La Serinette - Olivier PY et Jean-Baptiste Siméon Chardin
Jean-Baptiste Siméon CHARDIN
La Serinette
, 1751
huile sur toile,  © [Louvre.edu] Photo Erich Lessing

Olivier PY, La Serinette, 1995

La Serinette est un dramaticule de La Servante, histoire sans fin en cinq pièces et cinq dramaticules.

La Serinette a été créée au Festival d'Avignon en 1995, reprise en 1996 à la Manufacture des Œillets, et publiée aux Éditions Actes-Sud ~ Papiers.

La Serinette est le monologue d'Agnès, l'héroïne de L'Architecte et la forêt, une des cinq pièces qui composent le cycle de La Servante. Après la mort d'Uzza (qui l'a enlevée à Arnolphe - la pièce reprend le thème de L'École des femmes), Agnès part avec un message d'espoir délivré par un inconnu rencontré quelques jours plus tôt :

 " Je marche, il fait presque nuit. Je vois un garçon qui pleure sur un banc.
Je lui donne un mouchoir. Le jeune homme dit qu'il pleure parce qu'il vient de voir la Serinette de Chardin. Je réponds : "Ça n'est pas si grave." Le jeune homme dit : "C'est grave ! Je ne sais pas qui va gagner, ma maladie ou la serinette." Je ne comprends pas.
Alors le jeune homme dit : "Je vais mourir et je ne sais pas si j'aurai le temps d'entendre chanter mon âme."

Agnès lui demande des précisions sur ce tableau. Le jeune homme lui raconte alors une histoire étrange :

" D'autres viennent, comme moi, tous les jours pour ce tableau. Ce tableau se soutient d'une attente, c'est plus qu'un tableau, c'est une injonction. " Il dit que ce tableau exige de ses fidèles - c'est déjà beaucoup pour un tableau d'avoir des fidèles - qu'il exige une chose impossible, l'attente d'un événement qui n'adviendra pas, qui ne peut pas advenir. Il dit que ce tableau nous permet d'espérer sans espoir. "

Le jeune homme lui enjoint de s'unir à eux :

" À tous ceux qui vont voir cette peinture. À tous ceux qui deviennent les témoins de cet instant encadré. "

Agnès se soumet à son injonction.

Me voilà au Louvre pour voir le tableau qu'il a dit.

Jean-Siméon Chardin, mort le 6 décembre 1779 au Louvre, enterré à l'église de Saint-Germain-l'Auxerrois. Fin du premier épisode, exit le jeune homme larmoyant. Je suis au Louvre. C'est un petit format. Il est entouré de dorures exagérées. Il est sombre et nacré, vert sur noir. On l'a vitré. J'ai lu tout à l'heure qu'on avait inventé de nouvelles vitres antireflets.

Page suivante
Page précédente

Documents complémentaires

- La serinette, instrument de musique mécanique : description et historique sur le site de l'Association des amis de la musique mécanique avec une reproduction de l'instrument et une gravure d'après le tableau de Chardin.
Un historique en anglais.
Une description par Bernardin de Saint-Pierre dans Harmonies de la nature : " Un mécanicien ingénieux dispose des tuyaux harmonieux dans une boîte ; il y fait correspondre des notes saillantes, qu' il fiche sur un cylindre suspendu à un essieu : il le fait mouvoir ; et aussitôt on entend un air agréable. Il relève par des crans les pôles de son cylindre, et de nouveaux airs viennent successivement charmer les oreilles. "

- Le tableau de Chardin : il existe deux versions de ce tableau, celle du Louvre (1751) et celle du musée Frick de New-York : Femme avec une serinette, peinte en 1753.

- La Servante : présentation de l'œuvre et de son auteur sur le site du Centre dramatique national d'Orléans.
- La Serinette : article de Jean-Claude Liéber, Université François Rabelais, Tours, dans la revue Littérature, n° 106, juin 1997.