. Les campus numériques
tentent de répondre à une demande en pleine expansion
de formations multi-formes, "tout au long de la vie" et...
diplômantes.
L'appel à projets ministériel sur les "Campus
numériques français" pour 2001, décrit à
l'adresse ci-dessous, porte en priorité sur le secteur des sciences
humaines et sociales, sur celui des TIC et en terme de public, sur les
projets privilégiant les étudiants et les enseignants
stagiaires des IUFM.
http://www.educnet.education.fr/actu/campus2001.htm
L'analyse détaillée du projet ministériel
pour "La rénovation de la formation des enseignants"
fournit d'autres arguments encore qui militent pour le développement
des investissements en FOAD : l'intensification de l'effort de formation
(initiale et continue), l'appel à remobilisation sur les savoirs
disciplinaires et les compétences professionnelles et enfin l'ampleur
quantitative de ce qui est à réaliser (un nouvel enseignant
sur deux sera recruté dans les 10 ans qui viennent).
Dans le dossier de presse (au 16/05/2001) référencé
ci-dessous, vous trouverez mention d'une réflexion engagée
sur la question du pré-recrutement, notamment dans les secteurs
de l'enseignement professionnel et de l'enseignement technologique.
http://www.education.gouv.fr/discours/2001/recrutement/dprecrut.htm
Il convient également de s'intéresser précisément
aux besoins spécifiques de l'enseignement professionnel et d'intégrer
les propositions formulées par JL Mélenchon, notre ministre
délégué, en matière de formation des enseignants
pour l'enseignement professionnel.
http://www.enseignement-professionnel.gouv.fr/actualites/communiques/c010227.htm
Le cas de la spécialité Informatique de gestion
est un exemple typique, pour lequel une pénurie chronique d'enseignants
est en train de s'installer alors que les besoins dans le secondaire
(et dans le supérieur) sont très importants. On entre
dans le cercle vicieux où l'évolution de l'activité
économique requiert des qualifications que le système
éducatif ne peut produire faute d'enseignants pour assurer les
formations.
FOAD et Économie-gestion
Moins de compétition et d'exclusion à l'École
? Cette interrogation porte l'écho d'un constat ministériel
récent : "à la démocratisation de l'accès,
n'a pas toujours correspondu la démocratisation du succès
: nous devons désormais relever le défi de la réussite
du plus grand nombre" (Jack Lang). Cette interpellation prend tout
son sens, particulièrement pour les enseignants d'Économie-gestion
engagés dans la série STT. La FOAD porte les principes
et les procédures susceptibles de faciliter la diversification
pédagogique comme réponse à la diversité
des élèves. Elle est aussi un moyen de contribuer au nécessaire
renforcement de la maîtrise disciplinaire des contenus par les
professeurs d'Économie-gestion. La tâche est de grande
ampleur, elle nécessite une vraie mobilisation des IUFM et des
universités. En outre, les fruits de la recherche en didactique
des sciences de gestion devraient profiter aussi aux enseignants du
secondaire. Ces travaux doivent être multipliés. Les IUFM
ont un rôle éminent à jouer sur ce terrain.
Il s'agit de repérer l'émergence de nouvelles
compétences pour enseigner l'économie-gestion. Au-delà
du haut niveau de formation disciplinaire, il convient d'insister sur
la nécessaire formation à la maîtrise conceptuelle
et technique des outils et des démarches de l'enseignement des
(et avec les) TIC. Il est admis aujourd'hui que les TIC, non seulement
modifient les savoirs mais participent aussi au renouvellement de l'accès
aux savoirs et modifient en profondeur les pratiques d'enseignement.
L'expérience du nouvel enseignement de détermination
en classe de seconde IGC (Informatique de gestion et de communication)
traduit assez bien ces changements fondamentaux. Qu'il s'agisse de l'introduction
d'un enseignement technologique sur les TIC, de la systématisation
de la démarche de projet, de l'exploration active des domaines
de gestion, l'IGC porte les germes d'une rénovation pédagogique
importante.
Quasiment au terme de cette première année
d'enseignement (pour plus de 45 000 élèves), nous avons
pu appréhender les nouveaux besoins de formation et éprouver
les apports des services d'accompagnement à distance élaborés
et mis à disposition, en appui sur le réseau de ressources
CERTA (http://certa.u-bourgogne.fr).
Savoir apprendre par soi-même, savoir apprendre par
l'expérience des autres, savoir s'inscrire dans une structure
en réseau, autant de nouvelles compétences à faire
acquérir aux nouveaux professeurs d'économie-gestion.
De nouveaux besoins, de nouveaux usages ?
Il faut promouvoir et encourager l'usage des instruments
et des protocoles associés à la mise en oeuvre de travaux
collaboratifs au sein des équipes pédagogiques. Quelques
expériences sont en cours (autour des outils de type Quickplace
de Lotus par exemple) et nous voyons aussi ce qu'apportent les instruments
plus classiques du Web et de la messagerie Internet. Ces pratiques-là
pourront d'autant mieux passer dans la relation quotidienne avec les
classes qu'elles seront familières aux professeurs dans leurs
travaux de documentation, de préparation.
Par sa nature et ses objectifs, la FOAD porte des principes
et des possibilités qui servent le projet éducatif global
de l'Économie-gestion. De très importants efforts de formation
initiale et continue des professeurs de la discipline sont à
venir. Le développement et la diffusion de travaux de recherche
en didactique des disciplines relevant de l'Économie-gestion
sont déterminants pour l'évolution des exigences de la
formation. De nouvelles compétences, tant disciplinaires que
pédagogiques, en particulier dans le domaine de l'usage des TIC
et de leur impact, doivent être développées.
Le rôle des IUFM est central et toutes les initiatives
qui tendront vers l'aménagement de collaborations, de coopérations
afin d'améliorer globalement les dispositifs existants seront
les bienvenues. En effet, la mise en synergie des potentialités
académiques et inter-académiques devrait permettre de
mieux satisfaire les besoins de formation spécifiques, en favorisant
l'association des différentes entités (universités,
IUFM, réseaux de ressources)...