Facteurs et conditions de la localisation
4 - Des stocks menacés ?
Données globales
- Trois types d'informations de base sont utiles pour l'étude de la ressource : la prise (capture d'une espèce réalisée à une date et à une position géographique donnée) ; l'effort de pêche (moyens mis en oeuvre par les pêcheurs pour capturer les thons) ; les prises par unité d'effort (p.u.e.) qui est le rapport entre les deux informations précédentes. Ces p.u.e. fournissent les indices d'abondance et sont en général utilisées dans les évaluations des ressources halieutiques. Au demeurant cette donnée n'est pas toujours très significative en ce qui concerne les pêches thonières.
- De grandes périodes sont identifiables.
1956-1968 - Grand développement de la pêche palangrière à l'échelle mondiale.
1969-1978 - Conversion des flottilles palangrières à l'ultra-congélation. Captures destinées principalement au marché japonais du sashimi. Effort de pêche croissant des senneurs de l'Atlantique est.
1979-1988 - Expansion considérable des zones de pêche des senneurs dans l'ensemble de la zone intertropicale, y compris dans l'océan Indien et le Pacifique ouest. Cette évolution est due largement à la grande anomalie de l'environnement (El Nino) observée dans le Pacifique en 1983 et dans l'Atlantique en 1984. Ces anomalies climatiques ont provoqué les déplacements massifs des senneurs du Pacifique est vers le Pacifique ouest, de l'Atlantique est vers l'océan Indien.
1989-1993 - Stabilité des stratégies et des flottilles mais développement important des pêches sous objets flottants artificiels (modification des espèces et des dimensions des prises).
Le niveau des captures mondiales Moyenne des prises totales des pêcheries thonières (senne, palangre, canne) de 1989 à 1993
Source : Atlas des pêcheries thonières tropicales - A. Fonteneau - Orstom - IRD - 1997
L'exemple de l'évolution des captures dans l'océan Indien (données FAO - en tonnes - 1987 - 1996).
Elles sont passées de 18 à 24% du total mondial en dix ans. Voir la page spéciale consacrée à l'océan indien
De facto, les ressources thonières ont, jusqu'à présent, résisté à la surexploitation halieutique. Malgré l'impressionnante intensification de l'effort de pêche partout dans le monde, on n'a pas encore noté d'effondrement de stocks. Mais la pression croissante sur cette ressource (augmentation de la demande mondiale, efficacité croissante des techniques de capture) pourrait, à moyen terme, changer cette donne.
Les scientifiques évaluent l'évolution de l'abondance d'une espèce en calculant un indice de prises par unité d'effort (P.U.E)
Des organismes de contrôles, de recherche, de coopération
Ils fournissent l'essentiel des données disponibles sur les captures, les capacités de pêche de chaque zone.
Des commissions spécialisées :
- Commission thonière de l'océan Indien - CTOI
- Indian Ocean Tuna Project (IPTP), organe de la FAO basé à Colombo.
- Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique (ICCAT)
- Commission interaméricaine des thonidés tropicaux (Inter American Tropical Tuna Commission - IATTC)
- Commission du Pacifique sud (CPS)
- Agence des pêches du forum (FFA) - Pacifique sud
Certaines coordinations se font dans le cadre d'institutions généralistes de coopération et coordination internationale ou régionale. Par exemple :
- La FAO (ONU)
- La COI : Commission de l'Océan Indien
- La CPS : Commission du Pacifique Sud
- L'U.E., impliquée à double titre : celui de la coopération avec les pays ACP (Convention de Lomé, FED) ; celui des espaces rattachés à l'U.E. (DOM français par exemple).
Des organismes de recherche spécialisés :
- dans les pays en développement (nombreux en zone intertropicale) - en France, l'IRD (ex Orstom)
- dans la recherche halieutique - en France, l'Ifremer
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