Les satellites d'observation de la Terre fournissent en quelques jours
des données homogènes sur la totalité de la surface du globe, données
qu'ils renouvellent en permanence. Leur vitesse est environ mille cinq cents
fois supérieure à celle d'un navire, si bien qu'ils sont capables
d'observer la totalité de l'océan de façon quasi instantanée. Ils
permettent en particulier l'observation des hautes latitudes pour lesquelles
peu de données in situ existent.
On peut réaliser depuis l'espace une grande diversité de mesures :
- la température de la surface océanique (satellites
météorologiques : NOAA
par exemple);
- la vitesse et la direction du vent (satellites ERS
par exemple);
- la hauteur et la direction des vagues et de la houle (satellites ERS
également);
- le niveau de la mer et sa topographie dynamique de surface (satellite Topex-Poséidon);
- l'étendue de la glace de mer (satellites météorologiques et
satellites radar);
- la productivité primaire de l'océan, etc...
Des instruments variés sont utilisés : des radiomètres mesurant le
rayonnement de l'océan dans toutes les longueurs d'onde (de la lumière
visible au rayonnement infrarouge et aux ondes radio) aux radars visant l'océan
à la verticale ou latéralement.
Pour les paramètres cités ci-dessus, la mesure de chlorophylle mise à
part, la précision des mesures par satellite est désormais supérieure à
celle obtenue à partir des navires.
Il n'est pourtant pas encore possible de remplacer les campagnes océanographiques
par des satellites car les mesures depuis l'espace ne concernent que la
surface de l'océan. Il est donc impératif de continuer à recueillir des
données in situ pour observer la colonne d'eau.
En résumé, seules des études coordonnées, mettant en oeuvre à la fois
des mesures satellitales et des observations in situ, permettent d'étudier
finement les divers mécanismes océaniques, qu'ils soient physiques ou biogéochimiques.