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Mise à jour : Août 2003

 

 

  

Le Projet PROXIMA
Pour une appropriation de l'Internet
à l'École et dans les Familles

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- Lettres de mission 
- Avant-propos
- Première partie : la formation des citoyens de la Société de l'Information
- Deuxième partie : le projet PROXIMA  
- Recommandations  
-Annexes 

2. Deuxième partie : le projet PROXIMA

-Introduction
-2.1 Quels projets pour Internet à l'École?
-2.2 Principes généraux du projet PROXIMA
-2.3 Mise en œuvre du projet PROXIMA


Introduction : écrire et pas seulement lire avec le média Internet

La maîtrise des technologies de l'Internet devient cruciale à la fois pour les élèves et pour l'ensemble des citoyens. Au-delà d'une utilisation « passive », il convient de favoriser une meilleure maîtrise de la création et de la diffusion des informations sur le réseau. Les élèves/internautes ne peuvent plus se contenter d'être seulement des téléspectateurs/consommateurs.
A mesure que les technologies de l'information intègrent les différents aspects de vie quotidienne, la création de ressources nouvelles doit devenir accessible à tous les citoyens. À l'instar du rapport à l'écrit, pour maîtriser ce nouvel environnement, il devient nécessaire de savoir lire mais aussi de savoir écrire avec ce média. Le fait d'accéder aux informations disponibles sur Internet n'est plus suffisant pour établir une démarche critique. La mise en perspective des informations ainsi que leur analyse critique n'est possible que lorsque l'on maîtrise le fonctionnement (et la dynamique) des échanges sur Internet.
L'accès à Internet, s'il n'est pas accompagné d'une démarche de sensibilisation et d'un travail d'analyse, peut mener à une forme de stagnation sur des usages « techno-ludiques » sans réelle portée pédagogique. C'est l'une des conclusions de la mise à disposition des ordinateurs « bruts » de l'expérience « Hole in the Wall » menée en Inde. Le risque de cette forme d'appropriation de l'Internet est qu'elle ne développe qu'une habileté technique et non un véritable sens critique. Or c'est précisément dans une démarche critique qu'enseignants et élèves doivent s'inscrire pour évaluer les informations qu'ils trouvent sur Internet.

Parmi les facteurs critiques de cette appropriation, deux d'entre eux seront essentiels ; le temps dont les élèves disposeront pour se familiariser avec le réseau et les différentes formes d'accompagnement qui leur seront proposées. Pour ces raisons, c'est d'abord au sein des écoles et dans les familles que ces technologies pourront faire l'objet d'une appropriation active.

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2.1 Quels projets pour Internet à l'école ?

2.1.1 Donner du sens à l'Internet

Pour les enseignants comme pour les élèves, le fait de donner du sens à l'Internet reste une priorité. Cela signifie à la fois donner du sens aux informations disponibles sur le réseau mais aussi donner du sens aux technologies qui sous tendent le réseau. Cet objectif ne pourra être atteint que si ces technologies ne sont plus vécues comme une greffe technique mais bien comme un prolongement des activités des élèves.

Sur Internet, la démarche critique des élèves doit aussi être liée aux technologies, et pas seulement aux informations. Ainsi, pour Laura Gurak la démarche « analytique » d'évaluation des informations ne peut plus être séparée de celle qui prévaut lors de la mise en place des informations sur un site web. Parmi les éléments qui doivent permettre aux élèves d'analyser les informations on note :



L'auteur ou la source de l'information
constitue un élément majeur de la crédibilité des informations sur le Web. Le fait que cette mention soit absente ou qu'elle soit particulièrement difficile d'accès devra amener les élèves à s'interroger sur la validité de la source consultée.

La fréquence et la nature des mises à jour sont des éléments essentiels dans l'appréciation d'une source d'information sur Internet. Cette fréquence permettra de qualifier le type de source auquel les internautes sont confrontés.

L'objet du site ainsi que les cibles visées devront être précisés afin de connaître le niveau d'information que les internautes peuvent attendre d'un site. (Information à destination du grand public ou document destinée à un public professionnel, etc.)

L'adresse d'un site (aussi nommée URL )
En plus de la localisation géographique (fr, de, jp...) l'adresse d'un site permet de déterminer s'il est lié à une entreprise commerciale, une association, une institution (com, org, biz, info, museum, aero etc.) ou s'il émane d'un particulier.

Le type des liens qui émanent d'un site permet d'évaluer le degré de précision des informations fournies et ces liens donnent de nombreuses informations sur les sites considérés comme des références pour les auteurs d'un site. Cette analyse permettra de dessiner les contours de la « sphère » à laquelle appartient le site considéré.

L'analyse des liens qui renvoient vers un site donné permet d'analyser la « place » qu'occupe ce site sur le web. La notoriété d'un site se traduit presque toujours par un surcroît de liens qui renvoient vers ses pages .

La conception éditoriale, technologique et graphique donnera là encore de nombreux éléments d'appréciation sur le « professionnalisme » de la démarche des éditeurs d'un site. Au-delà des questions sur les informations présentées, d'autres questions pourront être évoquées comme celles liées aux technologies qui ont prévalu à la création d'un site ou d'un système d'information.



La compréhension des mécanismes de circulation des informations dans les différentes structures de l'Internet est importante pour les élèves, comme pour les citoyens. Qu'il s'agisse du web, des groupes de discussions ou du courrier électronique, cette connaissance aidera par exemple à comprendre les phénomènes d'amplification ou au contraire de « silence » relatifs de l'Internet sur certains sujets. En leur permettant d'expérimenter dans la durée les différents aspects de la création sur Internet, les projets collaboratifs sur Internet inciteront en particulier les élèves à se poser des questions sur la validité des informations diffusée. Cet exercice les incitera à adopter une démarche critique différente de celle qu'ils auraient eue en tant que « consommateurs » d'informations.

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2.1.2 Éduquer à la citoyenneté sur Internet

L'éducation à la citoyenneté des réseaux constitue l'une des prérogatives centrales de l'École pour les années à venir. C'est d'ailleurs la toute première recommandation du rapport L'Ecole et les réseaux numériques de Mme Bardi et M. Bérard : « Accentuer le travail de réflexion sur les questions juridiques, déontologiques et de responsabilité dans l'usage des TIC, tant pour ce qui concerne les utilisations dans le système éducatif que pour la formation des élèves-citoyens ».

Le fait de développer un savoir-faire intrinsèque lié à ces questions devra être une priorité pour l'ensemble des acteurs de l'Education Nationale. Pour les enfants, le décryptage des informations issues de l'Internet se heurte à des obstacles potentiellement plus complexes que la télévision. L'interaction avec les autres internautes crée des situations nouvelles et exige une responsabilisation des élèves. Ce qui est techniquement possible (comme le fait d'établir un lien hypertexte) peut se révéler moralement inacceptable lorsque ces liens « pointent » vers un site dont les contenus sont illicites. Cette distinction entre le techniquement possible et le moralement souhaitable devra faire l'objet d'un apprentissage à la fois à l'Ecole et dans les familles.

Comme l'a montré la psychologue Sherry Turkle , la création des communautés « en ligne » correspond pour leurs participants à la constitution d'un véritable capital social. A mesure qu'ils s'investissent dans ces communautés, les internautes développent des liens avec l'ensemble des usagers et ces liens favorisent à la fois la « fidélisation » et la participation des internautes. Mais le caractère informel de la communication sur Internet, s'accompagne aussi de nouveaux risques. Ainsi la rapidité de diffusion et le caractère « permanent » des informations qui figurent sur Internet peuvent avoir des conséquences imprévues pour certains internautes. L'effet d'amplification du réseau, peut se révéler potentiellement grave lorsque l'on néglige certaines des règles de l'Internet. Ainsi, à l'issue de l'envoi d'un mail insultant pour l'une de ses camarades, un étudiant d'HEC avait été l'objet d'une vindicte publique et « planétaire » des internautes.

L'un des objectifs des enseignants et des parents est d'apprendre à créer et à gérer ce capital social et à comprendre certaines des particularités de l'espace social qu'est devenu l'Internet.

Comme l'a montré le travail du CLEMI l'apprentissage de ces notions ne pourra se faire qu'en utilisant l'ensemble des médias existants :

Nétiquette

Voir la fiche consacrée à la Nétiquette de la Mission TICE de l'Académie de Créteil http://www.ac-creteil.fr/matice/internet/ressources/netiquette/ et la traduction du texte de référence de la Nétiquette RFC 1855 Nétiquette Guidelines d'octobre 1995 http://www.sri.ucl.ac.be/SRI/rfc1855.fr.html

il n'est pas possible de limiter au seul média Internet la démarche de réflexion sur ces questions. Plus qu'une éventuelle prise de conscience face à un enseignement isolé de la « nétiquette », c'est aussi au travers des projets qu'ils réaliseront avec leurs familles (ainsi que par les réactions de leurs pairs sur le réseau) que les élèves pourront prendre conscience de leurs droits et devoirs sur Internet.



-S'approprier les règles du réseau


Au-delà de la maîtrise technique, les enjeux démocratiques de l'Internet, et particulièrement ceux qui sont liés à son architecture , constituent désormais une connaissance indispensable à l'ensemble des citoyens. Le travail dans le cadre de projets collaboratifs permettra en particulier aux enseignants d'aider les élèves à mieux maîtriser les différentes formes d'informations accessibles sur le réseau. En plus de l'espace d'échange que constituent ces réseaux, les élèves doivent aussi s'en approprier les règles. Il conviendra aussi d'intégrer les questions liées au devenir de l'Internet dans les travaux scolaires.
C'est en particulier le cas lorsqu'il est question des débats sur les évolutions de l'Internet et sur la notion de liberté d'expression ou de protection de la vie privée. Enfin, lorsque les élèves bâtiront ces projets sur Internet, en plus de l'apprentissage de la cartographie réelle ils pourront comprendre la cartographie virtuelle des réseaux.

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2.1.3 Les limites des dispositifs actuels

La plupart des sites réalisés par les acteurs scolaires le sont de manière individuelle. Ils mettent souvent à contribution des équipes réduites voire des enseignants isolés qui produisent des sites quasi bénévolement sans être à même d'obtenir une aide extérieure pour la conception et surtout pour leurs mises à jour. Une fois établies, ces ressources pédagogiques ne donnent pas lieu à renouvellement et dans la plupart des cas les évolutions pédagogiques ainsi que les mutations de l'Internet rendent ces sites rapidement obsolètes.

De nombreux projets nationaux et internationaux sur l'environnement, les sciences ou les cultures existent déjà sur Internet mais ils restent majoritairement isolés et ne donnent pas lieu à une « valorisation » des connaissances au-delà de leurs communautés d'origine.

Si les technologies de l'Internet ont permis la multiplication de ces initiatives, le fait que les sites continuent d'être élaborés par des équipes réduites rend difficile le renouvellement et la réappropriation des contenus mis en ligne. Par ailleurs, la diversité et la « stratification » des ressources sont telles que les acteurs pédagogiques qui souhaitent utiliser ces ressources ne peuvent pas les faire évoluer.

Ainsi dans le domaine de la pédagogie des sciences, le principe des réseaux d'écoles a été à la base de la remarquable initiative « La Main à la Pâte » lancée par Georges Charpak avec le soutien de l'Académie des sciences.

Allocution de Monsieur Xavier Darcos, Ministre Délégué à l'Enseignement scolaire lors de la remise des prix 2002 "La Main à la pâte"à l'Institut de France le mardi 21 janvier 2003
http://www.education.gouv.fr/discours/2003/mainpate.htm

Mais les technologies utilisées, ainsi que les méthodes retenues ne permettaient pas de « capitaliser » les ressources créées.

Le foisonnement des ressources pédagogiques disponibles sur Internet devait initialement permettre de distinguer et de promouvoir les pratiques les plus innovantes. Cette promotion des « meilleures pratiques » se heurte aujourd'hui à des obstacles à la fois technologiques et humains. Pour les acteurs éducatifs, il devient de plus en plus difficile d'effectuer des recherches sur les milliers de sites publics ou associatifs qui élaborent des contenus pédagogiques.
Plutôt que de multiplier les projets Internet isolés (et cela quelles que soient leurs qualités), il convient désormais d'élaborer une base commune pour le développement et la consultation des sites éducatifs. L'intégration de l'ensemble de ces contenus dans des bases d'informations transversales (à la fois thématiques et géographiques) permettra aux acteurs éducatifs d'en tirer plus facilement parti. Grâce au développement des projets collaboratifs sur Internet, il sera possible d'établir un relais à la fois éditorial et technique dans le but d'alimenter les sites des établissements.

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2.1.4 Les projets collaboratifs dans l'Éducation
-Coordonner les projets sur Internet

En matière de projets collaboratifs sur Internet, il est désormais possible d'aller au-delà des initiatives ponctuelles entre établissements. Les jumelages entre établissements scolaires que la Commission Européenne souhaite mettre en place ne sont que l'ébauche des projets qui seront réalisés à l'avenir. L'élaboration des projets collaboratifs locaux et surtout la mise en place d'une architecture commune pour ces projets permettra de mieux les articuler entre eux. Ces initiatives pourront alors mettre en relation des villes voire des régions entières autour d'un projet commun. Le fait de structurer (et de rendre « visibles ») ces projets à l'échelon local, régional et national, voire européen constituera une motivation supplémentaire pour l'ensemble des acteurs de ces projets. Les informations recueillies par les établissements scolaires pourront alors être déclinées à chaque niveau ou suivant chaque thématique. Tous les acteurs scolaires prendront part à la construction et à l'évolution de ces projets, qui en plus d'être publics, deviendront participatifs. L'un des intérêts des projets collaboratifs est de favoriser un travail « multimodal » qui ne nécessite pas pour ses participants de prérequis technologiques importants. Ces projets permettront d'engager des échanges « autour » des technologies sans qu'il soit nécessaire pour tous les participants de partager le même niveau de connaissances techniques.

-Une double approche

Dans le cadre de la mise en place de projets collaboratifs, deux approches sont possibles :

1. l'approche topographique (ou géographique) ;
2. l'approche thématique (en fonction des disciplines).


Chaque établissement en fonction de sa spécialisation et de sa localisation géographique choisira les projets auquel il souhaite participer. Ces projets collaboratifs seront aussi l'occasion de créer un véritable dialogue autour des informations locales (par exemple dans le domaine de la géographie, de l'histoire ou encore des sciences de la vie et de la terre). Les informations ainsi rassemblées pourront alors être mises en commun à l'échelle des académies et complétées par des établissements distants.
L'un des avantages de ces projets sera de permettre aux élèves d'entamer une recherche d'informations en dehors du cadre scolaire et ainsi de promouvoir un dialogue intergénérationnel par exemple sur les événements historiques ou sur la géographie locale.

La participation des établissements scolaires et des familles à l'élaboration de bases de données collaboratives locales permettra de mobiliser une puissance de travail sans équivalent dans le domaine industriel. La constitution et surtout la mise à jour des bases de données représentent en effet des coûts financiers considérables qui ont jusqu'ici été le frein majeur au déploiement de projets de cartographie interactive.

-Des projets utiles en dehors de la sphère éducative

La mise en place de projets collaboratifs permettra d'atteindre plusieurs objectifs différents. En plus des connaissances liées aux disciplines scolaires, les bases de données locales offriront la possibilité aux élèves et aux enseignants de participer à la création et au développement d'une série de services utiles à l'ensemble de la communauté éducative et plus largement à l'ensemble des citoyens. C'est ce que résume Ben Shneiderman, lorsqu'il déclare « l'excellence, en terme d'éducation, est le fait de créer des ressources qui sont utiles en dehors de la sphère éducative » .

La participation à des projets de proximité liés à la vie quotidienne des familles constituera le préalable à une démarche active vis-à-vis de ces technologies. En accord avec les responsables locaux des projets, d'autres structures pourront participer à l'enrichissement de ces bases d'informations.
Les associations ainsi que les collectivités locales (municipalités, conseils régionaux, conseils généraux) et plus largement l'ensemble des internautes pourront ainsi être associés aux projets locaux. Les services issus de cette collaboration entre acteurs locaux et scolaires pourront être de natures très différentes. Ainsi, pour les citoyens, ces services pourront concerner à la fois les informations pratiques concernant les transports ou les loisirs ou encore les aspects culturels et sociaux.

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2.1.5 L'exemple du projet « Histoire et Mémoire »

Le projet Histoire et Mémoire mené en Italie représente l'une des initiatives les plus abouties en matière de projet collaboratif sur Internet (cf. schéma 9). Plus de 1 000 lycées italiens ont ainsi participé à l'élaboration d'une grande base d'informations historiques sur la période pré et post-mussolinienne (voir l'analyse détaillée du projet dans l'annexe I).
Ce projet soutenu par la Présidence de la République et le Parlement italien a été réalisé en collaboration avec le journal La Repubblica. Rapidement, cette initiative qui devait se limiter aux acteurs éducatifs est devenue le deuxième journal le plus lu sur Internet en Italie.

Image 9 : page d'accueil du site Storia e Memoria

Loin de n'être qu'un exercice « technique », ce projet a permis aux élèves des lycées italiens d'aller à la recherche de l'histoire de leur commune ou de leur région. Le résultat des recherches des élèves est consultable en ligne et constitue une importante base d'informations locales sur la fin de la période fasciste. Plusieurs déclinaisons de ce projet ont aussi été créées. Il a en particulier donné lieu à de nombreuses créations littéraires et artistiques. La particularité de ce projet est qu'il repose sur une série d'événements « réels » liés aux commémorations du 8 septembre 1943.

Dans le cadre du projet Histoire et Mémoire, les technologies n'ont pas été vécues par les élèves italiens comme une fin en soi, mais bien comme un outil au service d'une recherche et de la diffusion de ses résultats.
Ce projet a connu un très large succès et a constitué un élément d'appropriation de l'Internet pour les populations connectées mais aussi et peut être plus important encore, pour les populations non connectées.

En France, l'Association pour des Etudes sur la Résistance Intérieure (AERI) affiliée à la Fondation de la Résistance a développé une véritable encyclopédie de la résistance intérieure sur CD-rom http://www.aeri-resistance.com/

Parce qu'il était ancré dans des préoccupations proches de celles des élèves italiens et de leurs familles, ce projet a favorisé l'appropriation du média Internet par un biais « non-technique » .



 

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2.1.6 Propriété intellectuelle et projets collaboratifs

Le droit de la propriété intellectuelle pourrait constituer la clef de voûte de l'édification d'un espace public d'éducation en ligne. Une grande partie des matériels pédagogiques utilisés en classe est porteuse de droits et cela pose de nouvelles difficultés dans le cadre de la mise en réseau de ressources éducatives dans le cadre de projets collaboratifs. L'Espace Numérique des Savoirs (ENS) est à ce titre un dispositif exemplaire puisqu'il a donné lieu à une négociation avec l'ensemble des éditeurs afin de libérer les droits dans le cadre scolaire.

En 1997 déjà, le sénateur Gérard, écrivait dans son rapport Réseaux et Multimédia dans l'Éducation : « Il y a urgence à trouver un équilibre entre le droit légitime des auteurs à une juste rémunération de leur travail et la spécificité des usages pédagogiques dans le système éducatif ». Cette recommandation, connaît aujourd'hui un regain d'actualité. Depuis la rédaction de ce rapport, les technologies de protection des oeuvres ainsi que le cadre juridique (européen et américain) de cette protection ont profondément changé. Ces technologies de « gestion numérique des droits » soulèvent de nouvelles questions sur la diffusion du savoir dans nos sociétés. Pour la première fois en effet, la circulation et surtout la consultation des oeuvres pourraient faire l'objet d'un contrôle absolu par les ayants droit.

La mise en oeuvre de ce projet constituera aussi une occasion pour les élèves et l'ensemble des acteurs scolaires de se familiariser avec l'évolution des règles de droit de la propriété intellectuelle (sans pour autant qu'il soit nécessaire d'imposer des cours spécifiques sur ces questions comme c'est par exemple le cas dans les écoles japonaises).

Un autre point important sera lié à la compréhension par les élèves de la notion de domaine public sur Internet. En devenant les acteurs de l'enrichissement du domaine public sur Internet, les élèves apprendront à suivre les évolutions des idées et des créations. Avec la mise en place du Projet Proxima, c'est aussi la définition des contours et des limites du domaine public en réseau qui pourra être mis en valeur auprès des élèves et des citoyens. Cette démarche aidera aussi à déterminer le périmètre des « données éducatives essentielles », comme ce fut le cas pour les données publiques essentielles.

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2.1.7 Une démarche « mixte »

Ces projets collaboratifs pourront aussi servir au développement de systèmes d'apprentissage à distance. Mais l'accessibilité des contenus, ne peut en aucun cas résumer une démarche pédagogique. Comme l'a démontré la récente expérience du MIT , en l'absence d'accompagnement personnalisé, les contenus pédagogiques les plus élaborés restent des coquilles vides sans réel intérêt . Sans un suivi régulier (sous la forme de tutorat ou au travers de forums) les ressources présentes sur Internet ne peuvent être utilisées de manière efficace.
Par ailleurs, pour intégrer les contenus en ligne dans une démarche pédagogique, il faut que leurs utilisateurs bénéficient d'une véritable maîtrise technologique ainsi que d'un haut degré de motivation pour les apprenants. Plus qu'une remise en cause du principe de l'enseignement à distance sur Internet, ces constatations ont conduit les responsables de projets à circonscrire leur utilisation aux situations où ces méthodes pourront être les plus utiles. Sur ce point, il sera intéressant de comparer l'attitude entre les populations masculines et féminines vis-à-vis de ces technologies d'apprentissage en ligne . Pour éviter un rejet par certaines catégories d'utilisateurs, la conception des projets collaboratifs devra intégrer les différences d'appropriation technique entre les participants.

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