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Juin 2001 |
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L’objectif de cette note est de faciliter la tâche des personnes impliquées dans des projets de « e-learning » (appellation retenue par l’Union Européenne et qui correspond à notre approche de « formation ouverte et à distance utilisant les technologies de l’information et de la communication »), que ce soit dans une logique de production de contenus ou dans la mise en place de dispositifs de formation, en leur donnant un aperçu du cadre dans lequel se développent actuellement les actions de normalisation ou de standardisation, les organisations concernées et les principaux domaines couverts. Elle n’est certainement ni exhaustive, ni définitive. Elle ne demande donc qu’à être enrichie par les remarques et critiques des lecteurs (Jacques.Guidon@recherche.gouv.fr )
Quelques tentatives de définitions :
Norme : un ensemble de règles de conformité qui sont édictées par un organisme de normalisation, comme l’ISO au niveau international (l’AFNOR est le correspondant de l’ISO au niveau national).
Standard : un ensemble de recommandations développées et préconisées par un groupe représentatif d’utilisateurs. C’est par exemple le cas des RFC (Request For Comments) de l’IETF ou des recommandations du W3C, de l’IEEE, de l’ISMA,...
Position dominante : il ne s’agit ni d’un standard, ni d’une norme mais de la domination d’un produit logiciel particulier sur le marché : on pourrait dans cette logique citer MS Office ou Explorer.
Contrairement aux deux notions précédentes, il n’existe pas forcément de description de l’implémentation de ce produit, ce qui rend le contrôle de sa conformité à certaines règles difficile voire impossible, ou le développement d’un produit reposant sur les mêmes bases, aléatoire.
Limites du domaine étudié :
Nous nous limiterons à un nombre restreint de tentatives de normes et à certains standards, couvrant les différents aspects du champ de la formation et des contenus médiatisés.
Avertissement :
Il n’existe aujourd’hui aucune norme (ni d’ailleurs aucun standard) qui permette d’assurer avec certitude un investissement à long terme dans ce domaine. Nous sommes aujourd’hui dans un contexte qui évolue rapidement, ou différents groupes d’intérêt essayent de pousser leurs solutions. Impossible de préjuger qui l’emportera, et si ce qui est porté aujourd’hui par un groupe ne sera pas amendé, modifié, enrichi par d’autres groupes pour atteindre un consensus au niveau de l’ISO ou d’autres instances. Ce processus est prévu pour se dérouler sur quelques années, durant lesquelles il faut néanmoins investir dans « l’opérationnel ».
Néanmoins pour être plus positif, la conformité avec les standards de l’IETF (ceux qui définissent l’Internet), ou ceux du W3C (qui définissent le Web) offre par exemple une bonne garantie d’évolution et de portabilité des développements réalisés. Plus généralement, le choix des solutions très largement répandues dans une communauté donnée est un gage d’échange d’expertise et de relative sécurité dans l’investissement.
Cadres de référence :
Nous nous inscrivons principalement dans le cadre des recommandations édictées au niveau national et au niveau international, en particulier celui de l’Union Européenne. A ce titre, il est indispensable de se référer aux documents suivants :
Les principales recommandations de l'Agence pour les Technologies de l'Information et de la Communication dans l'Administration concernant les standards :
http://www.atica.pm.gouv.fr/index.phpLe discours du Ministre de l’Éducation, Jack Lang, le 23/04/01 sur les orientations pédagogiques pour l’enseignement supérieur :
http://www.education.gouv.fr/discours/2001/orientsup.htm#2Le document de présentation de l’Union Européenne sur le e-learning (e-Learning - Penser l'éducation de demain. Communication de la Commission - COM(2000) 318)
ftp://ftp.cordis.lu/pub/documents_r5/natdir0000001/s_1530008_20010125_144419_GPRC001349fr.pdf)En dehors de ce cadre, d’autres documents de référence existent dont celui produit par le gouvernement québécois :
http://www.autoroute.gouv.qc.ca/publica/normes/introduction.htm
XML, métadonnées, objets pédagogiques
Une façon d’éviter que chacun n’ait sa propre représentation des métadonnées est de leur associer la façon de les représenter en XML. Cette solution n’est quand même pas suffisante car chacun peut alors choisir sa représentation. On se retrouve alors dans la nécessité d’écrire des outils particuliers pour chaque ensemble de métadonnées, alors qu’il faut disposer de logiciels génériques.
RDF (Resource Description Framework) propose un modèle pour la représentation des métadonnées sur le Web. Une description RDF, c’est-à-dire un ensemble d’assertions, peut être exprimée quasiment automatiquement en XML.
Un très bon tour d’horizon sur XML est dans le dossier suivant produit par la DT du Ministère:
http://www.educnet.education.fr/dossier/xml/default.htm
http://www.mutu-xml.org/Le site de référence est bien entendu celui du W3 Consortium (www.w3.org)
Les travaux autour des objets pédagogiques sont très nombreux. Les principaux sont :
- ARIADNE
Le projet ARIADNE a été soutenu par l’UE. Il a développé à la fois une structure de métadonnées pédagogiques et une infrastructure pour les supporter. L’objectif est le partage et la réutilisation des ressources pédagogiques. Une base de données distribuées de documents pédagogiques réutilisables a été développée: le « Knowledge Pool System ».L’ensemble des métadonnées est décrit dans le paragraphe IEEE.
http://ariadne.unil.ch/- CanCore (Canadian Core Learning Resource Metadata Specification) est également une base de travail assez complète sur les métadonnées en Education et déjà mise en oeuvre dans ce pays. On en trouve une excellente présentation à :
http://www.lib.unb.ca/Texts/workshop/CanCore_files/frame.htm
http://www.cancore.ca/- Dublin Core Education
Des travaux sont en cours actuellement au sein du Dublin Core (qui était orienté à l’origine sur le monde documentaire) pour étendre l’ensemble de base des métadonnées par des éléments spécifiques au domaine éducatif :
http://www.dublincore.org/ pour l’aspect général et
http://www.dublincore.org/groups/education/ pour ce qui est des aspects éducatifs- EdNA (Education Network Australia), réseau des acteurs de la communauté éducative en Australie. Le but est d’aider à promouvoir l’utilisation du Web pour l’éducation. Les outils développés sont gratuits pour les enseignants australiens et sont subventionnés par les collectivités australiennes.
EdNA a commencé assez tôt les travaux autour des métadonnées pédagogiques et son ensemble de métadonnées, extension du Dublin Core, comporte 25 éléments.- IMS
IMS (Instructional Management Systems) est une association à but non lucratif regroupant nombre de lycées, d’universités et d’organismes, publics ou privés surtout aux USA. L’objectif d’IMS est d’obtenir une large adhésion à des spécifications techniques relatives à la gestion d’outils et de contenus pédagogiques sur Internet. Ces spécifications sont diffusées publiquement et gratuitement. (http://www.imsglobal.org/)
- ISO / AFNOR
L’ISO a commencé il y a environ un an à développer une démarche de normalisation pour les environnements éducatifs. Les travaux sont menés dans le groupe SC36 (http://jtc1sc36.org/) qui correspond au groupe « Standards For Information Technology for Learning, Education, and Training » Les 6 principaux thèmes abordés sont les suivants :
- Technologies collaboratives (Japon)
- Vocabulaire (Ukraine)
- Metadonnées (UK)
- Modèle de l’apprenant (UK)
- Système de gestion de la formation (US)
- Architecture (Allemagne ?)
- Identificateurs personnels simples (US)Un groupe national correspondant existe au sein de l’AFNOR (http://www.afnor.fr) et rassemble bon nombre d’acteurs français, publics et privés.
- Learning Object Metadata (LOM) de l’IEEE
ARIADNE et IMS ont collaboré pour définir un ensemble commun de métadonnées. Ils sont impliqués dans le processus de standardisation de l’ «Educational Metadata Learning Technology Standards Committee» de l’IEEE. http://grouper.ieee.org/groups/ltsc/index.html
Il spécifie la syntaxe et la sémantique des métadonnées pédagogiques et définit les attributs nécessaires pour une description complète des « objets pédagogiques ». Ce standard de métadonnées pédagogiques, le LOM (Learning Object Metadata) se limite à l’ensemble minimal de caractéristiques indispensables pour gérer les « objets pédagogiques » Le LOM définit pour l’instant 9 catégories de descripteurs
- MERLOT project (Multimedia Educational Resources for Learning and Online Teaching) est une initiative américaine intéressante issue de California State University qui vise à développer des ressources libres et des standards pour l’éducation. Le groupe de travail actuel rassemble de nombreuses universités américaines.(http://www.merlot.org) et travaille en relation avec CanCore.
- Le SCORM (Shareable Courseware Object Reference Model), met en place les règles d’un modèle de gestion de l’apprentissage par l’utilisation du Web. Cette initiative devrait permettre aux développeurs d’intégrer le matériel qu’ils créent dans d’autres applications, sous différentes plate formes. Le contenu doit être indépendant des contraintes de mise en forme de façon à autoriser son intégration dans différentes applications. Le contenu devra aussi utiliser des interfaces et des données normalisées. Le SCORM comprend un Format de Structure de Cours (Course Structure Format) basé sur le langage de programmation XML et qui permet de transférer plus facilement des contenus en définissant les éléments, la structure et les références externes. Le SCORM a été développé par ADL Co-Laboratory, l’Université du Wisconsin et le Wisconsin Technical College System.http://www.altrc.org/specification.asp
En résumé :
Les métadonnées et XML sont importants dans les processus de production et de gestion des objets pédagogiques. De nombreux groupes travaillent sur ce domaine. Il n’existe cependant pas encore de standard pour caractériser la structure logique des documents pédagogiques, qui permettrait de décrire de façon unique un exercice, des indications pour sa solution, et de produire différents types d’affichage quelque soit le support (CD, Web ou papier…) malgré certaines possibilités offertes par l’utilisation de XSL (extended Style Sheet Layer). Mais malgré ces restrictions, il semble pertinent d’adopter, dès maintenant, cette approche pour produire des documents pédagogiques de meilleure qualité et assurant une meilleure portabilité
Plate-formes et environnements de formation
La définition que nous en avons donné dans l ‘étude menée avec l’ORAVEP est la suivante : « Une plate-forme de formation ouverte et à distance est un logiciel qui assiste la conduite des formations ouvertes et à distance
Ce type de logiciel regroupe les outils nécessaires aux trois principaux types d’utilisateurs - formateur, apprenant, administrateur - d'un dispositif qui a pour premières finalités la consultation à distance de contenus pédagogiques, l'individualisation de l'apprentissage et le télétutorat.· Dans ce système, le formateur crée des parcours de formation types, les individualise, incorpore des ressources pédagogiques multimédias et effectue un suivi des activités des apprenants.
· L'apprenant consulte en ligne ou télécharge les contenus pédagogiques qui lui sont recommandés, organise et a une vue de l'évolution de son travail, effectue des exercices, s'auto-évalue, et transmet des travaux à corriger.
· Formateurs et apprenants communiquent individuellement ou en groupe, créent des thèmes de discussion et collaborent à des travaux communs.
· L'administrateur installe et assure la maintenance du système, gère les accès et les droits des uns et des autres, crée des liens avec les systèmes d'information externes (dossiers administratifs, catalogues, ressources pédagogiques, etc.). »
Autour de ces premières finalités, peuvent s'ajouter d'autres fonctionnalités et d'autres rôles.
Une plate-forme pourra ainsi comporter des fonctionnalités relatives aux référentiels de formation et à la gestion de compétences, aux catalogues de produits de formation, au commerce électronique, à la gestion administrative, à la gestion des ressources pédagogiques, à la gestion de la qualité de la formation.
Une plate-forme pourra également prévoir de nouveaux rôles : des rôles d'administration des matériaux pédagogiques, des rôles d'administration de la scolarité ou de la formation, etc. Les rôles pourront également être modulés.
Dans le cadre de l'évolution des techniques, des infrastructures de réseau et des normes, une plate-forme pourra utiliser des médias et des modes de communication plus diversifiés et enrichir les procédures d'échange de données avec des ressources pédagogiques d'apprentissage ou d'autres systèmes d'information.
S’il existe une tentative de standard de ces environnements, celui qui est le plus souvent cité provient de l’AICC (http://www.aicc.org/) qui est issu de l’industrie aéronautique (ses représentants sont aussi très actifs dans le SC36 de l’ISO cité plus haut). Vous trouverez parfois mention que telle ou telle plate-forme est conforme aux recommandations de l’AICC (vous en trouverez une description et la liste des environnements « certifiés » sur http://www.aicc.org/pages/cert.htm)
Les plateformes et environnements de formation sont multiples et leur nombre à augmenté de manière significative. On pourrait dire assez rapidement qu’à chaque contexte de formation pourrait correspondre un ensemble de fonctionnalités adaptées et donc une plateforme potentielle. Néanmoins dans un choix raisonné, il semble indispensable de bien définir un cahier des charges du projet de formation et ses objectifs, et de regarder attentivement les choix des acteurs plus avancés, réalisés pour des conditions similaires. C’est pourquoi nous avons voulu, dans l’étude réalisée avec Algora, au delà d’un simple comparatif de fonctionnalités, proposer un ensemble d’études de cas présentant des contextes divers (formation initiale ou continue, environnements variés, grands nombres ou petits nombres d’apprenants,…) et un guide méthodologique. On trouvera l’ensemble de ces informations sur les sites suivants : http://www.formasup.education.fr ou http://www.algora.fr
D’autres études ou informations sont disponibles et en particulier celle du Préau également soutenue par la Direction de la Technologie (Choisir une solution de téléformation sur : http://www.preau.ccip.fr/)
Ou encore le recensement de plus d’une centaine de plateformes réalisé par Thot (http://thot.cursus.edu/rubrique.asp?no=12074)
S’il n’est pas de notre ressort de recommander tel ou tel produit, le choix de solutions ouvertes et modulaires, respectant au mieux les principaux standards décrits plus haut paraît souhaitable. Pensez également à tester la facilité d’intégration de contenus pédagogiques ou informationnels produits par les enseignants sous différents formats et dans différents environnements. Pensez enfin à édicter quelques règles simples de production et d’organisation pour les nouveaux projets de formation. A noter que quelques environnements « OpenSource » commencent à apparaître.
ECTS (European Community Course Credit Transfer System ou en raccourci European Credit Transfer System
http://europa.eu.int/comm/education/socrates/ects.html )C’est un travail qui est validé depuis 1995, issu d’un projet européen SOCRATES. Il vise à définir la modularité des contenus pédagogiques et les possibilités de transfert de validation inter établissements. Il semble évident que c’est une approche qu’il est important de prendre en compte dès que l’on intervient dans des projets pouvant toucher plusieurs établissements, a fortiori lorsque ce projet s’inscrit dans une logique de partenariat européen. En pratique une année d’étude correspond usuellement à 60 crédits. Le récent discours du Ministre précise un certain nombre d’éléments concernant ce domaine. http://www.education.gouv.fr/discours/2001/orientsup.htm#2
Streaming Audio et Vidéo
C’est également un domaine qui va probablement devenir important dans nos contextes de formation pour la production et la mise à disposition de contenus audio et vidéo.
Plusieurs groupes travaillent sur ce sujet pour l’instant de manière relativement divergentes MPEG (Motion Picture Expert Group) autour de MPEG-4, le 3GPP et l’ISMA. Au delà Microsoft propose aussi sa solution propriétaire. Sans oublier certains aspects aussi traités par l’IETF et le W3C.
Les approches concernent les différents éléments de la « pile » depuis les couches de transport et de contrôle des informations, ou les protocoles RTP (Real Time Transport Protocol) et RTSP (Real Time Streaming Protocol) issus de l’IETF sont majoritairement adoptés, jusqu’aux couches applicatives et aux visualiseurs ou une forte concurrence de produits issus de Microsoft, RealNetworks,… existe, en passant par une forte disparité au niveau des formats de description et des métadonnées (SDP, XMT et SMIL) et des formats de fichiers (wav, mpeg4, mp3, avi, aiff,…). Il nous semble aujourd’hui qu’il faille prendre en compte cette situation en vérifiant la conformité aux protocoles « couches basses » RTP et RTSP. SMIL (Synchronized Multimedia Integration Language), langage de marquage basé sur XML, en particulier dans sa version 2.0 et MPEG-4 seront probablement des choix raisonnables, même si MPEG-4 risque d’être soumis à licence. Le problème des clients de visualisation reste entier même si chacun des produits existants aujourd’hui essaye de faire la passerelle vers les autres.
Quelques autres références utiles :
Sur Educnet :
- Dossier FOAD
http://www.educnet.education.fr/dossier/foad/default.htm
La page "Normes et standards" recense notamment des études sur le sujet- Dossier Métadonnées
http://www.educnet.education.fr/dossier/metadata/default.htm
Voir plus particulièrement "Des métadonnées pour l'éducation et la formation"- Campus numériques - état des lieux en janvier 2002
Ce document est le rapport de la mission d'expertise pilotée par Michel Averous et Gilbert Touzot, mission mise en place conjointement par les ministres de l'Education nationale, de la Recherche et la DATAR, pour répondre à la volonté du gouvernement, exprimée lors du CIADT de juillet 2001, de fédérer l'offre française de FOAD et de la valoriser à l'international. (Document PDF - 449 ko)
http://www.educnet.education.fr/chrgt/EtatCampus02.pdfUn article synthétique "Des normes pour les technologies de la formation"
Outil d'aide à la création de cours sur web World Wide Web Course Tools (http://homebrew1.cs.ubc.ca/webct/)
Elaine.McMurray@epfl.ch
http://sawww.epfl.ch/SIC/SA/publications/FI00/fi-4-00/4-00-page3.htmlQuelques sites riches d’informations sur le domaine
Edutech http://www.edutech.ch/edutech/index_f.asp
Thot - Nouvelles de la formation à distance en francophonie http://thot.cursus.edu/
Distance learning course finder http://www.dlcoursefinder.com/
Learning Technology Support Service http://www.ilrt.bris.ac.uk/ltss/
Réseau de recherche en télé-apprentissage http://www.tact.fse.ulaval.ca
TeleLearning Research Network http://www.telelearn.ca/
Internet Engineering Task Force http://www.ietf.org
WWW Consortium http://www.w3.org
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