Salon de l'Éducation 2002

accueil d'Educnet     

 

Accueil du salon Animations/Agora Présentations TICE Tables rondes

Tables rondes TICE


Compte rendu de la table ronde

Les environnements numériques de travail pour l’enseignement supérieur 

  Jeudi 21 novembre 2002

Les établissements d’enseignement supérieur s’engagent à faciliter aux étudiants, enseignants et personnels administratifs et techniques l’accès, via les réseaux, aux services et informations les concernant. Comment identifier les meilleures solutions en termes «d’environnements numériques de travail» et les mettre en œuvre ? Cette table ronde, qui réunissait les équipes retenues à l’appel à projets «Campus numériques» 2002, volet « environnements de travail » a tenté de répondre à ces questions.

Retransmission intégrale de la table ronde sur Canal-U

Jean-Michel Baudequin, de la Direction de la technologie, proposait en introduction à la table-ronde une définition d’un environnement numérique de travail (ENT) : « un dispositif global et intégré permettant à l’étudiant, enseignant ou personnel administratif et technique d’accéder, à travers les réseaux, à la totalité des ressources et outils numériques en rapport avec son activité ». Pour développer ces ENT, deux actions sont menées en parallèle par le Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche :

1 - élaborer, à travers des préconisations, un cadre de cohérence pour le développement et le déploiement d’ENT : c’est l’objet du SDET (Schéma directeur des environnements de travail)

2 - avancer « opérationnellement » : c’est l’objectif du volet ENT de l’appel à projets Campus numériques 2002 pour mettre à disposition des établissements d’enseignement supérieur une véritable offre diversifiée de solutions technologiques d’environnements numériques de travail.
 
 
Levier pour la transformation de l’université

Pour Maurice Vincent, de l’université de Saint-Étienne (projet ENCORA), derrière les ENT, il y a des enjeux politiques et organisationnels : « on en attend d’abord une amélioration du service public : les établissements d’enseignement supérieur doivent se transformer pour répondre aux nouveaux besoins des étudiants et aux nouveaux publics étudiants ». Au niveau organisationnel, ces environnements de travail vont faire disparaître la dualité applications de gestion et services pédagogiques au profit d’une organisation intégrée, plus autonome et plus proche de l’usager. Enfin, au niveau des ressources humaines, cela implique de nouvelles façons de travailler, notamment pour l’enseignant-chercheur qui sera incité à passer plus de temps à la relation pédagogique, et dont le statut doit être révisé.
 

Le plus complexe à mettre en œuvre : l’interopérabilité

De plain-pied dans l’opérationnel, Alain Mayeur, de l’université de Valenciennes, présentait le projet ESUP-portail développé en open-source et fortement intégré au système d’information de l’établissement : « les développements sont multi plates-formes et modulaires. Ils s’appuient sur les préconisations du SDET et les recommandations de l’ATICA. Le portail n’est pas seulement un pointeur, il intégre des composants applicatifs de serveurs indépendants, mais entièrement portables. L’interopérabilité est aussi prévue au niveau de l’information (traitée en XML). La prise en compte du « nomadisme » est aussi mise en avant.

Pour François Cadé, du service interuniversitaire d'informatique de gestion des universités de Strasbourg (projet EPPUN) : « tous les produits sont conçus de manière paramétrable, en open source, distribués et documentés. Les pages web sont dynamiques, générées à partir de base de données ». Le bouquet de services offert aux étudiants à partir de février 2003 fait rêver : un webmél, des services documentataires, Acolad (un outil d’apprentissage collaboratif à distance), le bureau nomade (bureau virtuel comprenant ressources bureautiques et logiciels), outils d’e-learning développés par Paris 5, qui fait partie du consortium… « On va aboutir à un véritable système d’information, développé à partir de celui de l’université, lui-même s’appuyant sur des applications nationales. Ces outils peuvent évoluer au rythme de chaque université, être modifiés à la marge. Ils seront accessibles à partir d’une authentification unique et le portail se créera dynamiquement en fonction du profil de l’utilisateur ». 
 
« L’interopérabilité est ce qu’il y a de plus complexe à mettre en œuvre, relevait Jean-Michel Baudequin : « mais nous profitons du ralentissement de la surenchère technologique faisant suite à l’éclatement de la bulle internet et aujourd’hui, la prise de conscience est forte et favorise un début de stabilisation avec l’apparition de nouveaux standards ».
 
 
Risques 

Raphaël Papi, de l’université de Corte (projet Monte-Cristo), a mis en garde contre les risques à éviter dans ce genre de projet : à côté de celui de développer une solution propriétaire, il y a aussi la faiblesse des liens entre partenaires : « pour que notre projet aboutisse, il a fallu que les trois présidents d’université impliqués dans notre projet (Corse, Nice, Provence) aient la même volonté d’un rayonnement méditerranéen » ; autre risque : celui de voir se développer une « usine à gaz », d’où l’importance de bien délimiter au préalable le périmètre d’action ; enfin le dérapage au niveau des coûts, des délais et de la qualité est fréquent, ce qui implique une gestion de projet rigoureuse.
 
 
Généralisation d’un cadre cohérent

Ces outils se substitueront-ils aux plates-formes de e-learning utilisées aujourd’hui ? Pas forcément : celles-ci pourront continuer à être utilisées pour la gestion du parcours pédagogique et le suivi de l’étudiant dans une optique « développement métier » ; « il ne s’agit pas de re-développer les outils pédagogiques, insistait Jean-Michel Baudequin, mais de les intégrer parfaitement dans le système d’information de façon transparente pour l’usager. Il s’agit d’intégrer dans un cadre cohérent des connecteurs à des applications existantes et de ne développer que les services nouveaux ».

Une question du public portait sur les projets non retenus par le ministère lors de l’appel d’offres. Quid de la dynamique suscitée par cet appel d’offres ? Que vont faire ces universités non retenues en attendant les résultats des quatre expérimentations, résultats que l’on n’aura pas avant 18 mois ? « Des contacts peuvent d’ores et déjà être pris avec les quatre projets retenus pour des collaborations éventuelles. Parallèlement, les responsables des projets non retenus sont invités à participer à des groupes de travail élaborant le SDET», concluait Jean-Michel Baudequin.

Rédaction Educnet

Accueil d'Educnet Haut de page Tête du chapitrenavigation