
Pierre-Paul Rubens, La mort
de Didon
huile sur toile 183 cm x 117 cm
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[Louvre.edu] - Photo
RMN
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L'histoire Parti de Troie, après la chute de la ville par les Grecs, Enée avec ses compagnons arrive à Carthage. La reine Didon tombe amoureuse de l'étranger. Le héros en oublie sa mission : la fondation d'une nouvelle ville. Rappelé à l'ordre par les dieux, il décide, craignant le désespoir de Didon de partir de Carthage sans prendre congé de la reine. Didon vient de comprendre l'abandon de celui qu'elle aime. Elle fait dresser un bûcher dans l'intention d'y brûler les armes, les vêtements de l'impie, le lit même où les deux amants se sont unis. Mais cette mise en scène n'est imaginée que pour tromper la sur et la nourrice de Didon. Dans la violence de sa passion, c'est à elle-même que la reine destine le bûcher. Virgile au chant IV de l' Enéide fait le récit du suicide de Didon : v 642 et sqq. |
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At trepida et coeptis immanibus effera Dido sanguineam volvens aciem maculisque trementis interfusa genas et pallida morte futura, interiora domus inrumpit limina et altos conscendit furibunda gradus ensemque recludit Dardanium, non hos quaesitum munus in usus. Hic, postquam Iliacas vestis notumque cubile conspexit, paulum lacrimis et mente morata incubuitque toro dixitque novissima verba : << Dulces exuviae, dum fata deusque sinebat, accipite hanc animam meque his exsolvite curis, Vixi et quem dederat cursum fortuna peregi, et nunc magna mei sub terras ibit imago. Urbem praeclaram statui, mea moenia vidi, ulta virum poenas inimico a fratre recepi, felix, heu nimium felix, si litora tantum numquam Dardaniae tetigissent nostra carinae. >> |
" Effarée, farouche de son cruel dessein, Didon, un éclat sanglant dans les yeux, les joues tremblantes et parsemées de taches, pâle d'une mort prochaine, se précipite à l'intérieur du palais, monte, en proie à la folie, les hautes marches du bûcher, dégaine l'épée du Dardanien : ce n'était pas pour cet usage qu'il la lui avait offerte ! Après avoir jeté un regard sur les vêtements d'Ilion, sur la couche familière, elle a versé quelques larmes, s'est abandonnée à ses pensées puis s'est jetée sur le lit et a fait entendre ces dernières paroles : << Vêtements chers à mon cur, tant que les destins et les dieux le permirent, recevez mon âme et délivrez-moi de mes tourments, j'ai fini de vivre et la course que le destin m' a accordée, je l'ai accomplie. Maintenant c'est une grande ombre qui va aller sous la terre. J'ai bâti une ville magnifique, j'ai vu mes remparts, j'ai vengé mon mari et puni mon frère meurtrier. Heureuse, hélas trop heureuse si seulement les vaisseaux dardaniens n'avaient jamais touché nos côtes. >> |
| Dixit,
et os impressa toro << Moriemur inultae, sed moriamur >> ait. << Sic, sic iuvat ire sub umbras. Hauriat hunc oculis ignem crudelis ab alto Dardanus, et nostrae secum ferat omina mortis.>> Dixerat, atque illam media inter talia ferro conlapsam aspiciunt comites, ensemque cruore spumantem sparsasque manus. It clamor ad alta atria ; concussam bacchatur Fama per urbem. Lamentis gemituque et femineo ululatu tecta fremunt, resonat magnis plangoribus aether, non aliter quam si immissis ruat hostibus omnis Karthago aut antiqua Tyros, flammaeque furentes culmina perque hominum volvantur perque deorum. " |
Elle dit et pressant de ses lèvres la couche : << Je mourrai sans vengeance, mais mourons. Il me plaît d'aller ainsi chez les Ombres. Que de la haute mer, les flammes de mon bûcher épuisent les regards du cruel Dardanien et qu'il emporte avec lui le mauvais présage de ma mort. >> Elle parlait encore lorsque ses compagnes voient la malheureuse tomber sous le fer, le sang écumer sur l'épée et se répandre sur ses mains. Une clameur s'élève sous les plafonds du palais ; la Renommée semblable à une Bacchante se déchaîne dans la ville effarée. Les maisons résonnent des lamentations, des gémissements et du cri perçant des femmes. L'air retentit d'immenses clameurs comme si les ennemis dans une violente charge, envahissaient tout Carthage et l'antique Tyr et que les flammes furieuses déferlent sur les toits des hommes et des dieux. " |
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Le tableau : La mort de Didon Description Rubens représente Didon au moment où la reine désespérée de l'abandon d'Enée, se porte le coup fatal. Didon assise sur le lit, témoin de ses amours avec Enée, se perce le cur avec l'épée du Dardanien. La mise en scène Didon
apparaît comme un personnage de tragédie : la grandeur
du destin est associée à la
violence des sentiments et à l'accomplissement du
geste fatal. Conclusion Rubens est fidèle au récit de Virgile ; il choisit de mettre en lumière le sacrifice de Didon, sacrifice dicté par la passion amoureuse, par le désespoir de l'abandon, par l'impossibilité de vivre hors de la présence de l'amant. Le corps de Didon, à la grâce épanouie, illumine la toile. Didon rejoint le panthéon des âmes fortes par son geste sublime. Mourir pour une reine ne peut être qu'un rendez-vous avec l'Histoire. |
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