Principe : cette technique n'utilise par les satellites. Un quasar lointain émet un signal électromagnétique d'une longueur d'onde centimétrique qui est reçu sur Terre par deux antennes astronomiques A et B. Ces ondes sont des signaux aléatoires. Un même signal ne sera pas reçu au même moment par l'antenne A et par l'antenne B compte tenu de la différence de distance à parcourir. Cette distance d est égale au décalage du temps t2-t1 de réception du signal par les deux antennes mutiplié par c, la vitesse de la lumière.
Connaissant d=(t2-t1)*c, on peut évaluer la distance D entre les deux antennes. Dans le triangle rectangle D = d / cos a
L'angle a est un paramètre du quasar.

Principe du VLBI - site de la NASA
L'écart de temps très faible entre la réception du signal par chacune des antennes, de l'ordre d'une dizaine de millisecondes pour deux antennes situées à 3000 km de distance, nécessite des horloges ayant une précision de l'ordre de 10-11 seconde.
Localisation des sites VLBI. La Nasa .
Actuellement, plus de 40 organisations et 17 pays reçoivent et traitent des données VLBI.
La première preuve par mesures directes de la dérive des continents :En 1986, après cinq ans de mesures mensuelles par VLBI de la distance entre Westford près de Boston aux Etats-Unis et Onsala en Norvège, les géodésiens ont estimé la vitesse de l'ouverture de l'Atlantique à 2 cm par an.La distance entre Westford et Wettzell en Allemagne a été mesurée toutes les semaines entre 1984 et 1993 par VLBI. Voir document ci-dessous. On peut évaluer la vitesse de l'écartement entre les deux lieux dû à l'ouverture de l'Atlantique. On constate que la précision s'améliore très nettement après 1988.Grâce aux progrès technologiques : de centimétrique, elle devient millimétrique.Distance entre Westford aux Etats-Unis et Wetzell en Allemagne mesurée toutes les semaines entre 1984 et 1993.Document T. Herring in A. Cazenave et K. Feigl- Formes et mouvements de la terre, satellites et géodésie.1995- Belin CNRS
Les barres indiquent les incertitudes de la mesure déduites de l'écart type de chaque estimation.en rouge : les données du modèle NUVEL -1
en pointillés : données selon le modèle modifié
en noir : les données géodésiques
Résultats
VLBI 17,3 + ou - 0,2 mm /an modèle tectonique NUVEL -1 18,8 mm/an Corrélation entre les deux méthodes d'estimation des vitesses aux limites de plaques.D'après Robbin et al. 1993 in A. Cazenave et K. Feigl- Formes et mouvements de la Terre, satellites et géodésie.1995- Belin CNRS
En abscisses : la valeur prédite par le modèle NUVEL-1 pour la vitesse relative entre les stations situées sur deux plaques différentes.
En ordonnés : la même quantité estimée par laser + VLBI. Le coefficient de corrélation entre les deux droites est 0,994 très proche de la valeur 1 qui indique l'accord parfait. La pente est de 0,937 + ou - 0,009 ce qui suggère que les taux géodésiques sont 6% moins rapides que les taux géologiques.Les géophysiciens considèrent que la corrélation est suffisamment proche pour confirmer que les vitesses des plaques sont constantes sur une échelle de plusieurs millions d'années.sites à consulter :
Ouvrage
- Anny Cazenave- Kurt Feigl- - 1994."Formes et mouvements de la Terre, satellites et géodésie"- CNRS éditions