Services numériques et environnements de travail L'éducation à la civilité de l'internet Pratiques pédagogiques Vendredi 22 novembre 2002
En janvier 2003, 1500 établissements expérimenteront l’accès à un certain nombre de ressources libérées de droit pour être utilisées librement en classe : textes, vidéos, animations…
Place au foisonnement
Pour François Jarraud, du Café pédagogique, il est bon que le service public libère des ressources pour l’enseignement, il faut le faire en respectant la diversité des offres républicaines : « il y a une offre privée méconnue, associative notamment, importante dans l’éducation ». Par ailleurs, la mise en œuvre doit privilégier l’élaboration de briques transdisciplinaires et éviter de chercher à imposer les « bonnes pratiques ». « L’enseignant doit pouvoir trouver ce qu’il veut, des documents issus de la vraie vie, celle du monde, il faut casser les murs, ne pas centraliser la sélection, laisser la place au foisonnement ».
Ressources « granulaires »
Mais certains problèmes se posent dès que l’on aborde l’adjectif « européen » compris dans le sigle ENEE. En histoire, par exemple, l’épopée napoléonienne n’est pas enseignée de la même façon dans tous les pays d’Europe, et dans les diverses disciplines, les programmes ne sont pas les mêmes. La réponse se trouve dans le développement d’objets les plus petits possibles, granulaires en évitant toute approche pédagogique. Un exemple de ce qui peut se faire est donné par le projet européen « Celebrate » qui rassemble 22 partenaires, dont Hachette Multimédia pour la France. « Nous développons des « objets d’apprentissage » ou « learning objects », destinées à illustrer le cours des professeurs, raconte Neil Minkly. Ces ressources sont petites, souvent développées en flash : « l’animation stimule la découverte, provoque les questions. En arrière-plan, nous proposons un glossaire, des sites pertinents et le renvoi sur l’encyclopédie ». Ces ressources, développées pour Celebrate, trouveront tout naturellement leur place dans Enee.
Pour Gilles Braun, représentant la direction de la technologie, l’idée d’une "sélection" qui ennuie François Jarraud trouve sa réponse ici : « avec ces objets pédagogiques non articulés, il n’y a pas de notion de plus-value pédagogique, ce ne sont pas des cours, même si la limite est parfois difficile à appréhender, ce sont des supports à la parole de l'enseignant ».
Offre diversifiée
Du côté des éditeurs engagés dans l’aventure, Sophie Bachmann, de l’Institut national de l’audiovisuel (INA), en passe de devenir la 1ère Banque d’images européenne numérisée, précise : « notre démarche a été pragmatique : le choix s’est porté sur les documents fondamentaux, la mémoire audiovisuelle des 50 dernières années. L’enseignant peut se constituer un « panier » de données brutes accompagnées de documents ».
Enee offre aussi quatre corpus encyclopédiques : à côté de l’encyclopédie professionnelle d’Hachette, on trouve l’encyclopédie Universalis, le Robert junior et petit, et « Tout l’univers ». L’ensemble des droits d’usage sont prépayés annuellement pour tous usages non commerciaux et dans une optique de téléchargement pour plus de facilité. « Cela a été conçu spécialement pour le milieu de l’éducation et toutes les parties devraient s’y retrouver » ajoute Neil Minkly.
A coté des encyclopédies, on trouve un corpus de textes comprenant l'édition de ressources romanesques allant du Moyen-age au 19è siècle « Basile ». Élaboré par le CNED et Honoré Champion c'est une banque de données offrant en tout l’accès à 103 auteurs et 1000 œuvres romanesques. « Les textes sélectionnés sont des fondamentaux, libres de droit et issus de versions sans fautes, précisait Marie Hartmann, du Cned. Nous sommes dans notre rôle de service public en donnant à un vaste public la possibilité d’avoir accès à des éditions rares ».
Dès janvier 2003, Enee devrait encore accueillir l’AFP, la presse régionale et nationale, des archives, l’Insee, spotimage. « Des pourparlers sont en cours avec l’IGN, la BNF, le CNRS, l’Inserm et la BIPS » ajoutait Gilles Braun. En réponse à une question de la salle concernant la part du son dans Enee, il révélait être en discussion avec le Hall de la chanson pour offrir un corpus de la chanson française.
Prise de risque
Cependant, avant d’envisager un déploiement pour tous les établissements scolaires, il faut passer par le stade de la préfiguration. Celle-ci s’étendra de janvier à juin 2003. « Après six mois d’observation nous aurons une idée des ressources attendues et des usages. Cela nous donnera aussi le temps de la réflexion concernant le modèle économique à mettre en place, redevance ou autre, car, pour l’instant, il n’existe pas ! il y a une prise de risque de part et d’autre ». Par ailleurs, les collectivités territoriales pourraient être intéressées pour leurs administrés.
Une dernière question de la salle concernait le problème de la diversité des sources : chaque site a son indexation, sa personnalité. « Le passage à un niveau méta sera indispensable pour cet outil : métadonnées, normes, nous attendons les spécifications de l’Éducation nationale, notamment à travers le chantier concernant les environnements de travail » concluait Gilles Braun.Rédaction Educnet
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