Les conditions d'une crue "millénale"
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D'abondantes
précipitations sur le haut pays. Le graphique ci-contre montre les variations des hauteurs d'eau écoulées par la Var du 8 octobre au 18 novembre 1994 et le pic de la crue le 5novembre.Il a été établi d'aprés les données de la DIREN PACA. Les mesures ont été effectuées au Pont Napoléon III, à l'embouchure du Var. L'augmentation des débits observable sur le graphique s'explique par de fortes pluies qui ont affectées les montagnes du nord du département et dépassent 100 mm alors qu'elles restent faibles sur le littoral ce samedi 5 novembre ( 37 mm à Nice-aéroport).. |
| Ces précipitations s'inscrivent dans un épisode pluvieux de quatre jours qui, du 2 au 5 novembre, déverse fréquemment plus de 200 mm sur les stations du haut pays. Les pluies ont été généralisées sur l'ensemble du bassin versant du Var et de ses affluents : ainsi, même si cet épisode n'a pas permis d'enregistrer de records absolus, son étendue géographique est responsable de la montée en charge exceptionnelle des cours d'eau. C'est tout un bassin versant qui a collecté les précipitations progressivement transformées en une véritable "déferlante" qui, avant même d'affecter les quartiers ouest de Nice, a semé la consternation en amont. La neige a sans doute évité des dégâts plus importants : les précipitations qui sont tombées sous cette forme au dessus de 1 800 mètres ont été retenues, capitalisées, et n'ont pas alimenté l'onde de crue. |
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Image satellitale NOAA du 5 novembre 1994 à 7 h 45 UTC (canal du visible) |
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| Une inondation localement accentuée par les effets du Vent. L'écoulement des eaux vers la mer a été contrarié par un vent de mer (soufflant du sud), ce qui a provoqué un refoulement des eaux et contribué à augmenter le champ de l'inondation au niveau de l'estuaire. Pourquoi parler de crue "millenale" ? Le débit du Var qui est ordinairement de 50 à 100 m3 seconde est monté en l'espace de quelques heures à 1000 m3 et a atteint 3200 m3/sec. Voici un tableau qui classait les probabilités de crue :
Selon ces estimations, les digues calibrées pour la crue centennale (soit 3000 m3/sec) ont été débordées et l'explication de la catastrophe apparaissait clairement. Quatre ans aprés l'inondation une étude a été financée par l'Etat pour définir une crue de référence qui pourrait servir de base pour la construction d'un dispositif de protection. Les conclusions sont différentes de ce qui était admis auparavant :
A la lumière de ces calculs, il apparaît que la crue de 1994 était donc moins exceptionnelle que l'on pouvait le croire. Il s'avère même qu'elle n'a pas atteint le volume désormais admis comme étant celuui de la crue centennale. Ceci est un bon exemple de requalification d'un événement naturel. Alors, comment expliquer les conséquences de la crue sur la basse plaine du Var ? Il apparait désormais qu'elle aurait sans doute pu être évitée si la digue détruite lors de l'aménagement d'une bretelle de l'autoroute A 8 avait été reconstruite, ce qui n'avait pas paru nécessaire à l'époque. La catastrophe "naturelle" s'éloigne à grand pas... |
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