Conclusion

Au terme de notre étude , nous pouvons dégager certains éléments communs.

Les six tableaux étudiés

François Boucher : L'enlèvement d'Europe
Nicolas Poussin :
L'enlèvement des Sabines
Sebastiano Conca : Borée enlevant Orithyie
Nicolò dell’Abate : L’Enlèvement de Proserpine
Pierre-Paul Prud'hon : L'enlèvement de Psyché
Guido Reni :
L'enlèvement d'Hélène

présentent six histoires où :

- la beauté est toujours le moteur des événements,
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les Dieux ou les princes sont toujours les ravisseurs,
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la ruse et la violence sont les moyens d'action,
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la soumission à la volonté divine est parfois la conduite des victimes.

Ces rapts ont toujours pour cause la passion amoureuse ou le désir de mariage pour fonder une famille ou asseoir les bases d'un peuple.

Ces scènes d'enlèvement frappent notre imaginaire et appartiennent à notre mémoire collective. Poète, orateur, historien grec ou latin ont transmis ces faits légendaires aux générations suivantes.

A l'heure où la culture classique est menacée, il est important de montrer à tous que l'histoire de la peinture est riche de cet héritage et que la compréhension des œuvres se nourrit de ces références à l'Antiquité.

En outre, notre étude a pu montrer que la légende est la parabole poétique entre autres :

- de phénomènes naturels (le cycle des saisons)
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de réalités culturelles et économiques (prédominance de l'Asie occidentale sur les îles de la mer Egée)
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de l'exaltation d'une identité commune retrouvée (l'union des cités grecques en vue de la guerre de Troie.)

Notre étude commençait par l'enlèvement d'Europe, notre propos s'achève sur la victoire des Grecs unis sur l'Asie occidentale. L'histoire et la mythologie en témoignent : la Grèce et les îles de la mer Egée se sont enrichies au contact des différences, la Grèce y a aussi gagné une identité "européenne" avant la lettre, preuve s'il en était besoin que l'histoire, "trésor pour toujours" selon le mot de Thucydide, peut servir d'exemple au présent.