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Circulaire n°83-550 du 15 novembre 1983
Enseignement des règles générales
de la sécurité dans les écoles et les collèges
(Éducation nationale)
Texte adressé aux recteurs et aux inspecteurs dacadémie.
Le décret n°83-896 du 4 octobre 1983 a institué un enseignement des règles générales de sécurité dans les établissements scolaires. Cet enseignement complète celui des règles de sécurité relatives à la circulation routière prévu par la loi n°57-831 du 26 juillet 1957, le décret n°93-204 du 12 février 1993.
I. ÉCOLES MATERNELLES ET ÉLÉMENTAIRES
Au niveau des écoles maternelles et des écoles élémentaires, lenseignement des règles de sécurité, ouvert sur la vie, doit passer progressivement du temps des " interdits répétés " à celui des comportements raisonnés où la sécurité devient une création permanente, intelligente et réfléchie. Ces règles ont trait essentiellement aux dangers daccidents qui se présentent dans les diverses circonstances de la vie scolaire, familiale et durant les vacances scolaires. Plus que jamais, cette éducation est nécessaire et interpelle toute la communauté éducative, en un moment où familles, médecins, enseignants, éducateurs, administrateurs, à loccasion de situations parfois dramatiques, sont conduits à mesurer les dangers que multiplie désormais lenvironnement. Il ny aura de sécurité effective que dans la mesure où un solide enseignement des règles générales de la sécurité aura été largement dispensé, visant à développer chez les enfants " lesprit de sécurité ".
Cet enseignement ne saurait constituer en aucune manière une discipline nouvelle. Il sagit, au moment où lattention des maîtres est particulièrement sollicitée par leffort de rénovation pédagogique, dinsister sur limpérieuse nécessité de donner la dimension " éveil à la sécurité " à tous les moments de laction éducative.
Cet éveil impose que chaque enfant acquière progressivement des connaissances et la maîtrise des comportements de vigilance et de prudence. Il en tirera deux bénéfices : dune part éviter laccident, dautre part réagir de façon adaptée, même hors de toute surveillance, face aux situations dangereuses et aux tentations du risque. Il sagit donc là dun véritable apprentissage de la responsabilité vis-à-vis de soi-même et envers autrui.
Il apparaît en effet que lenseignement des règles
générales de sécurité tendra plus
ou moins, selon lâge vers :
lacquisition dun capital dhabitudes de
plus en plus éclairées propres à faire se
tenir lenfant hors du danger ;
la prise de conscience progressive des relations entre
ces connaissances et les habitudes quelles justifient ;
la maîtrise dattitudes et de comportements
responsables ;
linitiation à la pratique des premiers gestes
de secours (cf. note de service n°97-151 du 10 juillet 1997
- É ducation à la santé et à la citoyenneté
: apprendre à porter secours, p. 47).
En la matière, à lécole maternelle et à lécole élémentaire, le " climat " qui règne dans la classe est dimportance primordiale. Cest au maître quil appartient de créer cette ambiance favorable, et de pratiquer une pédagogie, où maîtrise de soi, évaluation des risques liés aux initiatives prises, vigilance et prudence pour soi et pour les autres sont des préoccupations constantes.
À lécole maternelle et au cycle préparatoire, par simple " imprégnation ", se tissera un premier réseau dhabitudes et dattitudes favorables à la prévention.
Dans le cycle élémentaire et le cycle moyen, le code des règles simples et des recommandations de prudence, enrichi au fil de tous les événements de la vie scolaire ou extra scolaire, sera intégré à tout moment à laction éducative. Mais il va de soi que cest au cours des activités déveil, et des séances déducation physique et sportive, par une appréciation plus lucide des rapports de lenfant avec son environnement et par le développement dune réflexion mieux informée que se structurera peu à peu un enseignement de la sécurité. Certains thèmes seront choisis dans lintention de conduire les enfants à sinterroger sur les phénomènes en fonction desquels il est possible de prévoir et dexpliquer les divers dangers, leurs conséquences et les moyens dy faire face. Cest plus particulièrement lors des activités de découverte de lenvironnement ou à dominante biologique, physique ou technologique que le maître pourra mettre lenfant en garde contre les actes qui risquent de déclencher laccident ou den aggraver les effets. Il sagit bien là de développer laptitude à construire lucidement sa propre sécurité.
Bien quil soit lobjet dune préoccupation constante qui débouche sur la vigilance, la prudence et la responsabilité, cet enseignement ne doit pas aboutir à paralyser les enfants. Il ne sagit pas détouffer leur initiative au moment où ils entament laventure passionnante de la découverte du monde, mais de leur permettre de contrôler les risques quils prennent pour eux-mêmes ou auxquels ils exposent les autres. Léducateur doit préparer ses élèves à une vie de citoyens lucides et circonspects mais ni timorés ni pusillanimes.
En vue de favoriser lorganisation du travail des instituteurs
selon le niveau auquel ils interviennent, il a été
jugé plus opportun, plutôt que de dresser un catalogue
de toutes les causes prévisibles daccidents, dindiquer
les différents types daccidents classés par
taux décroissant de fréquence constatée :
traumatismes divers (plaies coupures) ;
fractures ;
intoxications, empoisonnements ;
brûlures de toutes natures ;
noyades ;
accidents par introduction de corps étrangers ;
morsures piqûres ;
asphyxies ;
accidents dus à lélectricité
(1).
À partir de cette liste, toute liberté est laissée à chacun, en fonction des situations rencontrées ou suscitées, pour adopter les cheminements qui lui paraîtront les plus appropriés à lenseignement des prescriptions de sécurité les mieux adaptées aux enfants et à leur environnement.
II. COLLÈGES
Cette première éducation qui a permis aux élèves dacquérir un certain nombre de comportements propres à limiter les risques daccident sera consolidée, complétée et élargie au niveau du collège.
Elle sinscrira naturellement dans le cadre des préoccupations qui animent laction éducative. Associant tous les partenaires de la communauté éducative, elle sattachera, au même titre que toutes les autres activités, à développer lapprentissage de la responsabilité chez les élèves tant à légard deux-mêmes que dautrui.
La réalisation de cet objectif implique une action dinformation de nature scientifique sur les causes des accidents, leurs conséquences humaines et sociales et sur les moyens pratiques dy faire face.
Cette action trouvera une place de choix dans certains domaines de formation tels que léducation civique, léducation physique et sportive, les sciences expérimentales, léducation manuelle et technique et les options technologiques.
Dans lenseignement de ces dernières, la description, lexplication, lanalyse des phénomènes mécaniques et physiques auxquels elles donnent lieu, doivent saccompagner de lexposé des risques et des mesures de prévention qui leur sont liées.
À titre dexemple, pourrait être abordée lexistence des risques causés par :
En sciences expérimentales :
les phénomènes naturels ;
les incendies (cas dauto-inflammation) ;
lair confiné ;
la combustion de certains corps, allumettes, gaz domestique ;
échappement, gaz industriels, vapeurs délétères
;
usages du courant électrique ;
explosions, implosions, engins de guerre abandonnés ;
rayonnements nocifs ;
animaux venimeux ou vecteurs de maladies ;
produits toxiques et plantes vénéneuses ;
mauvais usages ou abus de médicaments.
En éducation manuelle et technique et options technologiques
:
utilisation de machines, doutils, doutillages domestiques
ou dappareils électroménagers ;
fonctionnement dinstallations électromécaniques
(ascenseurs, escaliers roulants, trains, métro).
En éducation physique et sportive :
la pratique des activités physiques et sportives elles-mêmes,
au cours de laquelle seront rappelées aux élèves
des règles connues par les enseignants déducation
physique et sportive et figurant dans les instructions officielles
concernant la sécurité dans les évolutions
et exercices, par exemple :
distance de sécurité dans les lancers ;
fixation et bon état des engins ;
sécurité dans leau ;
etc.
Les circonstances de la vie faisant appel à la motricité,
soit dans le cadre des loisirs, soit dans le cadre dactivités
utilitaires ou professionnelles, impliquent le transfert et lapplication
des principes et comportements acquis au cours des séances
déducation physique et sportive et tout particulièrement
dune bonne connaissance de soi, de ses possibilités
et de ses limites, par exemple :
ne pas se baigner seul ;
ne pas partir seul en montagne ;
utiliser un matériel adapté ;
vérifier la stabilité dune échelle
;
respect des techniques de lever et porter lourd en sécurité.
Ainsi, on sappliquera à développer auprès
de chaque élève un ensemble de comportements sur
le modèle suivant :
observer avant tout une attitude permanente de vigilance ;
agir promptement en face dune menace immédiate daccident
pour éviter celui-ci ;
intervenir avec efficacité pour limiter le développement
dun sinistre ;
savoir se dégager dune situation daccident,
sans pour autant en aggraver les risques ;
apporter efficacement un secours aux victimes ;
garder, si lon est victime dun accident, une attitude
raisonnée de façon à ne pas aggraver les
conséquences de lincident dans lattente de
secours.
Afin dassurer plus efficacement, dans le domaine de la sécurité, le rôle de coordination et dimpulsion qui lui est dévolu, le chef détablissement sattachera le concours de toute son équipe et de lensemble des professeurs, donnant ainsi cohérence et efficience à des actions de préférence interdisciplinaires.
Léducation à la sécurité trouvera de même naturellement sa place dans le cadre dactivités éducatives (clubs, P.A.E.).
Il sera fait appel également à la contribution précieuse que seraient susceptibles dapporter à cette occasion, dans leurs domaines respectifs, le personnel dadministration et dintendance, léquipe médicale, paramédicale et sociale et le personnel de service.
Il serait souhaitable que des parents délèves soient, notamment en raison de leur compétence, invités à participer à ces actions.
Toutes ces recommandations ne sauraient faire oublier les exigences imposées par lorganisation générale de la sécurité dans les locaux scolaires, et notamment la mise en place des mécanismes dintervention en cas daccident.
III. RÔLES DES ENSEIGNANTS EN CAS DINCENDIE ET DE PANIQUE
Le rôle des enseignants en matière de sécurité est particulièrement important lorsque les usagers de létablissement sont confrontés à un problème soudain et grave. Il en est ainsi notamment en matière dincendie.
Malgré toutes les précautions qui peuvent être prises pour empêcher quun incendie néclate, un tel accident est toujours possible.
Il importe alors de réagir rapidement. Dans un incendie ces minutes comptent. Les exercices dalerte doivent être périodiquement organisés dans les établissements. Il convient que les enseignants veillent à ce que tous les élèves quils ont alors en charge, ainsi que ceux qui seraient par exemple en étude non surveillée, participent effectivement à lexercice.
Parfois, des alertes intempestives peuvent se produire. Même, si après coup, il apparaît quaucun incendie navait pris naissance, il ne faut pas prendre les alertes suivantes à la légère.
Dans la mesure où il sagit, et cest trop souvent le cas, de fausses alertes liées à la malveillance, les enseignants peuvent saisir cette occasion pour appeler lattention des élèves sur le caractère absurde et dangereux de tels agissements.
Les enseignants peuvent aussi profiter de la prérentrée pour faire, sous la conduite du chef détablissement, une visite des lieux, connaître les cheminements et les issues de façon quils puissent être en mesure de faire face éventuellement à une situation imprévue, qui peut être source de panique.
daprès le Centre de Documentation et dInformation de lAssurance (CDIA).
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