Conclusion

Notre travail a essayé de montrer l'influence de "La Malédiction paternelle" de Greuze sur trois extraits déterminants des Thibault de Roger Martin Du Gard.

Greuze puise l'origine de la " Malédiction paternelle" dans l'Évangile et plus précisément dans la Parabole de l'enfant prodigue. Or, cet extrait biblique est cité comme référence chez Martin Du Gard par l'abbé Vécard. Nous pouvons donc constater la profonde imbrication des tableaux de Greuze et des textes littéraires précités.

Le dix-huitième siècle - Diderot s'en fait l'écho - appréciait la " peinture de genre " de Greuze : les sujets traités renouvelaient l'inspiration de la peinture jusqu'alors majoritairement mythologique, historique ou religieuse.

Aujourd'hui, même si le goût a changé, nous admirons ces œuvres fortes. Certes ce n'est pas l'aspect moralisateur qui retient notre attention mais l'évocation " sublime " de cette tragédie familiale où le pardon n'a pas de place mais la haine, où la mort répond à l'abandon et à l'absence, où le désespoir fait écho à l'incompréhension des êtres.

Ce sont les drames humains qui nous émeuvent plus que le " bon droit du père " ou la " faute du fils ". Avec le temps, l'autorité paternelle a évolué, les fils n'ont plus à sacrifier leur vie pour assurer la subsistance de leurs parents et il nous paraît normal qu'ils pensent à leur carrière.
En revanche subsistent les malentendus, les heurts, les affrontements entre générations qui peuvent conduire au drame. En ce sens, la peinture de Greuze est éternelle et peut servir d'écrin à la littérature contemporaine.