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Définition de la rhéologie La rhéologie est une branche de la physique qui étudie lécoulement ou la déformation des corps sous leffet des contraintes qui leur sont appliquées, compte tenu de la vitesse dapplication de ces contraintes ou plus généralement de leur variation au cours du temps . Les procédés de préparation de produits (solutions , pâtes , etc...)ou de formage de pièces ( en métallurgie , en plasturgie , etc ...) nécessitent immanquablement lécoulement de la matière , il est donc nécessaire de connaître le comportement de cette matière pour déterminer les forces à mettre en jeu . La rhéologie se décompose en plusieurs sortes détudes :
Grandeurs étudiées en rhéologie On considère lexpérience suivante où le mouvement de cisaillement que subit le fluide peut être considéré comme laminaire plan :
On tire sur la feuille daluminium afin que celle-ci soit animée de la vitesse vo . On montre que vo augmente avec F , avec e et diminue avec S. Cest la force que lon exerce par unité de surface du fluide :
Unité : pascal Que se passe-t-il au sein du fluide ?
Le gradient de vitesse va traduire lévolution de la vitesse au sein du fluide :
unité : en s-1 Cette grandeur dépend de la contrainte de cisaillement appliquée et de la nature du fluide .
Considérons un petit élément de surface dune nappe du fluide dS situé à la cote z. A linstant t après le début de lexpérience , elle a parcouru une distance x qui dépend de z ( et de t) A la cote z + dz , elle aurait parcouru x+dx .
La déformation de cisaillement traduit la variation de la distance parcourue par dS en fonction de son éloignement à la plaque support fixe :
unité : aucune Calculons la variation de la déformation au cours du temps appelée vitesse de cisaillement: dE /dt =E = d/dt ( dx /dz ) = d/dz ( dx / dt ) = dv /dz Cette grandeur est donc identique au gradient de vitesse ( tout du moins dans le cas simple ici traité dun mouvement laminaire plan) Dans lexpérience , lorsquon augmente F , en fait on augmente t on sein du fluide , lorsquon augmente vo , on augmente E au sein du fluide . La façon dont t varie en fonction de E dépend de la viscosité . On appelle viscosité dynamique :
Unité : Pa.s ou poiseuille dans le système international . (Symbole Pl ) Unité usuelle : la poise : 1 poise = 1 /10 Pl ( symbole Po)
où r est la masse volumique du fluide . Unité dans le système international : Pa.s.kg-1.m3 . On montre que cest aussi le m2.s-1. Unité usuelle : 1 stoke =10-4 m2.s-1 ou son sous-multiple , le centistoke . Cette dernière unité est pratique pour des fluides de viscosités proches de celle de leau qui a une viscosité de 1 centistoke . Remarque : il existe dautres façons dexprimer la viscosité .Par exemple en Degré Engler (sans dimension) : cest le rapport n / n eau = t / teau où t et teau sont des temps découlement du fluide et de leau respectivement mesurés dans les mêmes conditions expérimentales . Valeurs de viscosités à 20°C et 1 bar
Remarque : la viscosité est liée aux interactions de Van der Waals existant au sein des fluides . Ainsi , comparons leau et lhexane , qui ont des volumes moléculaires similaires : on sait que leau présente des interactions moléculaires fortes ( liaisons hydrogènes ) alors que pour lhexane elles sont très faibles .On observe effectivement que la viscosité de lhexane est beaucoup plus faible que celle de leau.
exemple : air à 20 °C : m = 1.72.10-5 Pa.s sous 1 atm m = 1.82.10-5 Pa.s sous 20 atm
La viscosité augmente un peu avec la température . Exemple : air sous 1 atm : m = 1.72.10-5 Pa.s à 20 °C m = 2.29.10-5 Pa.s à 100°C La viscosité peut varier beaucoup avec la température ( de lordre de 0.5 à 10 % par °C !) Pour les liquides purs comme leau , lhuile , lalcool , ) on montre quelle suit une loi exponentielle croissante : m = A exp ( B / T) (voir TP ) Exemples :
m = 0,660.10-3 Pa.s à 40°C
Expérimentalement , il est donc très important de régulée la température lorsquon veut faire une mesure précise de viscosité .La plupart des appareils permettent de travailler à 0.01°C près .
Ce sont des courbes qui traduiront le comportement mécanique des fluides sous leffet de cisaillements . Le comportement dun fluide peut être différent si on change la façon de le cisailler ( si la contrainte appliquée varie , il peut en son sein se déformer différemment , sa viscosité peut donc varier ). Les relations entre contrainte de cisaillement , vitesse de cisaillement , viscosité sont donc autant de fonctions détat du fluide . Exemples : t = f ( E ) m = f ( E )
Leur représentation graphique est appelée rhéogramme . Elles sont déterminées grâce à des rhéomètres. La substance étudiée y est cisaillée entre deux surfaces solides , lune au repos et lautre mobile ou bien le cisaillement est obtenu par application dune pression motrice dans un tube découlement . Remarque : Dans beaucoup de rhéomètres , les surfaces sont cylindriques et non pas planes comme dans lexemple dont nous sommes partis .Le mouvement nest plus laminaire plan .
Ceci modifie un peu les relations précédentes , à savoir :
Il ny a donc plus identification entre la vitesse de déformation et le gradient de vitesse. Autre remarque : Si un appareil fait une mesure à E et t donnés (souvent non déterminés ), on lappelle viscosimètre. Si il fait varier t et E , on lappelle rhéomètre .
Differents comportements rheologiques à T et P constantes
Un fluide est dit newtonien si sa viscosité est
indépendante de la contrainte appliquée . La viscosité dynamique m est alors souvent notée h . Loi de Newton :
Le rhéogramme m = f( E ) dun tel fluide est donc une droite passant par lorigine , de pente m .
Cest en général le cas des gaz et des liquides purs .
Ces fluides ont une viscosité qui diminue si la contrainte de cisaillement augmente ou si la vitesse de déformation augmente .
Exemple : Les suspensions de particules asymétriques ont souvent ce comportement : plus on cisaille vite , plus ces particules sorientent dans le sens de lécoulement et leurs interactions de frottement diminuent. Cest le cas du sang , des polymères liquides à longue chaîne , des jus de fruits ( abricot , tomate , voir TP). Remarque : Certains rhéofluidifiants peuvent être modélisés par une loi de puissance du type : t = k E n avec n < 1 dite loi de Ostwald. Leur viscosité augmente si la contrainte de cisaillement augmente ( ou la vitesse de déformation augmente)
Exemple : cest le cas de certains amidons dans leau ( voir TP ) . Remarque : Certains rhéoépaississants peuvent être modélisés par une loi de puissance du type : t = k E n avec n > 1 dite loi de Ostwald. Le cas n = 1 correspond aux liquides newtoniens . Ils sont caractérisés par une contrainte de cisaillement seuil t c en dessous de laquelle lécoulement nest pas possible .Autrement dit , lorsquil sont soumis à une contrainte très faible , leur viscosité est tellement forte quil ne peuvent pas sécouler . Leur viscosité diminue ensuite si une contrainte supérieure au seuil est appliquée.
Exemple : Les peintures " qui ne coulent pas " en sont un exemple caractéristique :
Cest aussi le cas de la bentonite ( voir TP) Ce comportement est généralement lié à lexistence dune structure tridimensionnelle assez rigide, qui ne se rompt que si on exerce une force assez grande . Remarque : Certains de ces produits peuvent être modélisés par une loi du type : t = k E + t c dite loi de Bingham .Leur rhéogramme est alors linéaire .
Souvent , le comportement des fluides non newtoniens dépend du temps car les modifications de structures microscopiques ne sont pas instantanées . On a ainsi des manifestations diverses de ces phénomènes dans les tracés de rhéogrammes . Exemple : le phénomène dhystérésis : On trace un rhéogramme t = f ( E ) en faisant croître puis décroître régulièrement E , afin de revenir à la valeur initiale .On réalise ce quon appelle une " charge " puis une " décharge ". Si on applique des valeurs de vitesse de cisaillement assez fortes pendant assez longtemps , on obtient le diagramme suivant : la structure a été modifiée durablement lors de la charge et le comportement du produit est affecté ( rhéogramme de décharge différent , liquide globalement moins visqueux)
Pour certains corps , si après ce cycle de charge et décharge , on laisse au repos pendant un temps assez long , la structure se réorganise et si on recommence une charge , on obtient le premier rhéogramme à nouveau . Ainsi , sur les expériences suivantes , on voit que si le temps de repos est supérieur ou égal à t3 on a retrouvé le comportement rhéologique du produit avant toute charge.
On dit alors que le fluide est thixotrope . Définitions : Un fluide est thixotrope si , sa viscosité , à vitesse de cisaillement constante, diminue au cours du temps à condition que ce phénomène soit réversible . Le comportement thixotrope concerne les corps fluidifiants et les corps plastiques ( plus rarement les épaississants). Pour les corps plastiques , on peut avoir au cours de la modification de structure , un changement de contrainte seuil ou pas .
Lorsquon introduit un soluté dans un solvant , les interactions moléculaires augmentent et la viscosité également. Afin de différencier les influences du soluté (ou de la phase dispersée ) et du solvant , on définit quelques termes :
Cest une caractéristique de la nature de la solution Intérêt :
où K est une constante pour un couple polymère /solvant donné. methodes et instruments de mesure
Soit un capillaire de rayon R , de longueur L. Le liquide peut sécouler grâce à une pression motrice P1-P2 = D P . On supposera que le régime découlement est laminaire ( vrai si
lécoulement est suffisamment lent , nombre de Reynolds < 2000 ) Dès quil se met en mouvement , des forces de frottement apparaissent et augmente
jusquà ce quon atteigne le régime permanent pour lequel les forces de
frottement compensent exactement les forces de pression , la vitesse découlement
est alors constante . La portion cylindrique de liquide de rayon r est soumise aux forces :
En régime permanent : F1 = F2 + Ft
Cherchons la vitesse à la distance r : Calcul du débit du capillaire : La vitesse du fluide est la même à une distance r du centre du capillaire. Considérons un volume de fluide infinitésimal distant de r du centre
dépaisseur dr de forme cylindrique : dV = 2p r L dr Il sécoule du capillaire en un instant t tel que v = L/t donc dV = 2p r v t dr Le débit volumique total du capillaire est la somme de tous ces volumes élémentaires
divisée par t soit : Cest la loi découlement de Poiseuille :
Si la pression motrice est la pesanteur ( capillaire vertical et ouvert à latmosphère en haut et en bas) alors : D P = r g L et la loi sécrit :
Pour les liquides newtoniens de faible viscosité , on mesure le temps découlement dun volume déterminé de fluide . Dv = V / t = p R4 r g / (8 m ) et comme r / m = n , la viscosité cinématique
Cest donc la viscosité cinématique que lon mesure à condition toutefois pour que le régime découlement soit laminaire , cest à dire lent..
On lâche une bille ( masse volumique r s, rayon R )dans un liquide visqueux ( viscosité m , masse volumique r ): elle chute sous leffet combiné :
La force de frottement apparaît lorsquil y a mouvement et augmente jusquà ce quon atteigne une vitesse limite vlim pour laquelle la force de frottement et la Poussée dArchimède compensent exactement la force de pesanteur :
On mesure donc vlim et r pour déterminer la viscosité dynamique .
Le moment des forces de frottement Ft qui sexercent à la surface du mobile en rotation est : M Ft / D = Ft . R1 = t 2p R1 H =M résistant Pour continuer à faire tourner le mobile à vitesse constante , il faut que le moteur exerce un moment qui le compense : M résistant = M moteur = M donc t = M / ( 2p R1 H )
Pour les rhéomètre qui ont un entrefer petit R1 » R2 , on peut considérer que E = r ½ dw /dr ½ » R1 D w / D r » R1 ( w o 0 )/ (R2 R1) = R1w o / )/ (R2 R1) On a donc t proportionnel à au moment M et E proportionnel à la vitesse de rotation. Remarque : Si lentrefer entre le cylindre et le contenant nest pas petit , ces relations simples ne sont plus vérifiées et la détermination de E est beaucoup plus délicate.
Principe : Un cône dangle Y très faible ( < 5° ) est en rotation dans un peu de fluide contenu dans une coupelle (appelée plateau ) .Leur écartement est très faible.
Ce dispositif permet davoir : t = 3 M / ( 2p R3 ) E = w o / Y |
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