La Madeleine à la veilleuse - René Char et Georges de La Tour
Georges de LA TOUR
Job et sa femme
,
vers 1640-1645
huile sur toile, 145 cm x 97 cm
Épinal, Musée départemental d'art ancien et contemporain.


René CHAR,
Madeleine à la veilleuse,
in Fureur et mystère, La Fontaine narrative, 1947
(Édition Gallimard - 1983)


Acquis par le musée d'Épinal en 1825, le tableau a été attribué à Georges de La Tour en 1922, et depuis considéré comme une œuvre majeure du peintre.

René Char a vu le tableau du Musée d'Épinal lors de l'exposition " Les Peintres de la Réalité en France au XVIIe siècle ", organisée à l'Orangerie des Tuileries de novembre 1934 à février 1935. Le tableau était alors intitulé " Le prisonnier ".

FEUILLETS D'HYPNOS (1943-1944)

... Ces notes marquent la résistance d'un humanisme conscient de ses devoirs, discret sur ses vertus, désirant réserver l'inaccessible champ libre à la fantaisie de ses soleils, et décidé à payer le prix pour cela.

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     La reproduction en couleur du Prisonnier de Georges de La Tour que j'ai piquée sur le mur de chaux de la pièce où je travaille semble, avec le temps, réfléchir son sens dans notre condition. Elle serre le cœur mais aussi désaltère ! Depuis deux ans, pas un réfractaire qui n'ait, passant la porte, brûlé ses yeux aux preuves de cette chandelle. La femme explique, l'emmuré écoute. Les mots qui tombent de cette terrestre silhouette d'ange rouge sont des mots essentiels, des mots qui portent immédiatement secours. Au fond du cachot, les minutes de suif de la clarté tirent et diluent les traits de l'homme assis. Sa maigreur d'ortie sèche, je ne vois pas un souvenir pour la faire frissonner. L'écuelle est une ruine. Mais la robe gonflée emplit soudain tout le cachot. Le Verbe de la femme donne naissance à l'inespéré mieux que n'importe quelle aurore.
     Reconnaissance à Georges de La Tour qui maîtrisa les ténébres hitlériennes avec un dialogue d'êtres humains. 

Le sujet du tableau a été déterminé après l'exposition de l'Orangerie. L'accord des spécialistes s'est fait sur l'explication proposée en 1935 par Jean Lafond et le Dr Ronot, développée par Weisbach en 1936 : " Job et sa femme ".

Sélection de sites

Georges de La Tour

René Char

  • René Char : Souvenirs désordonnés de José Corti
    L'éditeur José Corti a publié : Le Marteau sans maître et Ralentir travaux (Breton, Char, Éluard). Dans ses souvenirs, José Corti
    " Char ne croit probablement pas beaucoup à l'inspiration ; mais, au hasard d'une rencontre, à l'aimantation des êtres et des choses. Il sait que le poète est un médium qui perçoit, sait le lieu et la prise. Quand il laboure, il pèse sur la terre ; il va toujours plus loin ; il revient sur le sillon autant de fois qu'il faut. Un manuscrit de Char est toujours la recherche de la dernière perfection. Quand on en est à l'impression, le repentir intervient : un mot, une inversion et le livre n'est pas plutôt achevé que se révèle ce qui aurait pu le parfaire. Tel poème de quelques vers n'a pas eu moins de sept ou huit états dont chacun a été définitif pendant quelques heures ou quelques jours. "
  • Quelques mots sur René Char, sur le site du Club des poètes