LES POLITIQUES ECONOMIQUES DANS L’UNION EUROPEENNE
I Les politiques de l’emploi
L’observation des pays de l’Union européenne permet-elle d’élaborer des propositions pour une politique de l’emploi européenne ?
Objectif : Voir la diversité des expériences pratiquées et demander aux élèves, par petits groupes, d’élaborer des propositions pour une politique européenne de l’emploi (pour favoriser l’appropriation et la construction des savoirs)
Comparaison des politiques de l’emploi :
ALTERNATIVES ECONOMIQUES, Hors-série n° 39, 1er trimestre 1999 (ce numéro est consacré entièrement à l’emploi).
" Politiques de l’emploi : 25 ans d’échec ? " Louis Maurin,
Emploi, que fait le gouvernement Jospin ? " Philippe Frémeaux,
" Europe : comment font-ils ? " Louis Maurin, Carole Yerochewski, Thomas Schnee : la situation au Pays-Bas, au Royaume-Uni, en Autriche et au Danemark.
France : (p 40-41 et 42-43)
Pays-Bas : (p 44)
" Europe : comment font-ils ? : la situation au Pays-Bas, au Royaume-Uni, en Autriche et au Danemark
Royaume-Uni : (p 44)
Autriche : (p 45)
Danemark : (p 45)
Question complémentaire : A l’aide de vos connaissances et des exemples ci-dessus, présentez 3 propositions cohérentes pour faire diminuer le chômage dans l’Union européenne.
Il pourrait s’agir d’élaborer ces propositions en petits groupes avec présentation des propositions à l’ensemble de la classe et éventuellement discussion des propositions suivies d’un vote des élèves.
Eléments de réponse :
France :
Il s’agit d’appliquer une politique libérale, selon laquelle le coût du travail non qualifié est trop élevé par rapport au coût du travail qualifié, pour favoriser l’embauche des travailleurs à bas niveau de qualification (qui sont plus fortement touchés par le chômage) et pour restaurer la compétitivité des entreprises (en évitant les délocalisations).
Ce bilan est mitigé : d’une part le chômage ne s’est pas sensiblement réduit (ces politiques permettrait de réduire le nombre de chômeurs de 140 000 seulement actuellement), mais d’autre part, ces politiques permettent l’accès à l’emploi, même temporaire, de personnes qui auraient été durablement exclues du marché du travail sinon (idée de rotation des chômeurs).
En résumé : diminution du coût du travail, renforcement des moyens de l’ANPE, développement des emplois publics et associatifs, emplois-jeunes, CES, passage aux 35 heures.
Pays-Bas :
Les facteurs de la réussite du modèle suédois sont le recours massif au temps partiel (38 % des travailleurs) négocié entre partenaires sociaux, associé à des revenus convenables pour les travailleurs à temps partiel.
Le temps partiel concerne majoritairement les femmes : 68 % d’entre elles travaillent à temps partiel contre 17 % seulement des hommes. Les structures d’accueil des enfants en bas âge sont peu développées et forcent souvent les femmes à travailler à temps partiel. De plus l’accès des femmes aux postes élevés est réduit.
Royaume-Uni :
De multiples facteurs expliquent la réduction du chômage : la croissance continue, la politique conservatrice libérale (dérèglementation avec le démantèlement des syndicats et la suppression des salaires minimums), entraînant une multiplication des travailleurs pauvres et d’importants retraits du marché du travail.
La politique de Workfare se traduit par des conditions de versement des allocations toujours plus restrictives et une pression croissante pour remettre en activité l’ensemble des chômeurs.
Il tente de remédier au bas niveau de qualification des jeunes Britanniques par une amélioration de la formation, en impliquant les syndicats et en rétablissant un salaire minimum.
Autriche :
Il s’agit d’un programme de requalification durable (jusqu’à 4 années) des chômeurs par le biais d’une fondation qui reste en étroit contact avec l’entreprise et ses salariés.
L’implication des différentes parties concernées (gouvernement, entreprises, salariés, chômeurs), la durée de la formation et le coût engagé peuvent expliquer la réussite de cette expérience.
Danemark :
Le Danemark a fait diminuer son taux de chômage à la fois grâce à sa politique économique de soutient à la croissance et à la rotation des emplois, qui consiste à offrir des congés aux salariés, notamment pour qu’ils puissent se former et pour laisser la place à des chômeurs.
Ce succès s’explique par 3 éléments : la longue tradition de négociation entre les partenaires sociaux, la reconnaissance d’un droit à la formation et l’existence d’une administration de l’emploi très décentralisée.
II Les indices économiques du Royaume-Uni
Le Royaume-Uni, comme exemple ou comme repoussoir pour la France ?
Le Royaume-Uni est cité en exemple pour son faible taux de chômage. Peut-il ou non constituer un modèle pour la France ?
Objectif : comprendre que des indices économiques ne suffisent pas pour caractériser la réalité économique d’un pays à partir de l’exemple du Royaume-Uni de 1993 à 1996. Il est aussi possible à cette occasion de rappeler les indices de la France ; voir les indices économiques comme des données servant de base aux décisions de politique économique, et comme les résultats de ces mêmes politiques économiques.
Thème du programme : ce texte peut servir à aborder l’action des pouvoirs publics sur les structures économiques et sociales (notamment la réglementation et la politique de l’emploi ainsi que la protection sociale).
Texte à chercher sur le CDROM LE MONDE diplomatique 1984-1998 :
Excellents indices économiques pour un pays en voie de dislocation
Dossier: Le Royaume-uni champion de la "flexibilité", février 1997, p 16-17
FARNETTI RICHARD
Questions sur les 7 premiers paragraphes
Eléments de réponse :
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1. Les excellents indices économiques : |
2. La critique de Richard Farnetti : |
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Le taux de chômage faible (moins de 2 millions de chômeurs en 1997, soit 6,9 % de la population active, contre 10 % environ en 1992) |
Cette diminution du taux de chômage résulte de la diminution de la population active (moins 600 000 personnes de 1992 à 1996), de l’augmentation du nombre d’emplois à temps partiel et du calcul restrictif du nombre de chômeurs. |
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Une croissance élevée de 4 % en 1993-1994 (mais seulement de 2,8 % en 1996) |
Cette période de croissance suit une période de profonde récession (phénomène de rattrapage) |
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Une reprise tirée par la consommation |
Mais avec une augmentation des inégalités entraînant une consommation ostentatoire des riches (T. Veblen) et une restriction des dépenses chez les pauvres (absence de salaire minimum et recours à des emprunts contractés à des taux quasi-usuriers). |
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Un taux d’inflation faible de 2,8 % en 1996 |
La City de Londres est un des principaux pivots de la finance internationale ; de nombreuses firmes étrangères s’installent au Royaume-Uni ; il n’y a pas de salaire minimum et les coûts salariaux sont bas. |
La suite du texte nous apprend cependant que les gouvernements conservateurs ont pratiqué une politique très généreuse d’incitation aux investissements étrangers.
Eléments ne figurant pas dans le document : la dérèglementation des services publics (protection sociale, transports et télécommunication)
Eléments complémentaires pour comprendre la politique économique du Royaume-Uni depuis les années 1970, à partir de l’article de Christophe Bouillaud " La politique économique du Royaume-Uni ( paru dans les Cahiers français, n° 284, janvier-février 1998, la documentation française) :
Pour approfondir : Le marché du travail britannique (avec la France comme point de comparaison), document du Centre d’études prospectives et d’informations internationales (Cepii)
http://www.cepii.fr/DOCW9811.HTM
Résumé et fichier au format PDF à télécharger.