Le BTS Banque
Le
référentiel du diplôme
Les
conditions d'ouverture des formations
Entretien
avec Jean-Claude Billiet - IGEN
Séminaire
du 12 et 13 mars 2002 à Montpellier
Accéder
au site
national "BTS Banque"
S'abonner
à la
liste de diffusion nationale "BTS Banque"
Ouvert depuis la rentrée 2001, le BTS Banque est
proposé en formation initiale ainsi qu'en formation continue.
Près d'un millier de candidats vont se présenter à
la première session d'examen qui se déroulera en juin
2002.
Ce BTS a pour objectif de former des collaborateurs d'établissements
du secteur bancaire, possédant de solides connaissances de l'économie
et du droit appliqués au activités bancaires ainsi qu'un
haut niveau de technicité en matière de gestion de clientèle.
Le diplôme comporte deux options, différenciées
dès la première année de formation :
- option " Marché des particuliers ",
- option " Marché des professionnels ".
A noter également qu'à la rentrée
2002, une mention complémentaire " Commercialisation des
services financiers et d'assurance ", devrait voir le jour.

Le
référentiel du diplôme
Texte de l'arrêté portant
définition et fixant les conditions de délivrance du brevet
de technicien supérieur " banque "
Option A marché des particuliers
Option B marché des professionnels
Télécharger le texte de l'arrêté
(pdf, 12 ko)

Les
conditions d'ouverture des formations
Le BTS Banque est une formation professionnelle de niveau
III qui vise la plus forte employabilité possible. Une lettre
contenant des recommandations sur les conditions d'ouverture des sections
de BTS Banque a été adressée aux recteurs.
Télécharger la lettre adressée
aux recteurs (pdf, 12 ko)

Entretien
Jean-Claude BILLIET - IGEN en charge de la mise en place
du BTS Banque répond aux questions de la rédaction de
la revue CPC-Info.
CPC INFO : Le BTS Banque vient d'être créé,
qui a eu l'idée de cette création ?
JC BILLIET : En réalité, on parlait de ce
BTS depuis presque dix ans ! Il a fallu attendre que nous soyons tous
prêts -je veux parler de l'éducation nationale, des professionnels
du secteur- et que la volonté de mettre en commun nos compétences
s'affirme au fil du temps. Des discussions sur ce sujet avaient d'ailleurs
eu lieu à plusieurs reprises, mais il faut reconnaître
que l'élément décisif a été, en avril
2000, la présentation par les professionnels de la banque, d'une
étude d'opportunité particulièrement documentée
devant la commission professionnelle consultative compétente.
Le vote unanime pour ce projet a marqué le commencement de nos
travaux.
CPC INFO : Pourquoi les professionnels sont-ils intéressés
par un tel diplôme ?
JC BILLIET : Les métiers de la banque et, plus généralement
de la finance, ont connu des évolutions très sensibles
au cours des dernières années. Les emplois traditionnels
ont considérablement changé sous l'influence des technologies
de l'information et de la communication, leur champ d'intervention s'est
tellement élargi, qu'il était devenu indispensable de
revoir totalement notre dispositif de formation. Les restructurations
intervenues dans le secteur ont également fait apparaître
la nécessité d'une réflexion sur les diplômes
proposés par l'éducation nationale. Ce qui est demandé
à un chargé de clientèle aujourd'hui n'a plus grand'
chose à voir avec les compétences du guichetier d'autrefois.
Par exemple, les banques recrutent actuellement de nombreux diplômés
de niveau III (BTS action commerciale ou force de vente, DUT etc.) pour
les préparer à leur futur emploi, dans le cadre de la
formation continue, les centres de formation professionnelle ne peuvent
proposer à ces jeunes qu'un seul diplôme : le brevet professionnel
banque … qui est un diplôme de niveau IV ! Tout cela n'était
pas cohérent.
CPC INFO : Quels sont les principes qui vous ont guidés
pendant l'élaboration de ce diplôme, quelle a été
votre démarche ?
JC BILLIET : Trois principes nous ont conduits.
Tout d'abord, il fallait faire en sorte que le BTS banque puisse jouer
son rôle aussi bien comme diplôme de formation initiale
qu'en formation continue. Ce n'était pas nécessairement
simple ! Souvent nous construisons des formations qui s'adressent à
des jeunes scolarisés en lycées et qui peuvent consacrer
deux années pleines à l'obtention du diplôme. Dans
le cas présent, il fallait également penser aux salariés
souhaitant préparer le diplôme en travaillant dans un établissement
du secteur bancaire. Cette préoccupation nous a amené
à proposer la création d'un BTS à deux options
: marché des particuliers, marché des professionnels,
tant les compétences à mobiliser sont différentes.
Deuxième principe, nous souhaitions une très forte lisibilité
du diplôme, ce qui signifiait une présentation très
ramassée sous la forme d'unités indépendantes.
Je pense que l'objectif a été atteint : la forme du référentiel
de certification en trois colonnes (activités, compétences,
savoirs associés) est facile à déchiffrer, la limitation
à quatre unités professionnelles rend la mise en œuvre
de la formation et son découpage dans les centres de formation
très aisée.
Enfin, il fallait tenir compte de l'origine de ceux qui se présenteront
à l'examen, qui peuvent déjà être titulaires
d'un diplôme professionnel de niveau Bac + 2 ou posséder
une solide expérience professionnelle antérieure. Nous
avons ainsi imaginé un système de dispense d'épreuves,
de validation d'acquis, qui permettra de valoriser les acquis de l'expérience.
J'utilise volontairement le terme " nous " car tous ces sujets
ont fait l'objet de discussions, parfois très animées
au sein des groupes de travail. Nous n'avons jamais écrit une
ligne sans qu'un accord sur les principes n'intervienne préalablement
et que l'unanimité se fasse sur le sujet.
CPC INFO : Justement, sur ce point, il semblerait
que vous ayez utilisé une méthodologie originale d'élaboration
…
JC BILLIET : Je ne pense pas qu'il y ait une grande originalité
en matière de méthode, le but était avant tout
d'être efficace ! Ainsi, les professionnels de la banque souhaitaient
être totalement impliqués dans l'écriture de diplôme.
Il faut d'ailleurs bien comprendre qu'ils ne constituent pas un ensemble
homogène, même s'ils ont une représentation commune
qu'est l'Association française des banques. Nous avons donc créé
un groupe de pilotage du diplôme qui rassemblait toutes les sensibilités
professionnelles, des représentants des salariés et des
responsables de l'éducation nationale. Ce groupe se réunissait
régulièrement afin de se prononcer sur les objectifs généraux
et d'examiner l'état d'avancement des productions.
Parallèlement, des groupes de travail, correspondant à
chacune des unités professionnelles du diplôme, étaient
chargés de la rédaction du diplôme. Chaque groupe
était composé de deux enseignants appartenant à
l'éducation nationale et de deux professionnels du secteur bancaire.
Des procédures de validation croisée ont fonctionné
entre les deux instances.
Ainsi, en mettant en application les méthodes du management par
les objectifs, l'écriture du diplôme n'a posé aucun
problème majeur. Un détail m'a d'ailleurs beaucoup marqué
: lors de la première réunion l'éducation nationale
et les professionnels se regardaient avec une certaine méfiance,
puis les relations ont évolué, la confiance et l'estime
réciproque se sont imposées à mesure que le diplôme
avançait.
D'ailleurs nous ne souhaitons pas nous arrêter en si bon chemin
! Nous avons prévu, dans le cadre de la CPC compétente,
de créer un groupe de suivi des formations bancaires, qui s'occupera
d'analyser les évolutions du secteur, de réaliser une
veille technologique et d'adapter le dispositif de formation. Ce groupe
mettra également ses compétences au service des académies
qui en exprimeront le souhait, afin de créer des partenariats
locaux efficaces.
CPC INFO : Comment voyez-vous l'avenir de ce diplôme
?
JC BILLIET : Je pense que ce BTS présente
une forte employabilité … à condition de ne pas ouvrir
des sections de manière inconsidérée. En tout premier
lieu, il convient de trouver un équilibre satisfaisant entre
la préparation à ce diplôme par la voie de la formation
continue et celle de la formation initiale, ce qui suppose quelques
ouvertures en lycée au cours des prochaines années. Cela
étant, il faut éviter d'ouvrir des sections dans n'importe
quelles conditions. La Direction de l'enseignement supérieur
du Ministère a écrit aux académies pour les inciter
à la plus grande prudence en la matière, surtout lorsque
les conditions ne sont pas réunies (métropoles régionales,
équipes pédagogiques formées, forte implication
des professionnels locaux, etc.). Ensuite, il faut absolument éviter
la saturation du marché de l'emploi et trouver l'adéquation
entre la carte des formations et les besoins économiques. Cela
n'est possible que si les différents acteurs prennent leurs responsabilités,
ce dont je ne doute pas un seul instant.