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Rapport de l'Inspection générale de l'Éducation nationale

Chapitre 3 : les technologies de l'information et de la communication [ Extraits

A n n e x e s   d i s c i p l i n a i r e s 

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ÉTABLISSEMENT  ET  VIE  SCOLAIRE   

En plus de la place qu’elles prennent dans la pédagogie dans la classe, le rôle des techniques d’information et de communication (TIC) se retrouve à des degrés divers dans les quatre champs essentiels que couvre la Vie scolaire : la vie et la gestion des établissements, l’orientation des élèves, la vie des élèves, le rôle des enseignants-documentalistes et des Centres de documentation et d’information (CDI).

La direction des établissements

À l’évidence, le rôle des TIC est compris en matière de gestion, qu’il s’agisse de la gestion quotidienne, des relations avec " la hiérarchie " ou avec les autres établissements, de la consultation des bases de données, en particulier pour le mouvement des enseignants au cours de l’année 1998-1999. À ce rôle vient désormais s’ajouter celui joué par l'internet.

Nous avions déjà pu observer qu’une minorité de chefs d’établissements et de leurs adjoints avaient commencé à utiliser les possibilités offertes par l’informatique dans la gestion des notes des élèves ou dans l’organisation et la tenue des conseils de classe par exemple. Si ces types d’usage se répandent petit à petit, l’exploitation des possibilités d’internet est encore relativement confidentielle, si l’on excepte le courrier électronique dont l’usage tend à se multiplier. Le fait que certaines Académies aient pris le parti de diffuser les informations par cette voie n’est pas étranger à cet essor. La consultation du Bulletin officiel " en ligne " tend également à se généraliser. Cependant, tous les chefs d’établissement n’utilisent pas encore ces possibilités pour des raisons diverses qui peuvent parfois masquer des raisons plus profondes de refus. Cependant, lorsqu’un établissement ne possède qu’un accès à internet (ce qui est la cas encore le plus fréquent) c’est essentiellement dans le bureau du chef d’établissement que se trouve cet accès. Ce type de situation n’est pas sans poser des problèmes, que ce soit avec les enseignants ou avec les CDI.
Les chefs d’établissement et les gestionnaires mettent tous en avant le coût des communications résultant de l’utilisation d’internet. Cependant nous n’avons pas trouvé d’étude de coûts entreprise systématiquement sur cette ligne de dépenses afin d’en évaluer l’importance, en particulier pour la comparer aux autres postes de dépenses en matière de communication (Minitel, courrier classique, téléphone, par exemple).
Rares sont les établissements qui bénéficient d’un accès à internet à haut débit. Dans la majorité des cas, on trouve un accès par ligne RTC ou un accès par ligne Numéris avec ou sans routeur suivant l’équipement informatique de l’établissement. Les établissements qui ont un serveur internet sont très minoritaires. En effet, au-delà des coûts de communication, l’une des questions qui revient d’une façon permanente concerne la maintenance (en particulier celle des réseaux pour les établissements qui en bénéficient) matérielle autant que logicielle.
Les établissements qui se sont lancés dans la construction de sites " Web " ont pratiquement tous demandé à bénéficier de la présence d’aides éducateurs recrutés spécifiquement pour aider à la résolution des problèmes de maintenance, mais aussi de formation. Il faut noter à ce propos que le problème de formation présente deux aspects pour les établissements et pour les jeunes eux-mêmes. En effet, la formation (sur place, sur des sites de bassin d’éducation, dans des centres de ressources, etc.) conduit parfois, ainsi que nous avons pu l’observer, à une embauche des jeunes aides-éducateurs en dehors de l’éducation nationale. Cette situation, normale pour les aides-éducateurs n’est pas favorable pour les établissements scolaires, le recrutement ne se faisant pas nécessairement à proximité ou dans des entreprises ayant passé des contrats de maintenance.
Notons enfin que les chefs d’établissement sont confrontés aux demandes de renouvellement de matériel, celui qui est présent depuis parfois plusieurs années dans l’établissement et souvent installé dans une perspective d’utilisation essentiellement bureautique convenant assez peu pour le travail sur internet, même après une sérieuse remise " à niveau " qui n’est pas toujours possible, ni toujours très rentable au regard du rapport qualité/prix.
Nous avons pu voir, par contre, de rares établissements, en général récents et souvent avec des formations techniques, qui bénéficient de matériel performant, de réseaux bien installés et de personnel capables de les faire fonctionner. L’un des problèmes rencontrés par les chefs d’établissement est celui de la " séparation " des réseaux " de gestion " et des réseaux " pédagogiques ". On retrouve à ce niveau des luttes (non encore terminées) que l’on a déjà vues à d’autres niveaux.

L'orientation

L’utilisation des TIC est encore faible en matière d’orientation des élèves, surtout en ce qui concerne l’utilisation de ressources se trouvant sur internet. Alors que l’ONISEP développe des services en ligne très intéressant en matière d’orientation des élèves, ces efforts sont souvent méconnus des conseillers d’orientation psychologues ou des chefs d’établissement. On a pu voir des cas où la documentaliste se transforme en " conseillère " d’orientation, ce qui ne rentre pas dans le cadre des attributions prévues par la loi de 1989. L’information " hors ligne " commence, en revanche, à être un peu plus utilisée.

Les Conseillers et conseillers principaux d’éducation 

Alors que l’on a vu quelques exemples d’utilisation du Minitel (transmission des notes, information sur les absences par exemple), rares sont les utilisations d’internet dans ce domaine. Il est évident que l’information par ce type d’outil nécessite que les parents disposent des moyens de consultation. Ce qui était le cas avec le Minitel, (mais qui, pour des raisons diverses, n’a pas connu un grand engouement), ne l’est pas ou très peu avec les accès à internet. À l’heure actuelle, encore peu de familles disposent du matériel ou des possibilités de connexion nécessaires. Les établissements scolaires et les fédérations de parents d’élèves, en particulier celles qui ont des représentants dans les conseils d’administration n’ont pas encore saisi l’intérêt d’une communication rapide et facilement accessible. Quand la question est posée de savoir pourquoi il n’est pas envisagé d’utiliser ce type de communication, les réponses sont toujours de même nature : " on n’y avait pas songé ", " on ne dispose pas du matériel ", " on ne savait pas que cela était possible ", " c’est trop cher ". Il semble pourtant que les fédérations de parents d’élèves devraient pouvoir disposer de boîtes à lettres électroniques (qui souvent, sans aucun effort supplémentaire pourraient se trouver sur le serveur de l’établissement). Néanmoins, toutes les fois que ce problème a été évoqué, les interlocuteurs se sont montrés intéressés.

Les documentalistes et les CDI

La question de la documentation se pose de façon plus aiguë encore. En effet, la documentation est un des éléments fondamentaux de l’éducation. De ce point de vue, internet est un outil aux très grandes possibilités. Par ailleurs, la loi de 1989 prévoit que tout établissement d’enseignement secondaire doit être doté d’un CDI. Cependant, il n’est pas rare que les efforts en matière de sensibilisation ou d’utilisation d’internet se fassent à partir du CDI, lieu privilégié en matière de communication et d’information. Les CDI des établissements " anciens " n’ont jamais été conçus en fonction des technologies numériques d’information et de communication (les établissements eux-mêmes non plus). Leur utilisation " naturelle " en matière de communication et d’information se heurte à beaucoup de difficultés que certains documentalistes arrivent à surmonter au prix d’un grand investissement personnel.
Les personnels anciennement affectés dans les CDI sont rarement formés aux techniques dérivant de l’informatique ou s’appuyant sur elle. Les matériels informatiques sont souvent désuets, dans de nombreux cas arrivés au CDI en deuxième main, lorsque d’autres services ont vu leur matériel renouvelé. Souvent ces matériels ne peuvent même pas être efficacement actualisés. La tentation " d’installer internet " au CDI est grande, mais les locaux souvent inadaptés conduisant à de mauvaises conditions d’utilisation ou à une ergonomie fortement sujette à caution.
La création de salles multimédia avec un accès en " self service " pose elle aussi de nouveaux problèmes. Souvent conçues comme des " prolongement " du CDI, ces salles sont placées sous la responsabilité de l’enseignant-documentaliste. Il devient rapidement impossible d’assurer une surveillance efficace de la salle multimédia et du CDI dans les très nombreux cas où le documentaliste est seul dans l’établissement. On note bien vite la contradiction entraînée par la différence essentielle de nature éducative qui existe entre le CDI et la salle de classe. Lieu d’expression de l’autonomie (mais aussi de la responsabilité) des élèves, le CDI est très encore souvent perçu comme étant un lieu " entièrement part " plutôt qu’un lieu d’éducation scolaire " à part entière ".
Les documentalistes ou les enseignants-documentalistes n’ont que trop rarement un minimum de culture en matière de TICE. Beaucoup d’entre eux se sont formés " sur le tas " ou très récemment. Néanmoins, beaucoup d’efforts sont faits et nombreux sont les enseignants-documentalistes qui sont conscients de l’importance que prennent leks TICE et internet dans l’exercice de leur profession. Tous soulignent néanmoins la difficulté croissante d’un métier qui voit s’accroître constamment le nombre de tâches à remplir : responsabilité du fonds documentaire, responsabilité du CDI, responsabilité des élèves de classes diverses qui viennent très souvent sans leurs enseignants de disciplines, responsabilité des salles multimédia, responsabilité du matériel, des logiciels, parfois responsabilité du réseau (ce point n’a été observé que très rarement), responsabilité pédagogique de l’utilisation d’internet, souvent responsabilité dans la formation des collègues, responsabilités dans l’établissement des dossiers documentaires, souvent enfin, responsabilité dans la communication de l’établissement.
Il n’empêche que bon nombre d’enseignants-documentalistes sont soucieux d’utiliser au mieux les TICE. C’est ainsi que parmi les très nombreuses listes de diffusion orientées vers l’éducation que l’on peut trouver sur internet, celle des documentalistes (CDIDOC) est probablement l’une des plus actives et des plus professionnelles. Elle compte à ce jour prés de 1400 abonnés et prés d’un millier de messages sont échangés sur la liste chaque mois. Quelques établissements scolaires " ont mis leur CDI en ligne ". Parmi ceux-ci, on peut citer l’exemple du très bon travail réalisé par le CDI du lycée Gauguin de Papeete (actuellement hébergé par l’université de Paris VI). Ce travail montre comment un CDI peut jouer le rôle d’un centre de ressources documentaire sur internet à l’usage des enseignants et des élèves.
De plus, des ressources sont mises en ligne sur des sites personnels de documentalistes ou sur des sites académiques (comme PointDoc dans l’académie de Créteil). Telle académie met en place une liste de diffusion ouverte uniquement aux documentalistes de l'académie. Il n’est pas évident que cette entreprise aille dans le sens d’un large ouverture, comme l’autorise internet.

Les parents d’élèves 
Nous avons vu un peu plus haut qu’ils sont demandeurs d’information et qu’internet peut être un moyen de coopération efficace entre l’établissement et les parents, en particulier par le biais de l’information en direction des fédérations de parents et des familles. Beaucoup des parents rencontrés posent la question de l’égalité devant ces nouveaux moyens de communication et d’éducation. Il est vrai que la différence commence à être visible entre les élèves dont les familles disposent d’un accès à internet et ceux qui n’en disposent pas. Comme d’autre part les aides " en ligne " aux élèves commencent à se multiplier (offres publiques ou offres privées) les différences s’accentuent.

Recommandations :
Les chefs d’établissement doivent favoriser la sensibilisation et la formation de l’ensemble des personnels à l’utilisation d’internet ainsi qu’aux problèmes que peut poser cette utilisation.
Des accords et des modalités de coopération doivent être trouvés entre les établissements et les associations de parents d’élèves, en particulier celles qui ont des représentants dans les conseils d’administration, pour qu’internet devienne un moyen de communication entre l’établissement et les parents (associations et familles).
Les moyens mis en place par les instances nationales, notamment en matière d’orientation (ONISEP) doivent pouvoir être utilisé.
Le CDI ne doit plus être un lieu " à part " dans l’établissement, mais il doit être le centre de l’information et de la documentation jouant pleinement son rôle en matière d’éducation. Les enseignants-documentalistes doivent tous être formés pour avoir un minimum de connaissances leur permettant de ne pas être submergés par des problèmes techniques qui souvent ne sont pas de leur ressort. Le futur CAPES externe de documentation, qui devrait rentrer en vigueur à la session de 2001, devra répondre à cette orientation.

 

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