Les nouvelles normes
ISO : ISO 9000 version 2000
Aujourd’hui, quand un client ouvre le conditionnement
d’un produit, quitte une chambre d’hôtel, achète un photocopieur
ou un compresseur, fait une réclamation auprès d’un fournisseur
d’accès Internet ou visite le site d’un grand groupe industriel,
un questionnaire lui est souvent proposé pour recueillir son
degré de satisfaction. Ces derniers temps, de telles scènes
se multiplient aussi bien dans les relations d’entreprise à entreprise
que d’entreprise à particulier. Elles illustrent la partie émergée
de l’iceberg de la démarche qualité. Si, pour certaines
entités, la mesure de la satisfaction client est une pratique
habituelle, pour d’autres, c’est une réponse à l’une des
exigences de la nouvelle version de la norme ISO.
De nouvelles normes ISO prendront effet fin décembre
2003. S’agit-il d’une rupture par rapport au passé, d’une nouveauté
absolue ? Le délai transitoire de trois ans pour la mise en conformité
le laisse supposer. Mais la démarche des entreprises renvoie
en partie à des concepts déjà connus.
Depuis décembre 2000, près de 430 000 entreprises
certifiées dans 145 pays du monde (environ 20 000 en France)
sont désormais amenées à transformer leurs pratiques
actuelles en vue de maintenir leur certification ISO[1].
Le passage à la nouvelle version s’effectue en douceur jusqu’en
décembre 2003. Au-delà de cette date, les certificats
ISO 9001, 9002 ou 9003 obtenus sur le référentiel 1994
ne seront plus valables.
Selon l'Organisation internationale de normalisation,
toutes les normes doivent être révisées au moins
tous les cinq ans pour confirmation, annulation ou modification de leurs
exigences.
Les normes « sont des accords documentés
contenant des spécifications techniques ou autres critères
précis destinés à être utilisés systématiquement
en tant que règles, lignes directrices ou définitions
de caractéristiques pour assurer que des matériaux, produits,
processus et services sont aptes à leur emploi » (ISO).
Le but est d’informer le consommateur, de favoriser les échanges
internationaux, de réduire les coûts et d’établir
la confiance et la sécurité.
ISO est un mot dérivé du grec « isos
» qui signifie égal d’où son utilisation pour la
notion de norme.
C’est également le nom de l’Organisation internationale
de normalisation qui est une fédération d’organismes nationaux
créée en 1947 pour établir des accords internationaux
et publier des normes internationales.
Si une norme peut concerner un bien, un service ou un
processus, la série ISO 9000 ne s’applique qu’à la certification
des organisations : ce ne sont pas des normes de produits. De même,
ISO ne délivre pas de certificats de produits. Pour toutes les
normes, la certification résulte d’un audit effectué par
un organisme certificateur indépendant tels que l’AFAQ (Association
française d’assurance qualité) pour EDF, par exemple,
ou le BVQI (Bureau Veritas Quality International) pour IBM.
La nouvelle version 2000
Elle se compose à la fois de normes proprement dites
qui conduisent à une certification et de guides qui accompagnent
ces exigences en vue de clarifier les principes, les lignes directrices
et le vocabulaire.
Les normes
On distingue deux familles de normes : ISO 9000 qui traite
du management de la qualité (ce que l’organisation fait pour
assurer que ses produits sont conformes aux exigences du client) et
ISO 14000 qui traite du management environnemental (ce que l’organisation
fait pour réduire les effets nuisibles de ses activités
sur l’environnement). La norme ISO 9001:2000 fixe les exigences de la
nouvelle version pour la mise en conformité. C’est la nouvelle
et unique norme qui permet une certification par une tierce partie sur
le système de management de la qualité. La norme ISO 14001
fixe les exigences en matière de système de management
environnemental.
Les principales lignes directrices
ISO 9000:2000 rassemble les principes essentiels et le
vocabulaire à adopter afin d’éviter tout malentendu sur
le système de management de la qualité. C’est un guide.
ISO 9001:2000 fixe les exigences de la nouvelle version
pour la mise en conformité. C’est la seule qui permet une certification
par une tierce partie sur le système de management de la qualité.
ISO 9004:2000 indique les lignes directrices pour l’amélioration
continue des performances en système de management de la qualité.
ISO 19011:2000 indique les lignes directrices relatives
aux audits de systèmes de management de la qualité et/ou
environnemental (ISO14001). C’est un guide pour les audits ISO 9001
et ISO 14001.
Quels changements par rapport à l’ancienne
version ?
| ISO version 1994 |
ISO version 2000 |
| Trois normes : 9001-9002-9003 |
Une seule norme ISO 9001 |
| Principe : assurance qualité du produit |
Principe : management qualité du système |
| Respect des procédures |
Approche processus |
| Conformité |
Amélioration continue,
Satisfaction du client (interne/externe),
Respect des réglementations : sécurité, environnement
. |
| Entreprise |
Tout organisme (publique ou privée),
Tout produit (bien ou service). |
Le descriptif de cette nouvelle version fait apparaître
des changements profonds par rapport à la version 1994. Il indique
de nouvelles approches, voire des exigences nouvelles dans le domaine
de la certification. La première modification concerne la série
ISO elle-même, une norme unique ISO 9001 (fusion des trois normes
version 1994) pour l’ensemble des organismes et activités, quels
que soient la taille ou le secteur d’activité (bien ou service,
privé ou public, grande ou petite). Les exigences de cette nouvelle
famille mettent l’accent sur l’engagement de la direction (leadership)
pour la mise en œuvre, la mesure et l’amélioration des processus
et de la qualité dans le but de satisfaire le client. Il s’agit
d’une véritable mutation par rapport à l’ancienne version
en parfaite harmonie avec la démarche « qualité
totale » aussi bien sur le plan organisationnel, mercatique qu’environnemental.
Sur le plan organisationnel
La restructuration des normes ISO invite les candidats
à revoir leur management et leur organisation. Les principes
essentiels définis dans l’ISO 9000:2000 et les lignes directrices
de l’ISO 9004:2000 ne reposent plus sur la notion d’assurance qualité
mais sur celle de management de la qualité, qui est un concept
plus large et plus intégrateur des parties concernées.
Cette révision est assez éloignée de l'esprit «
assurance-qualité », selon lequel il fallait démontrer
un fonctionnement conforme à un modèle pré-établi.
Dans l’ancien système, les activités sont définies
et documentées, le personnel est formé pour les tâches
prévues et un système de contrôle est mis en place
pour constater la conformité ou la non-conformité au manuel
d’assurance qualité. La principale préoccupation de l’ancienne
version est le respect des procédures à suivre pour s’assurer
d’un certain niveau de qualité du produit fabriqué ou
du service rendu. Une procédure est « une manière
spécifiée d'effectuer une activité ou un processus
» (ISO 9000 DIS). Elle est essentiellement une séquence
où l’on s'attache à décrire comment, dans quel
ordre et qui exécute les tâches. Cette démarche
permet à l’entreprise de répondre aux besoins spécifiés
par le client mais ne conduit pas forcément à la rationalisation
des activités qui concourent à la réalisation du
produit. On peut même craindre une augmentation des coûts/délais
dus à la gestion des procédures et au cloisonnement des
activités. C’est une logique de conformité, de tests et
d’inspections, ce qui réduit les chances d’améliorer et
de rationaliser les processus dans le cadre de la compétition
internationale.
La nouvelle norme ISO recommande la mise en place de processus
conduisant à la satisfaction des clients. C’est une véritable
mutation par rapport à l’ancienne version et une justification
de la fusion des trois normes.
Un processus est un « ensemble d’activités
corrélées ou interactives qui transforme des éléments
d’entrée en éléments de sortie » (ISO 9000
DIS) c’est-à-dire un ensemble d’activités qui se combinent
et interagissent pour fournir un produit destiné à un
client au sens large (interne ou externe à l’organisation).
| Entrée
=====> |
Ensemble
des processus =====> |
Sortie
: |
| Objectifs : les attentes et exigences du client |
Les moyens humains et matériels |
Le résultat, le produit, la satisfaction
du client |
C’est une chaîne finalisée qui traverse l’entreprise
dans une logique d’efficacité. Un processus (une activité)
peut contenir des procédures (manière de réaliser
l’activité), mais l'inverse n'est pas vrai. Un processus n’a
de raison d’être que s’il atteint un résultat. Quelques
exemples de processus : processus d’achat, de conception, de production,
de recrutement, de maintenance…
Exemple : le processus commercial en milieu industriel
:
Activité 1 |
Activité 2 |
Activité 3 |
Activité 4 |
Activité 5 |
Activité 6 |
| Prospection ou démarche client |
Élaboration du cahier des charges
technique |
Offre |
Contrat |
Livraison
Installation |
Suivi |
Ce processus met en lumière une chaîne d’activités
en interaction qui concourent à un résultat donné.
Il permet d’identifier et d’agir sur les différentes étapes
qui ne sont pas forcément réalisées par le même
service ou la même division. Si l’activité 1 est menée
par le service commercial, l’activité 2 peut l’être par
le bureau d’études ou le service technique. La visualisation
du processus permet de constater qu'un dysfonctionnement dans l’une
des activités peut compromettre la satisfaction globale du client.
Cette représentation donne aussi la possibilité de distinguer
les activités essentielles susceptibles d’apporter une valeur
ajoutée au client de celles qui ne sont pas indispensables.
Les processus sont nombreux et de niveaux différents
mais les entreprises ne retiennent que ceux qui leur sont essentiels.
On distingue les processus-clés ou de pilotage (déployer
une stratégie...) des sous-processus qui sont, eux, d’ordre opérationnel
(développer un produit, vendre, assurer le SAV, soigner un malade,
dispenser une formation...). Ces derniers doivent être en adéquation
avec le métier de l’organisation. IBM en compte quinze, Dassault
Aviation onze. Deux autres types de processus peuvent être ajoutés
: les processus de support (administrer, financer, acheter..) ou de
mesure (de la satisfaction des clients ou du personnel, des processus…).
Les processus peuvent être de niveaux différents. Ainsi
la division "Compresseur et groupes électrogènes"
du groupe ATLAS COPCO en compte trois : conception et fabrication, vente-livraison
et service après-vente pour cette famille de produits.
Il n’y a pas de typologie ni de cartographie des processus
(représentation des relations) normalisées. La norme ISO
laisse la liberté aux organisations de les identifier et de les
mesurer. Ainsi, un même processus peut être différent
d’une entreprise à une autre.
Cette vision de l’organisation n’était pas prévue
dans la norme ISO version 1994. C’est une véritable nouveauté.
Le management par processus est un concept qui s’est beaucoup développé
dans les années 1980-1990 ; il renvoie aux expériences
des grands groupes industriels, comme IBM en 1993. En effet, cette période
correspond à la mise en place d’une nouvelle démarche
organisationnelle connue sous le nom de reengineering ou reconfiguration.
Il s’agissait alors de "mettre l’entreprise à l’horizontal"
en jouant sur les processus et en créant des responsabilités
transversales dans le but de satisfaire le client. Cette nouvelle conception
de l’organisation passait par la réduction du nombre de postes
hiérarchiques intermédiaires ou élevés,
accompagnée de la mise en place de processus afin de réaliser
des économies et d’améliorer la souplesse et la réactivité
de la structure.
Dans certains cas, ces changements se sont soldés
par des échecs (démarche mal menée, forte résistance)
; dans d’autres, on note des améliorations des résultats.
Chez Sollac, le nombre d’erreurs de facturation a été
divisé par dix, chez Renault, les phases de conception et de
développement sont ramenées à trente mois, chez
Alcatel Réseaux d’entreprise, le processus de commande et livraison
est passé de trois semaines à 48 heures et chez IBM-Crédit,
le circuit de traitement des demandes de crédit de six jours
à quatre heures…
L’organisation par processus conduit les entreprises à
s’interroger sur le résultat de leur organisation et notamment,
avec les clients. C’est ce qui apparaît dans le nouveau processus
de certification (cadre général).
Le processus de certification ISO 9000 version 2000
| Étapes |
Description |
| Engagement de la direction |
Information des collaborateurs et déclaration
de l’engagement de la direction (annonce formelle et concrète
sur la manière de procéder). |
| Élaboration du système
qualité |
Diagnostic du système actuel (écarts
par rapport à la version 2000) et définition du système
qualité global. |
| Communication interne sur la qualité |
Sous forme de stage qualité interne ou
externe en fonction des attentes. |
| Identification et formalisation
des processus |
Organisation et description des processus et
établissement de leur cartographie (interactions). |
| Rédaction du système
documentaire qualité |
Le manuel qualité et les documents associés
pour une traçabilité des réalisations. |
| Élaboration d’un système
de mesure |
Ils servent à la mesure et au suivi des
objectifs fixés propres à chaque organisation. |
| Mesure de la satisfaction des clients |
Auprès d’un échantillon ou de
tous les clients. Elle doit être terminée avant l’audit
de certification. |
| Mesure de la conformité
du système |
Vérification de la conformité
par rapport aux exigences (processus, système qualité
globale) par un responsable qualité ou un consultant. |
| Actions correctives et préventives |
Actions réalisées dans le cadre
d’un plan d’amélioration de la qualité suivant un
calendrier. |
| Réalisation d’un audit à
blanc |
Audit réalisé par un consultant
externe en vue de la certification. |
| Actions correctives et préventives |
Correction, si nécessaire, des non-conformités. |
| Réalisation d’un audit de
certification |
Par un organisme certificateur : AFAQ, BVQI. |
NB : Ces étapes sont à adapter à
la situation de chaque organisation : existence ou non d’un service
qualité, d’une certification ancienne version, d’une reconfiguration
par processus…
La mesure de la satisfaction client (enquête de satisfaction
par exemple) fait partie des étapes obligatoires préalables
à la certification et place la démarche mercatique au
centre des préoccupations de toute l’organisation.
Sur le plan mercatique
Avec les exigences de la nouvelle norme ISO 9001 version
2000, la satisfaction des clients est le but que doit rechercher toute
organisation pour atteindre la performance.
L’orientation « écoute du client » qui était
du seul ressort du service commercial résultant d’un choix volontaire
de l’entreprise est devenue aujourd’hui le principe de base de la normalisation
des relations clients-fournisseurs. L’accent est non seulement mis sur
la satisfaction mais également sur la mesure.
La satisfaction (ou l'insatisfaction) est définie par l’AFNOR
comme « l’opinion d’un client résultant de l’écart
entre sa perception du produit ou service consommé et ses attentes
» (ISO/DIS 9000).
Ce concept qui date des années 1970 constitue un
des piliers de la démarche mercatique. Ces dernières années,
il a connu un renouveau avec son rapprochement des notions de fidélisation
et de valeur perçue. Dans un univers très concurrentiel,
la fidélité des clients est devenue un véritable
enjeu et toute la question est de savoir si un client satisfait reste
fidèle à la marque ou à l’enseigne.
Pour l’AFNOR, la probabilité est forte qu’un client
satisfait soit fidèle. La nouvelle norme ISO s’inscrit dans cette
problématique. Mais, pour connaître le degré de
satisfaction de l’acheteur, il faut mettre en œuvre des indicateurs.
| Chez le fournisseur |
Chez le client |
| Qualité voulue |
Qualité attendue |
| écart = indicateur de qualité
interne |
écart = indicateur de satisfaction |
| Qualité réalisée |
Qualité perçue |
Un indicateur est une mesure quantifiée qui permet
d’apprécier de manière pertinente et avec objectivité
des réalisations dans un domaine donné. Dans ce cas, il
s’agit de mesurer le niveau de satisfaction exprimé par le client.
La nouvelle norme laisse la liberté aux organisations de choisir
la méthode d’enquête et sa périodicité.
C’est ainsi qu’IBM a mis en place un dispositif différencié
de mesure de satisfaction de ses clients. Tout d’abord, une enquête
ponctuelle - une fois par an - de mesure de la satisfaction globale
des clients, à savoir l’ensemble des grands clients et un échantillon
des PME-PMI. Les aspects étudiés sont : la qualité
des produits, la réactivité, les méthodes de facturation,
le respect des engagements, etc.
Ensuite, à la fin de chaque transaction commerciale,
une enquête permanente auprès du client est conduite par
l’ingénieur commercial afin de mesurer plus spécifiquement
la satisfaction.
Il est bien évident que seul un dialogue permanent
permet de recueillir des informations utiles et de comprendre les attentes
du consommateur. Grâce aux technologies modernes, la mise en œuvre
de centre d’appel ou call center facilite cette mesure. Le système
CRM d’IBM (Customer Relationship Management ou Management de
la relation client), un centre d’appel unique, situé en Ecosse,
dispose de 800 personnes pour centraliser tous les contacts issus des
pays européens. Les informations permettent non seulement d’améliorer
la qualité mais également d’anticiper les besoins, ce
qui correspond à la définition même de la fidélisation.
Celle-ci vise non seulement à pérenniser la relation avec
l’acquéreur mais aussi à développer des activités
avec lui.
Ce processus d'amélioration continue pour atteindre la performance
est l’une des principales modifications de la norme ISO. Il prend différentes
formes : audits, actions correctives et préventives, analyse
des mesures faites…
La performance correspond à une information sur
les résultats de sortie obtenus des processus, des produits et
des services ce qui permet l'évaluation et la comparaison avec
les résultats passés et avec ceux des autres organisations.
La performance peut être exprimée en termes financiers
et non financiers. Des études récentes montrent qu’il
faut dorénavant mettre davantage l’accent sur les facteurs qui
créent de la valeur comme la satisfaction des clients et du personnel,
l’innovation et la qualité. En effet, ce sont les indicateurs
non financiers du tableau de bord qui possèdent un lien avec
la stratégie à long terme de l’entreprise et expliquent
en grande partie sa valeur et sa performance économique.
La démarche d’amélioration continue version
2000 fait de la cybernétique « PDCA » un sujet d’actualité.
Dès 1950, William Edwards Deming, statisticien et qualiticien
américain, introduit la dynamique de l’amélioration continue
retenue sous le nom de « cycle PDCA de Deming » ou «
roue de Deming » :
- P comme plan : définir le but, l’objectif
et les moyens d’y parvenir ;
- D comme do : s’instruire, s’entraîner
et exécuter les tâches définies ;
- C comme check : contrôler, mesurer les
écarts et comprendre les résultats obtenus ;
- A comme act : décider les mesures nécessaires
et les améliorations possibles.
Le cycle se déroule une nouvelle fois avec un
nouvel objectif pour atteindre le progrès. Cette amélioration
concerne aussi bien le produit que le processus et sous-tend tout système
de management et notamment celui de la sécurité et de l’environnement.
La norme ISO 9000 version 2000 s’inscrit dans cet esprit.
Sur le plan environnemental
ISO 9004 version 2000 insiste sur l’amélioration
des performances et la satisfaction des parties intéressées
(clients, fournisseurs, personnel et organisation). Elle intègre
la préoccupation environnementale et de sécurité
avec la notion de cycle de vie du produit. La norme environnementale
et de sécurité ISO 14001 est compatible avec la norme
ISO 9001. Cela permet aux organismes qui le souhaitent de développer
un système intégré QSE (qualité, sécurité,
environnement). La parution de la norme « ISO environnement »
date de 1996 (ISO 14000) ce qui explique son absence de la version 1994.
L’objectif de la norme est de sensibiliser les entreprises
à réduire les impacts environnementaux des produits tout
au long de leur cycle de vie et d’éliminer les matériaux
suspects. L’analyse du cycle de vie permet de quantifier les impacts
durant la vie entière en passant du fournisseur et de la production
à l’utilisateur chez le client et l’élimination finale
après usage. Le concept de cycle de vie du produit a été
introduit par Dean dans les années 1950. Dans sa forme théorique
ou classique, le produit passe par plusieurs phases, de sa naissance
jusqu’à sa mort. Il est associé à un rythme biologique.
Même si cette notion a soulevé d’énormes critiques
(déterministe, non prévisible…), elle a le mérite
d’attirer l’attention sur le caractère éphémère
des produits et sur la nécessité d’un cadre de planification.
On entend par produit tout ce qui fait l’objet d’une demande sur le
marché.
De nombreuses études confirment le raccourcissement
de la durée des cycles de vie tant des formes que des modèles
de produit : générations de microprocesseurs, modèles
de voitures…Cela provient aussi bien de la pression de la demande, plus
exigeante et plus instable, que de celle de l’offre où la concurrence
est vive et les progrès techniques intenses. Tous ces facteurs
posent le problème du recyclage des déchets. Selon les
dernières statistiques, de 1975 à 2002, plus d’un milliard
d’ordinateurs ont été mis sur le marché. On en
produit 100 millions par an dans le monde. Avec l’accélération
du renouvellement du parc informatique, la Commission européenne
constate que le nombre de déchets électroniques a triplé
sur la période 1998-2002. D’autres statistiques tirent la sonnette
d’alarme sur le temps de décomposition des détritus. Ainsi,
l’élimination d’un sac en plastique ou d’une carte téléphonique
nécessite mille ans, celle d’un briquet en plastique cent ans
ou encore d’un chewing-gum cinq ans.
L’intérêt du concept de cycle de vie du produit
est d’intégrer la préoccupation écologique dès
la conception du produit : peu consommateur d’énergie ou de matière
nuisible, matériau recyclable…
Le groupe Kodak a conçu un programme dans ce sens
tant au niveau des pellicules photographiques que des matières
premières ou des produits de développement et de tirage
utilisés. L’appareil "prêt à photographier"
(PAP) Kodak peut être recyclé jusqu’à 90 % de son
poids d’origine, la quantité de produit de traitement pour obtenir
une photographie couleur a été réduite de 95 %
en 20 ans, la cassette renfermant le film est en polystyrène
recyclable, le carton remplace le PVC des blisters, le procédé
SM permet aux magasins photos de réduire de 40 % le volume des
produits utilisés…
Le groupe Xerox va plus loin en intégrant le principe
de la reprise chez les clients des équipements en fin de vie.
Tout d’abord, 90 % des équipements conçus par Xerox sont
pensés pour que les éléments réutilisés
et recyclés représentent 90 % du poids de la machine.
Ensuite, le programme « retour des consommables » permet
de collecter et de retraiter les modules d’impression et les flacons
de toner pour les équipements de bureau et les imprimantes de
production. En 2000, les clients ont retourné plus de sept millions
de modules d’impression et de cartouches de toner. Cette récupération
est réutilisée pour la fabrication ou le reconditionnement
de nouveaux produits. Des initiatives de respect de l’environnement
existent ; certaines affichent des préoccupations d’ordre éthique
mais d’autres restent au stade de l’argument commercial. L’introduction
par la nouvelle certification ISO d’un système intégré
de management de la qualité et de l’environnement est certes
pertinente. Elle marque une avancée par rapport à l’ancienne
version.
Dans l’ensemble, ces nouvelles exigences et recommandations
ISO 9000:2000 dénotent un changement absolu par rapport aux normes
précédentes mais marquent un retour aux fondamentaux du
management de la qualité totale. Ce dernier « consiste
à engendrer des activités d’amélioration constante
des processus en y associant tous les membres de l’entreprise dans un
effort totalement intégré d’amélioration et de
performance globale ». Il s’agit d’une nouveauté relative.
Les nouvelles familles ISO mettent l’accent sur l’approche par processus
au lieu de celle par procédures, sur le management de la qualité
et de l’environnement au lieu de l’assurance qualité et insistent
sur la satisfaction des clients au sens large et sur l’amélioration
des performances. L’introduction du principe de l’amélioration
continue inscrit cette nouvelle version dans le mouvement et la rend
dynamique.
De même, la reconfiguration en processus permet
aux organisations de regrouper les différents corps de métier
pour atteindre le résultat. Elle donne au personnel une vue unifiée
de la gestion de la relation client et aux partenaires une vision d’une
entreprise unifiée. Si l’organisation en processus représente
une opportunité pour l’entreprise, sa mise en œuvre dans les
grandes structures à plusieurs sites ou établissements
comporte des complexités. Il faut non seulement remettre l’organisation
à plat mais aussi réfléchir sur son métier
pour dégager les processus opérationnels, de pilotage
et de support et par conséquent, revoir sa stratégie et
son offre produits. Cela a, à l’évidence, des répercussions
sur la gestion des ressources humaines : formation, information, motivation,
gestion des flux. Reconfigurer en processus c’est aussi chercher ceux
dont l’entreprise peut se passer et par conséquent, éliminer.
C’est, parfois, une véritable déstabilisation des hommes.
Ce n’est pas non plus facile à mettre en œuvre dans
les PME-PMI. Ces dernières sont souvent obligées de suivre
le mouvement de l’harmonisation des certifications à cause des
contrats qui les lient aux donneurs d’ordre. Cela représente
non seulement un coût organisationnel mais également financier
: mise en place des processus, préparation de la documentation,
formation du personnel, audits… Pour une petite structure de dix salariés
environ, il faut compter quatre à cinq mois de travail pour la
phase préparatoire à la certification et la mise en place
d’un poste de responsable qualité (exemple réel). En effet,
on constate un renouveau du rôle du qualiticien. De « gendarme
» de la procédure et de l’assurance qualité, ce
poste est devenu proche des comités de direction. Le responsable
qualité est présent de la conception du produit jusqu’à
son éventuel recyclage dans des domaines divers : écoute
du client, maîtrise des processus et des indicateurs de résultat,
veille informationnelle, conseils à l’ensemble des services et
sites. C’est un rôle plus transversal.
Quant au client, il dispose certes de davantage de garantie
que par le passé sur le sérieux de l’entreprise. Tout
est quasiment normalisé chez certains de ses fournisseurs, tout
est fait pour le satisfaire avec un certificat à l’appui. Mais
le recours systématique aux enquêtes de satisfaction ne
risque-t-il pas d’engendrer un phénomène de saturation,
voire de freiner la coopération du client qui ne sait pas comment
faire la différence entre des partenaires certifiés ?
Ces derniers sont libres de fixer leurs propres processus et leurs propres
indicateurs ou mesures. Sur quels critères le consommateur va-t-il
s’appuyer pour faire son choix ?
Mots-clés :
Assurance qualité, audit, certification, conformité, PDCA,
cycle de Deming, cycle de vie du produit, environnement, iso, management
de la qualité, norme, performance, procédure, processus,
qualité, satisfaction, valeur.
Sources :
« ISO 9000 version 2000 » - Henri Mitonneau, Édition
Dunod, 2001
« ISO 14001 : commentaires et conseils pratiques » - James
Lamprecht, Edition AFNOR, 2003
« L’enquête de satisfaction » - Sophie Millot, Édition
AFNOR, 2001
« Maîtriser les processus de l’entreprise » - M.Catan,
N.Idrissi, P.Knockaert, Éditions d’Organisation 2001
« Le guide du PDCA de Deming » - A.Chardonnet, D.Thibaudon,
Éditions d’Organisation 2003
http://www.iso.org/
http://www.afaq.fr/
http://www.afnor.fr/portail.asp
http://www.lesechos.fr/
(l’art du management)
http://www.usinenouvelle.fr/
- novembre 2002 (les directeurs qualité)
Remerciements pour leurs conseils à :
Richard Boudjenah, Chef de produits - Division Air Industriel et André
Georges Lafosse, Responsable Qualité du groupe ATLAS COPCO.
[1] Citation
extraite du site www.iso.ch
:
"On nous demande souvent la raison de l'incohérence apparente
entre le nom officiel de notre organisation écrit en toutes lettres,
soit Organisation internationale de normalisation, et son abréviation
ISO. Ne faudrait-il pas écrire "OIN" ? Oui, s'il s'agissait
d'un sigle, ce qui n'est pas le cas.
En fait, "ISO" est un mot dérivé du grec isos,
signifiant "égal", qui est utilisé comme racine
du préfixe " iso- " dans une multitude d'expressions
telles que "isométrique" (dont les dimensions sont
égales - Dictionnaire Petit Robert) ou "isonomie" (égalité
devant la loi - ibid.).
Du sens "égal" à la notion de "norme",
le cheminement conceptuel menant au choix d'" ISO " comme
nom de l'organisation est facile à saisir.
En outre, le nom ISO est utilisé dans le monde entier pour désigner
l'Organisation, ce qui évite la pléthore de sigles qui
découlerait de la traduction de l'expression "organisation
internationale de normalisation" dans les langues nationales des
différents membres de l'Organisation, par exemple OIN en français
ou IOS en anglais (pour International Organization for Standardization).
Quel que soit le pays, la forme abrégée du nom de l'Organisation
est toujours ISO."
.