Iconographie antique
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LES REPRÉSENTATIONS DE DIONYSOS
Dionysos commence à apparaître dans la céramique de la fin du VIe siècle av. J.-C.sous la forme d'un adulte à barbe pointue, vêtu d'une longue robe orientale couvrant une tunique.
© Louvre.edu Dans les trois amphores conservées au Louvre et reproduites dans [Louvre.edu], le cortège de Dionysos est représenté au revers d'une scène des travaux d'Hercule. Le dieu se tient debout, la tête couronnée de lierre, tenant un vase (un keros, vase en forme de corne, ou un canthare, vase à deux anses) ou une guirlande de vigne à la main, et il fait face à l'un des fidèles de son cortège, un satyre dans l'amphore de 540 av. J.-C., une ménade dans celles de 520 et de 510 av. J.-C..
© Louvre.edu Au Ve siècle av. J.-C., sa figure devient moins solennelle : dans la sculpture de 480-460 av. J.-C., on voit un dieu toujours barbu mais souriant et vu de face. Au dos de la coupe représentant un athlète, le dieu est représenté assis, tenant également un keros, mais le personnage de satyre qui s'approche de lui semble le toucher familièrement.
Si l'on se borne aux sculptures du Louvre, la période hellénistique et impériale introduit d'autres épisodes de la vie du dieu et par là-même modifie considérablement son image.
© Louvre.edu Dionysos n'est plus représenté comme un adulte, mais comme un enfant ou un adolescent : dans la copie impériale d'un original hellénistique du IIIe siècle av. J.-C., on voit un Silène barbu et athlétique (il n'est pas encore ce poussah ventripotent et titubant représenté dans les cortèges) tenant dans ses bras le bébé Dionysos. Une fiasque en forme de grappe de raisin du 1er siècle montre le dieu enfant enveloppé dans le raisin comme en un berceau.
© Louvre.edu Dionysos apparaît sous les traits d'un éphèbe glabre et déhanché dans le vase Borghèse (40-30 av. J.-C.), où le cortège dionysiaque devient une gracieuse farandole sans transe ni violence.
Il en est de même dans le marbre en relief intitulé La légende de Triptolème (de datation incertaine) où est représenté un autre versant de la légende : Dionysos lié aux mystères éleusiniens, à Déméter et Perséphone en tant que déesses du renouveau de la végétation, et en l'occurrence, à l'invention du blé.
© Louvre.edu Dionysos sous l'Empire est avant tout l'amant d'Ariane : il garde son aspect efféminé qui le rapproche d'Apollon et l'éloigne de plus en plus de la virilité d'un Hercule (voir le marbre du IIe siècle représentant un masque de théâtre et le couple Dionysos-Ariane, mais également le sarcophage de 230-235 de notre ère intitulé Dionysos et Ariane tirés par les Centaures
et celui de Dionysos découvrant Ariane endormie, daté de 240).
© Louvre.edu Dans l'amphore la plus ancienne, Dionysos est entouré de quatre satyres barbus. Les deux plus proches du dieu sont affublés d'oreilles pointues et d'une longue queue roussâtre. Un seul est ithyphalle. Celui qui reçoit le vin de Dionysos semble ne plus rien désirer. Les deux autres dansent frénétiquement.
Dans l'amphore datée de 520 av. J.-C., Dionysos est également entouré de quatre personnages, mais c'est une ménade qui lui fait face et vient puiser le vin à son canthare. Les trois satyres, légèrement penchés en avant, sont dans une attitude de respect face à un rite qui semble se dérouler.
La troisième amphore représente la même scène : Dionysos face à une ménade. Deux satyres seulement les encadrent : l'un à l'arrêt, l'autre dansant.
© Louvre.edu Le revers de la coupe de l'athlète permet de représenter de façon plus débridée et plus complète le cortège dionysiaque autour du dieu assis : en tout cinq ménades et six satyres : deux chevaux (des ânes ?) amenés par deux satyres, un satyre ithyphalle dansant en compagnie d'une ménade à moitié nue : la circularité de la coupe rend compte du mouvement frénétique de la procession.
© Louvre.edu Le cortège du vase Borghèse, trois siècles plus tard, transcende dans la musique l'agitation des corps : un satyre de dos, musclé certes, mais imberbe et n'ayant qu'un embryon de queue en signe d'animalité, joue du diaulos, tandis que les ménades jouent de la cithare ou des cymbales.
LES ATTRIBUTS DE DIONYSOS ET DE SES FIDÈLES
Vases à boire, grappes de raisin, branches de vigne
Les objets du Louvre (reproduits dans le service en ligne Louvre.edu) ne donnent pas tous les attributs caractéristiques de Dionysos : outre les grappes de raisin ornementales, le dieu tient divers vases à boire (kéros ou canthare à deux anses), ou une branche de vigne plus ou moins chargée de grappes.
Le thyrse (bâton coiffé ou non d'une pomme de pin), porté par Dionysos ou par les Ménades, apparaît dès le Ve siècle av. J.-C. : voir par exemple dans The Beazley Archive Pottery Database, une hydrie conservée au British Museum (E228) et dans The Perseus Digital Project, la coupe de Berlin, attribuée à Makron (Berlin F 2290, 490-480 av. J.-C., Antikensammlung).
Dans les collections du Louvre, le masque est présent seulement dans un des marbres représentant Ariane et Dionysos. Détaché du dieu, il semble désigner le théâtre plutôt qu'un attribut propre au dieu.
Les animaux
Parmi les animaux associés à Dionysos, on trouve :
- l'âne : Dionysos sur un âne accompagné par des satyres et des ménades (Boston 01.17, Peintre de Boston, Boston Museum of Fine Arts), Dionysos assis dans un chariot tiré par des ânes (Mississipi 1977.3.69, Peintre de Thésée, Mississippi University Museum) ;
- la panthère ou le léopard : (Harvard 1960.347, hydrie à figures rouges, Harvard University Museum - Delos, maison de Dionysos, mosaïque).
Le lion ou le tigre se substituent à la panthère ou au léopard dans certaines mosaïques africaines (mosaïques d'El Jem et du Musée de Sousse, par exemple). Dans une mosaïque du Musée de Sousse (appartenant sans doute à la Maison dite de Virgile), Dionysos est représenté la tête couronnée de feuilles de vigne, tenant d'une main son thyrse, de l'autre les rênes de son char tiré par des tigres. À gauche du char, marche une ménade jouant du tambourin. À l'avant plan de la mosaïque, une représentation de Dionysos enfant chavauchant un lion (Dionysos 1). De même le détail d'une mosaïque d'El Jem montre le jeune Dionysos sur un énorme lion, précédé par une ménade et suivi par deux satyres et Silène ivre, sur un dromadaire (Dionysos 3).