Pour ouvrir la journée
consacrée à l'enseignement secondaire, je
voudrai souligner l'importance de ce colloque (Édition
électronique en littérature et dictionnairique
- Rouen 2002) qui va donner lieu à une réflexion
approfondie et spécialisée sur des thèmes
importants en ce qui concerne l'enseignement des Lettres
: dictionnaires et bases de textes numérisés,
moteurs de recherche
Je dirai simplement quelques mots d'ouverture afin de ne
pas prendre sur le temps de parole ni des scientifiques
qui nous font part de leurs recherches, ni des enseignants
qui, eux, de leur côté, sur le terrain, contribuent
à faire vivre et à enrichir ces nouveaux outils.
Pour quelles raisons ai-je accepté
de venir ouvrir cette matinée ?
La première, au titre du groupe
des Lettres de l'Inspection générale au nom
duquel je m'exprime ici, est l'importance que nous accordons
à la relation entre les secteurs avancés de
la recherche universitaire dont nous avons ici l'exemple,
et les mises en pratique de cette recherche par les acteurs
de terrain.
Dans ces domaines pionniers, les enseignants ont travaillé
depuis plusieurs décennies en liaison avec les chercheurs
et ce qui se passe à l'intérieur de ce colloque,
cette semaine, correspond à une orientation forte
du groupe des Lettres de l'Inspection générale
: la volonté de ne pas dissocier la recherche de
haut niveau et la pédagogie.
Ainsi, à l'appui de cette affirmation, l'exemple
de l'Université d'été organisée
l'an dernier, en liaison avec l'Ecole Normale Supérieure,
autour du thème le texte et l'image dans l'enseignement
des Lettres et celle qui aura lieu cette année, fin
août, " Patrimoine et littérature ".
Ces Universités d'été sont l'occasion
d'une réflexion commune et d'un échange entre
les universitaires dans les secteurs avancés de la
recherche et ceux des enseignants qui sont eux aussi en
pointe dans le domaine de la recherche pédagogique,
qui mérite pleinement le nom de recherche appliquée.
Les réactions qui résultent de ces initiatives
sont extrêmement positives des deux côtés
: les enseignants se félicitent de pouvoir remettre
en cause ou renouveler leurs pratiques au contact des universitaires
et des professionnels du plus haut niveau, inversement les
universitaires et les professionnels reçoivent avec
intérêt le retour d'expériences menées
dans les classes, domaine toujours un peu mythique et inatteignable.
Deuxième point important : la
nécessité et le plaisir d'un contact avec
le réseau
Lettres animé par la Direction de la technologie,
réseau vigilant et actif pour mettre les innovation
technologiques au service des priorités éducatives,
inventif dans les pratiques nouvelles permises par ces outils
pour servir les réformes.
Je voudrai témoigner à tous que l'Inspection
générale est très attentive aux perspectives
de travail ouvertes par ces technologies nouvelles et à
l'apport que constituent, pour sa réflexion, les
expériences conduites en français et en langues
anciennes. Les enseignants de Lettres se sont appropriés,
de façon déterminée, les différents
sites Internet. Lors d'une réunion initiée
par le Directeur de l'enseignement scolaire, avec l'ensemble
des Doyens de l'Inspection générale, pour
la présentation du site Eduscol , la vitalité
du site de français a été soulignée
pour donner l'image de ce qui se passe dans les classes.
De nombreux sites : Educnet,
Eduscol,
les sites du CNDP,
les sites
académiques offrent beaucoup d'exemples, de possibilités
d'information, de suggestions pour tous les collègues.
Un dernier mot concernant l'enquête
en cours, au sein de l'Inspection générale,
sur " L'école
et les réseaux numériques " , le
groupe des Lettres a choisi de s'intéresser au concours
d'écriture Arachnoé
et à l'écriture collective d'un journal dans
l'académie d'Aix-Marseille : Le
méditerranéen.
Voilà les témoignages que je souhaitais donner
de l'intérêt de l'Inspection générale
de Lettres et de son engagement.
Pour le colloque qui se poursuit aujourd'hui,
après avoir travaillé sur les dictionnaires,
les moteurs de recherche, vous allez aborder les bases concernant
les langues anciennes (" The
Perseus Digital Library ", " The
Latin Library "), ainsi que " Basile
" pour la littérature française, réalisée
sous la direction de M. le Professeur Claude Blum, dont
le programme déjà réalisé me
paraît remarquable par sa qualité scientifique
et sa cohérence. Il s'agit d'un corpus narratif très
vaste avec une ampleur jamais atteinte. Si l'on travaille
sur le Moyen-Âge ou le XVIIIe siècle, on a
la possibilité de confronter les uvres majeures,
numérisées dans leur intégralité,
avec des uvres moins connues, ce qui autrement demanderait
des efforts considérables et pas toujours fructueux
en fonction du lieu où l'on se trouve. Donc "
Basile " offre un texte intégral, des uvres
complètes, un texte authentifié avec les règles
que vous vous êtes données sur le plan scientifique
: choix de l'édition de référence,
différents niveaux d'édition. Il y a donc
là un très vaste chantier assumé par
des équipes universitaires en différents lieux.
La réunion sera l'occasion d'examiner comment ces
bases de données peuvent contribuer à susciter
de nouvelles pratiques de lecture et d'écriture,
en particulier en fonction des nouvelles orientations comme
la lecture cursive, l'un des points importants de la réforme
de l'enseignement du français. Les bases donnent
la possibilité de lire ou de parcourir en toute sécurité,
en toute garantie de qualité de grands ensembles
; d'associer textes connus et textes rares. Elles développent
une aptitude à lire, à la fois synthétique
et précise, sur un ensemble long. L'utilisation de
la lexicologie permet vraiment de construire, ce qui souvent
pose problème dans les classes, la lecture maîtrisée,
analytique, d'un vaste ensemble.
Pour le dire brièvement, lecture maîtrisée,
lecture de grands ensembles, hyperlecture aussi avec l'association
de textes, d'images, la création de commentaires
personnels, bénéficient de ces nouveaux outils.
Ainsi que les nouvelles formes d'écriture. Je terminerai
sur ce point car viennent d'être remis les prix du
concours d'écriture sur le web " Arachnoé
". Cette année, dans le cadre de l'année
Hugo, ce concours était national et construit autour
de Victor Hugo. La créativité des classes
- 1200 élèves au total y ont participé
- en matière d'écriture et de composition
d'hypertexte est tout à fait convaincante.
Hommage donc à la créativité
de tous, enseignants comme enseignés, qui est permise
par ces bases nouvelles.